Tissu cartilagineux avec substance fondamentale
a. Substance fondamentale homogène donnant de la chondrine, vrai cartilage, cartilage hyalin.
Cette variété se trouve dans les grands cartilages des organes de la respiration , dans ceux des articulations , des cotes et du nez; dans toutes les sym- insu physes et synchondroses , au voisinage immédiat des os ; dans la gouttière de l'os cuboïde , et dans les cartilages d'ossification du fœtus.
b. Substance fondamentale fibreuse, donnant peu ou point de chondrine , cartilage réticulé , cartilage jaune :
quelques fibro- cartilages , épiglotte, cartilages de Santorini, de Wrisberg , cartilages de l'oreille et de la trompe d'Eustachi, certaines parties des ligaments intervertébraux . Fig. 23.
FiG. 22.
La connaissance de la véritable structure des cellules de cartilage appartient a ces derniers temps ; elle ne devint possible que lorsqu'on commença à mieux saisir les rapports des éléments celluleux dans le tissu conjonctif , dans les cartilages et dans les os. Virchow le premier démontra que les corpuscules cartilagineux des auteurs,
Fig. 21. — Portion de la corde dorsale d'un embryon de mouton long de 6 lignes : a, sa gaîne; b, cellules, avec des espaces clairs et vésiculeux.
Fig. 22. — Cellules de cartilage de la couche blanchâtre du cartilage cricoïde. Grossissement de 350 diamètres , chez l'homme.
Fig. 23. — Petite portion de l'épiglotte humaine. Grossie 350 fois.
ou le contenu des cavités du cartilage, sont de véritables cellules à parois très délicates, et non pas simplement des contenus de cellules, comme on l'avait admis généralement.
Comme antérieurement déjà nous avions prouvé, plusieurs auteurs et moi, contrairement à Reichert et à Bergmann, que les cavités de cartilage ont des parois spéciales, et sont des organes celluleux isolables, il ne fut pas difficile de rapporter aux cellules de cartilage la doctrine de l'utricuiè primordiale et de la membrane de cellule externe ou secondaire ; c'est ce qui fut fait par Remak et par moi (voyez plus haut). - — L'utricule primordiale des cellules de cartilage est très facile à voir dans les cartilages réticulés ; ce sont eux aussi qui conviennent le mieux, en raison de leur substance fondamentale spéciale , pour convaincre les plus incrédules de l'existence des capsules de cartilage comme organes particuliers, distincts de la substance fondamentale, et faisant partie des cellules de cartilage. Dans les vrais cartilages, du veste, les capsules de cartilage s'isolent souvent avec une grande facilité, par la coetion surtout, comme Donders l'a indiqué depuis fort longtemps; on y peut aussi reconnaître les véritables cellules de cartilage, et cela avec une grande netteté dans les cartilages d'ossification (Virchow).
Chez beaucoup d'animaux , le tissu cartilagineux est bien plus répandu que chez 1 homme , notamment dans le squelette (amphibies nus, poissons); de plus, on le rencontre aussi dans la sclérotique des poissons, des oiseaux et des amphibies, dans le cœur (ruminants, pachydermes, salamandre terrestre et tortue, d'après Leydig). Les cartilages réticulés sont d'une remarquable beauté dans le larynx des grands mammifères, attendu que les réseaux fibreux y sont beaucoup plus distincts et plus forts que chez l'homme.
Dans les animaux invertébrés, on trouve beaucoup de tissus analogues au cartilage , quant a la consistance ; mais du véritable cartilage , offrant quelquefois des éléments remarquablement beaux, n'a été rencontré jusqu'à présent que chez les sèches.
Bibliographie. — Meckauer, De penitiori cartilaginum structura dissert. Vratisl., 1836. — J. Müller, dans Poggendorf's Annalen, 1836, p. 293. — Rathke, dans Fror. /Voi., '1847, p. 306. — A. Bergmann, De carlilaginibus disq. micr. Mitaviae, 1850. — Comp, ensuite les mémoires de Virchow et de Remak, cités plus haut à l'occasion du tissu conjonctif ; enfin F. Hoppe, Uber die Gewebelemente der Knorpel, Knochen und Zahne, dans Virchöiv's Archiv, V, p. 170.
§ 27. Tissu élastique. — Les éléments du tissu élastique sont des fibres à contours opaques, cylindriques ou aplaties, qui varient en diamètre depuis une finesse incommensurable jusqu'à 0,nm,006 , et même 0n,m,011 (chez les animaux , 0mn\018 ) , et qui , lorsqu'elles sont réunies en masses, présentent une couleur jaunâtre. Les fibres élastiques, quand elles sont complètement développées , sont tout à fait solides; elles peuvent cependant renfermer par places L de petites cavités, qui, chez un animal, la girafe I (Queckett, Histological catalogue, I), sont disposées si j régulièrement que les fibres en reçoivent une apparence de stries transversales très élégante. Les bords Fm 24. des fibres élastiques sont, en règle générale, tout à fait
rectilignes; cependant, dans quelques cas rares, ils paraissent dentelés, et
Fig. 24. — Réseau élastique de la tunique moyenne de l'artère pulmonaire du cheval, avec trous dans le? fibres. Grossissement de 350 diamètres.