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DU LIMAÇON

nique; ils sont recouverts par le périoste de la face intérieure de la zone osseuse. La véritable terminaison des tubes nerveux qui, à la fin, n'ont plus que 0,m,,,002 de largeur, a été décrite de la manière suivante par Corti et par plusieurs autres auteurs : tout à coup ces tubes palissent, ils deviennent encore plus fins, et se terminent enfin par une extrémité libre. J'ai observé récemment que tous ces tubes nerveux, pales et amincis, traversent les trous de la bandelette perforée, passent dans la rampe vestibuläre, et s'y unissent, comme il a été dit plus haut, avec les dents de la seconde rangée; d'où il résulte que la terminaison des nerfs dans le limaçon est presque aussi singulière et aussi complexe que clans la rétine, et que le limaçon paraît être

Fig. 332.

la portion la plus délicate et la plus compliquée du labyrinthe (voy. mon Mémoire de félicitation à Tiedemann et mon Anat. microsc., II, 2, p. 762).

Les vaisseaux du limaçon, bien que très fins, sont fort nombreux ; ils se distribuent dans le périoste des parois du canal hélicoïde et dans la lame spirale. Ceux du périoste forment partout des réseaux capillaires; en outre, dans la rampe vestibuläre, immédiatement au-dessus du ligament spiral, ils fournissent une bande vasculaire spéciale, la strie vasculaire de Corti, qui, bien que se continuant avec les vaisseaux du périoste, recouvre cependant ce dernier, et semble comme au milieu de cellules epitheliales, remplies en partie de pigment. Dans la portion osseuse de la zone spirale, et au nh-

Fig. 332.— Sectiou verticale d'une portion de la lame spirale du deuxième tour du limaçon, chez le bœuf ; traitée par l'acide chlorhydrique étendu. L'organe de Corti est dessiné d'après d'autres préparations. Grossissement de 180 diamètres. Se. t, rampe tympanique ; Se-, m, rampe moyenne; Se. t>, rampe vestibulaire ; a, périoste et couche osseuse ramollie de la surface vestibulaire de la zone osseuse; b, bandelette sillonnée de Corti, avec une anse capillaire; c, dents de la première rangée; d, sillon spiral; e, bandelette perforée mihi ; f, trous par lesquels les nerfs passent de la rampe tympanique dans la rampe vestibulaire ; g, cellule bipolaire à l'origine d'une fibre de Corti ; h, segment postérieur de la fibre de Corti; k, segment antérieur; on voit en d, e, f, g, h, l'épithélium qui revêt ces parties; î, cellules nerveuses pédiculées ; l, nerf en dedans de la zone osseuse; m, point où se terminent les contours foncés de ses fibres; n, feuillet inférieur ou tympanique du périoste; o, lame spirale membraneuse; p, insertion sur celte dernière du ligament spiral (muscle cochléaire de Corti) ; q, membrane de Corti, qui du sommet des dents de la première rangée s'étend au ligament spiral, et sépare la rampe moyenne de la rampe vestibulaire.

lieu des expansions nerveuses de cette zone, on observe un riche réseau capillaire qui communique avec le vaisseau spiral, canal sanguin situé à la face inférieure ou tympanique de la zone membraneuse, dans toute l'étendue du limaçon. Ce vaisseau, probablement de nature veineuse, se trouve toujours au-dessous de la bandelette dentelée, tantôt plus en dedans, tantôt plus en dehors ; dans le dernier demi-tour, c'est un simple capillaire de 0""n,009 de largeur; vers la base du limaçon, il grossit peu à peu, et présente en dernier lieu 0mm,028 de largeur et des parois composées de deux tuniques distinctes. Dans quelques cas rares, on trouve à l'endroit mentionné deux vaisseaux spiraux ; Gorti a rencontré deux fois, sur l'homme et sur le mouton, un autre vaisseau spiral, situé près du ligament spiral, sur la zone pectinée; mais ce vaisseau ne communiquait point avec les vaisseaux internes, car la zone pectinée, en général, est dépourvue de vaisseaux sanguins.

Un mot, pour terminer, sur le nerf acoustique. Les tubes nerveux qui composent le tronc de ce nerf, ont 0""n,005 à 0mm,01 delargeur chez l'homme; ils possèdent un névrilème très délicat, et se déchirent avec la plus grande facilité. Entre ces tubes, on trouve, dans le tronc même et dans les nerfs vestibuläres et cochléens, de nombreuses cellules apolaires ou unipolaires, les unes pâles, les autres colorées; ces cellules ont de 0m"',05 à 0""",15 de diamètre chez l'homme et les mammifères. 11 est probable que les cellules apolaires et unipolaires ne sont que des cellules bipolaires mutilées, car ces dernières existent seules, pour ainsi dire, chez les poissons. Des cellules analogues, mais plus petites, se rencontrent dans le limaçon, comme il a été dit plus haut, ainsi que dans les rameaux nerveux du vestibule (Pappenheim, Gorti). Gzermak a vu les fibres du nerf auditif se diviser dans les ampoules et dans les saccules de l'esturgeon ; Harless et moi nous avons observé le même fait sur la grenouille, et Leydig sur la chimère.

Pour ce qui est du développement de l'organe de l'audition, il nous suffira de dire ici que, d'après les observations de Huschke, confirmées par celles de Reissner et de Remak, les portions membraneuses du labyrinthe se développent aux dépens delà peau, qui se déprimerait en doigt de gant pour les formel', de sorte que ces parties seraient les analogues du cristallin et du corps vitré. Le cul-de-sac ainsi formé donnerait naissance aux saccules du vestibule, aux canaux demi- circulaires membraneux et à la rampe moyenne ou canal cochléaire du limaçon ; les couches de cellules qui correspondent à l'épiderme, contribuent pour une grande part, mais non exclusivement, comme le veut Remak, à la production de ces parties, auxquelles viennent se joindre, pour compléter l'organe de l'audition, les nerfs auditifs, venus du cerveau, et les portions osseuses ainsi que les autres parties molles, nées aux dépens du feuillet moyen du blastoderme. Nous ignorons complètement comment se développent les éléments dont se composent les parties molles du labyrinthe.

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