TISSU DE CELLULES
§ 21. Caractères généraux. — Le (issu épidennique et le tissu des glandes, que je rassemble sous le nom de tissu de cellules, ont cela de commun, que tous les deux procèdent, à peu d'exceptions près, des cellules qui revêtent les surfaces extérieures et intérieures du corps embryonnaire, et qu'ils consistent encore en un assemblage de cellules alors que le développement du corps est achevé. Dans l'un de ces tissus, ces cellules se présentent en masses compactes, tandis que dans l'autre elles circonscrivent le plus souvent des espaces creux. Dans ces deux tissus on constate comme phénomène moins général la présence de membranes homogènes et sans structure , lesquelles doivent être considérées comme des produits de sécrétion des cellules. Dans les glandes, ces produits entourent comme membranes propres les éléments glanduleux ; dans les tissus épidermiques, ils se trouvent sous forme de membranes étendues entre les cellules et la surface des parties vasculaires qui les supportent , et ils se confondent souvent intimement avec ces dernières. Sous le rapport de la forme et de la composition chimique des cellules qui les composent , les deux tissus concordent parfaitement. Quant à ce qui est relatif aux caractères physiologiques, ils sont de nature à resserrer encore la liaison qui existe entre le tissu épidennique et le tissu glandulaire , en cela tout au moins que la fonction capitale des glandes, la sécrétion , appartient aussi à beaucoup de formations épidermiques. Remarquons toutefois que les formations épidermiques concourent aussi à la résorption , fonction qu'on ne peut attribuer qu'à un petit nombre de glandes seulement, et qu'elles présentent encore d'autres caractères tout à fait spécifiques ; mais cela n'altère en rien les affinités qui réunissent les deux tissus.
§ 22. Tissu épidermique. — Le caractère morphologique du tissu épidermique, caractère qui lui appartient en propre, c'est d'être constitué par des cellules la plupart pourvues de noyaux , intimement unies entre elles, sans substance intermédiaire visible. Parmi ces cellules les unes possèdent encore complètement la nature vésiculaire, les autres sont métamorphosées en lamelles solides. Sous le rapport chimique, ce tissu est encore peu connu. On sait seulement que les cellules de ce tissu renferment principalement une substance albuminoïde, souvent aussi du mucus, et que si dans le principe elles possèdent toutes des membranes protéiques facilement solubles, elles se transforment plus tard, en partie au moins, en une
substance dite cornée qui résiste plus ou moins à l'action des alcalis et des acides. Le rôle physiologique de l'épiderme (abstraction faite du cristallin et de l'émail des dents auxquels appartiennent des actions tout à fait spéciales ) consiste principalement à servir d'enveloppe protectrice aux parties de l'organisme riches en vaisseaux et en rameaux nerveux , et à concourir par l'activité de ses éléments aux fonctions de sécrétion et d'absorption. Tous les tissus épidermiques sont privés de vaisseaux ; ils s'entretiennent aux dépens des infiltrations du plasma fourni par les vaisseaux plus profondément situés. La plupart de ces tissus se régénèrent avec une extrême facilité, lorsqu'ils ont subi des pertes de substance dans les parties les plus anciennement formées : dans ce cas , l'accroissement a lieu surtout par la formation de nouveaux éléments dans les couches profondes. Lorsque ces tissus sont détruits dans toute leur épaisseur, ils se régénèrent facilement aussi.
Le tissu épidcrmique se présente sous les formes suivantes : A. Tissu épidermique proprement dit , comprenant : 1° Le tissu corné. Ce tissu consiste toujours en une masse compacte de cellules ; dans les couches voisines de la matrice vasculaire, cette masse est molle, elle est plus ou moins compacte et dure dans les couches plus éloignées. Souvent en ces points les cellules ont perdu leur nature vésiculaire originelle, ainsi que leur noyau , et elles sont devenues de petites lamelles cornées. Au tissu corné appartiennent : a. L'épiderme cutané, lequel revêt la surface extérieure du corps, et se continue avec le revêtement épithélial aux grandes ouvertures des cavités intérieures. L'épiderme consiste en deux couches assez facilement séparables. La couche profonde, ou couche muqueuse, formée de cellules la plupart polygonales arrondies, colorées dans certaines circonstances, s'insinue dans toutes les inégalités du derme qui lui fournit les matériaux de sa nutrition. En approchant de la surface, ces cellules s'aplatissent en petites lamelles polygonales dont l'ensemble forme la couche cornée.
b. Les ongles, qu'on peut considérer comme une modification de l'épiderme, dont la couche cornée présente une solidité plus grande encore. L'ongle repose, avec la couche muqueuse sous-jacente, dans une dépression particulière de la surface du derme, et s'implante en partie dans un sillon particulier, ou rainure unguéale.
c. Les poils, productions épidermiques filiformes , sont contenus dans une cavité particulière du derme (follicule pileux) tapissée par un prolongement de l'épiderme, et reposent sur une papille très vasculaire. Les éléments qu'on rencontre dans le voisinage de cette papille sont mous et sous forme de cellules
Fig. 9. — Lamelles cornées de l'épidémie de l'homme à l'état naturel, augmentées de 350 diamètres. 1. Lamelles vues parleur surface; l'une d'elles présente un noyau. 2. Lamelles vues de profil.