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COMPOSITION ET STRUCTURE

de cellules polygonales, de 0mm,014 à 0mm,018 de diamètre, dans lesquelles on trouve une quantité plus ou moins grande de granulations pigmentaires , jaunâtres ou brunâtres; d'où la diversité de coloration qu'offre la muqueuse olfactive. Les canaux excréteurs sont un peu plus étroits (0mm,018 à 0mm,C27) que les conduits glandulaires; tapissés de grosses cellules arrondies, ils traversent l'épithélium en ligne droite, et s'ouvrent à la surface de ce dernier par un orifice circulaire, de 0mm,02 de largeur, et entouré de quelques grosses cellules. Chez l'homme, ces glandes sont remplacées par des glandes muqueuses ordinaires. — Comme dans les autres régions, le reste de la muqueuse est formé de tissu conjonctif peu serré, sans éléments élastiques.

La muqueuse nasale est très vasculaire dans les fosses nasales proprement dites, moins dans les cavités accessoires. Les vaisseaux forment des réseaux lâches autour des glandes et dans les branches et rameaux du nerf olfactif; à la surface de la muqueuse, au contraire, ils fournissent un réseau très serré, d'où parlent une foule d'anses perpendiculaires pouvant faire croire, au premier abord, à l'existence de papilles qu'on ne trouve point. Les branches artérielles et veineuses s'anastomosent fréquemment entre elles : ces dernières forment, sur le cornet inférieur en particulier, les riches plexus

spongieux dont nous avons fait mention. Nous ne savons rien des lymphatiques de la muqueuse nasale. Les nerfs qu'elle reçoit sont des branches de la cinquième paire (l'ethmoïdale, les nasales postérieures, une branche du nerf dentaire antérieur); ils fournissent des filets principalement à la région vibratile de l'organe de l'odorat, et s'y distribuent comme dans les autres muqueuses sensibles, celle du pharynx, par exemple ; mais ils s'élèvent aussi dans la région olfactive, et envoient même des tubes à contours foncés sur le trajet des filaments olfactifs, ainsi que je l'ai observé, dans un cas, sur le veau. Le nerf olfactif, examiné dans son tronc et dans son bulbe, se compose

Fig. 334. — Tubes du nerf olfactif du bœuf. Grossissemeut de 350 diamètres.

1. Grosse fibre grise, a, membrane d'enveloppe ; b, contenu de cette fibre, renfermant des noyaux et faisant saillie au dehors.

2. Tube fin à contour foncé, a, provenant d'un canal de la lame criblée et se continuant avec une fibre pâle avec des noyaux b.

3. Membrane vide d'un tube gris ; elle s'est affaissée sur elle-même d'un côté , et y présente un aspect fibreux.

de tubes à contours foncés et de cellules nerveuses; nous en avons déjà parlé (voy. p. 3^2). Les branches terminales du nerf olfactif, au contraire, ne contiennent point de fibres blanches à moelle, même dans leurs divisions principales, au moment où elles se détachent du bulbe; elles se composent exclusivement, chez l'homme et chez les mammifères, de tubes pâles aplatis, légèrement granulés, pourvus de noyaux allongés, et mesurant 0mm,005 à 0mm,007 de largeur; ces tubes adhèrent fortement les uns aux autres, et sont réunis par des gaines du tissa conjonctif , lesquelles sont plus fortes sur les rameaux de la cloison, d'où la couleur blanche de ces derniers. Chez les animaux, on distingue facilement dans ces tubes, très analogues aux fibres nerveuses embryonnaires, une membrane d'enveloppe amorphe et un contenu finement granulé, renfermant des noyaux ; dans les canalicules de la lame criblée, ces tubes se continuent directement avec des tubes à contours foncés. Quant à la question de savoir s'ils proviennent du bulbe du nerf olfactif ou du cerveau, elle n'a pu être élucidée jusqu'ici sur l'homme ni sur les mammifères; mais les observations de Leydig sur les plagiostomes [Beiträge , p. 3fr, Tab. I, fig. 6) donnent beaucoup de vraisemblance à la première opinion. Le mode de terminaison des branches des nerfs olfactifs est encore plus incertain. Il est très facile de se convaincre que ces branches, dans leur trajet au sein de la muqueuse de la région olfactive, se divisent un grand nombre de fois et deviennent de plus en plus petites vers la partie inférieure de la région, pour donner naissance à un plexus. Chez les mammifères, elles peuvent être poursuivies dans toute la région olfactive; mais toujours les réseaux qu'elles forment se dérobent à la vue près du bord de cette région, au delà duquel on ne voit aucune trace de rameaux terminaux, de sorte que le mode de terminaison des nerfs olfactifs reste complètement dans les ténèbres. Dans ces derniers temps , Eckhard et Ecker ont paru disposés à admettre que les fibres du nerf olfactif se terminent en s' unissant à certaines cellules cylindriques très allongées qui seraient situées au milieu des cellules épithéliales de la région olfactive, supposition qui jusqu'à présent me paraît être peu fondée.

Dans Yétude de l'organe de l'odorat, c'est surtout l'épithélium qui est une cause de difficultés : pour l'humecter, on ne doit employer qu'une solution d'albumine ou l'humeur vitrée. Les coupes verticales se font bien avec des ciseaux sur des fragments de muqueuse détachés des parties voisines; souvent les bords des plis donnent de bonnes images de section. Les glandes muqueuses se voient sur des coupes ; les glandes de Bowman, par la dilacération. L'acide chromique ne convient point pour l'étude des nerfs olfactifs ; la dilacération donnera de meilleurs résultats; vient ensuite la compression de pièces fraîches ou humectées avec la soude ou l'acide acétique. On peut aussi examiner des lambeaux de muqueuse qu'on aura fait macérer dans l'eau ; les nerfs se conservent longtemps dans ce liquide

Bibliographie. — Todd-Bowman, dan? leur Traité, II. — Kölliker, Ueber den Bau der grauen Nervenfasern cl. Olfact., dans Würzb. Verh., t. IV, p. 60. — Eckhard, dans Unters, z. Anal. u. Phys. Giessen, 1855. — Ecker, dans Verh. d. Freiburg. Gesellsch., 1855.

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