TISSU MUSCULAIRE
g 30. Caractères généraux de ce tissu — PI US 11011S avançons (faïlS
l'étude des tissus contractiles, plus il devient évident qu'il est impossible de conserver plus longtemps la distinction tranchée que Ton avait admise jusqu'ici entre les libres musculaires lisses et les fibres musculaires striées en travers, ou celles de la vie animale et celles de la vie végétative. Nonseulement il est certain, comme on le sait depuis longtemps, que les libres musculaires de la vie animale de certains animaux ne diffèrent en rien des fibres lisses , quant à leur structure , puisqu'elles n'ont ni fibrilles ni stries transversales et qu'elles consistent tout simplement en une substance homogène; mais il est démontré aussi qu'il y a des muscles lisses dont les éléments possèdent les mêmes stries transversales que les fibres animales des animaux supérieurs. Il faut ajouter que Y histoire du développement et la physiologie ne sont rien moins que favorables à l'ancienne division. Pour ce qui est du développement , il est vrai que les éléments des muscles lisses des animaux vertébrés répondent tous à une cellule unique, ceux de la pluralité des muscles de la vie animale à une série de cellules qui se sont réunies; mais un examen plus approfondi montre que, eu égard au développement de ces derniers, il y a toute une série de Cormes, depuis les formes les plus simples jusqu'aux plus composées. Nous connaissons, en effet, 1° des éléments musculaires de la vie animale qui répondent à une cellule unique (dans l'endocarde des ruminants) ; 2° dételles fibres musculaires qui représentent une série de cellules; 3" des cellules musculaires éloilées et striées en travers qui s'anastomosent entre elles (dans le cœur des invertébrés , par exemple); et U° de traies fibres musculaires striées en travers, et qui sanasto-
90 BISTOLOGIE GÉNÉRALE:
musent en réseaux. Comme il existe probablement aussi îles libres musculaires de la vie animale qui ne résultent que de deux ou trois cellules confondues ensemble, il me parait impossible de donner le développement aux dépens d'une série entière de cellules comme un caractère special des libres musculaires de la vie animale, et qui manquerait dans celles delà vie végétative; la circonstance du développement ne parait donc pas favorable à l'ancienne division. — La physiologie ne l'est pas davantage; personne, en effet , ne refusera d'admettre que les différences réelles qui existent entre les fonctions des deux espèces de muscles ne peuvent s'expliquer ni par leur origine d'une seule cellule ou de plusieurs cellules confondues ensemble, ni par l'absence ou l'existence de stries transversales , mais bien par leurs rapports avec le système nerveux. D'un autre côté , comme au point de vue chimique on ne connaît aucune différence entre les divers éléments contractiles, il en resuite certainement que l'on a toute raison de les réunir tous dans un même groupe. Toutefois il me parait convenable, surtout en considérant l'homme et les animaux supérieurs, de conserver les deux sections citées, comme des sous-divisions, et de fonder la division principale sur le développement, que j'ai déjà mis en première ligne dans mes premières reclierclies sur les muscles lisses. En fait, s'il existe une grande diversité dans les formes des éléments contractiles, il est evident cependant que leur grande majorité se partage en deux sections : 1° ceux qui ne cou estent qu'en une seule cellule, et 2° ceux qui représentent une série entière de cellules. Mais comme à cette différence est lice la différence la plus importante entre les éléments contractiles, abstraction faite de leurs relations avec le système nerveux, c'est-à-dire que dans les uns les moindres portions sont susceptibles d'effets indépendants, tandis que les autres ne peuvent produire que des contractions totales, je me sens porté par là même a établir comme sous-divisions du tissu musculaire : 1° celle des cellules contractiles, et 2° celle des fibres contractiles.
Déjà dans la première édition de cet ouvrage je faisais observer (page 67) que la division qu*on prétendait exister entre les deux espèces de tissu musculaire n'est pas aussi tranchée qu'on le croit généralement, et je m'appuyais surtout sur la présence de cellules musculaires striées dans le cœur des ruminants et sur celle de libres musculaires lisses chez les invertébrés, ou elles représentent une série entière de cellules. Un an plus tard, Leydig [Unters. <l. Fische u. Reptilien, 1853, p. 1 I I lit la même remarque, après avoir trouvé des cellules musculaires striées dans le tronc artériel de la salamandre et du protée. et dans la glande carolidienne de la grenouille. De pareilles cellules avaient été vues déjà par Virchovv dans un produit pathologique (voy. Mikr. Anal., II. I. p. 547); de plus. Lebert et Remak prétendent que certains faisceaux musculaires de la vie animale de la grenouille se développent par transformation d'une cellule unique (voyez le chapitre consacré aux muscles), et que ces faisceaux deviennent ensuite libres assez longues.
§31, Tissu clos cellules contractiles ou des muscles lisses. — Les
muscles lisses, végétatifs ou organiques, consistent essentiellement en libres microscopiques, le plus souvent fusiformes, rarement courtes et larges,