TISSU DES CELLULES CONTRACTILES OU DES MUSCLES LISSES
auxquelles j'ai donné le nom de fibres-cellules contractiles ou musculaires. Chacun de ces éléments a, en moyenne, 8-*\045 à 0ram,090 de longueur et 0mm,004 à Omm.O06 de largeur, et représente une cellule allongée, mais dans laquelle, à peu d'exceptions près (fibres musculaires de l'utérus gravide), il est impossible de distinguer une différence entre le contenu et l'enveloppe. Les fibres cellules consistent en une substance en apparence homogène , quelquefois finement granulée ou faiblement striée , au milieu de laquelle se trouve, sans exception, un long noyau de cellule, en forme de baguette le plus souvent. Elles sont unies par une matière qui échappe à l'observation directe, et forment des cordons aplatis ou arrondis , faisceaux des 'muscles lisses, qui. à leur tour, sont réunis en masses plus grandes par des espèces de périmysium , enveloppes délicates de tissu eonjonetif et de fibres élastiques fines; dans ces faisceaux secondaires se distribuent de nombreux vaisseaux et un petit nombre de nerfs relativement.
Sous le rapport chimique , les éléments principaux des muscles lisses consistent en une substance azotée voisine de la fibrine . la fibrine musculaire ou syntonine [ Lehmann), qui, d'après les connaissances actuelles, ne se distinguerait de la fibrine du sang que parce qu'elle est insoluble dans une solution de nitre et dans le carbonate de potasse; tandis qu'elle se dissout très facilement dans || l'acide chlorhydrique étendu.
Ce qui donne aux muscles lisses une grande importance S physiologique, c'est leur contractilité, au moyen de laquelle ils favorisent singulièrement les fonctions des viscères , et ' °' ' déterminent dans ces organes des modifications de forme qui, en raison de la petitesse des éléments contractiles, peuvent être toul à fait locales.
Le développement de leurs éléments se fait simplement par allongement de certaines cellules embryonnaires rondes, dont la membrane et le contenu se transforment en une masse homogène et molle. Le mouvement nutritif peut être regardé comme très vif dans les muscles lisses, ce que démontrent avant tout les recherches modernes sur le liquide qui les imprègne. liquidé qui , d'après Lehmann . a en général une réaction acide, et contient de l'acide lactique, de l'acide acétique, de l'acide butyrique avec de la créatine et de l'inosite ; c'est ce que prouve aussi la fréquence des hypertrophies (utérus et des atrophies physiologiques ou pathologiques. On ne sait si les muscles lisses se régénèrent, ni s'ils Fig. 37. réparent leurs pertes de substance par un tissu analogue ; au contraire, des
Fig. 31. — Fibre-cellule musculaire de l'intestin grêle de l'homme. Fig. 38. — Fibre-cellule musculaire prise dans l'enveloppe fibreuse de la rate d'un ( bien, et grossie 3o0 fois.
productions nouvelles de ce tissu paraissent se rencontrer quelquefois dans les tumeurs de l'utérus.
Le tissu musculaire lisse ne forme de gros muscles isolés dans aucun point du corps humain, comme cela a lieu , par exemple, dans les muscles du périnée des mammifères; il se trouve tantôt dispersé dans le tissu conjonctif, tantôt sous la forme de tuniques muscuieuses. Dans les deux cas, il apparaît avec ses faisceaux étendus parallèlement les uns à côté des autres, ou anastomosés en réseaux; chez l'homme, il entre aussi en liaison, en divers endroits, avec des tendons formés de tissu élastique , comme je l'ai découvert le premier sur les muscles trachéaux et sur les muscles cutanés des plumes des oiseaux. Sa distribution est la suivante :
1. Dans le canal intestinal, le tissu musculaire lisse forme : a. la tunique musculeuse, depuis la moitié inférieure de l'œsophage, où les faisceaux lisses sont encore mêlés de fibres striées, jusqu'au sphincter interne de l'anus; b. la couche musculaire de la membrane muqueuse, depuis l'œsophage jusqu'à l'anus; c. des faisceaux musculaires isolés dans les villosités.
2. Dans les organes de la respiration, il y a une couche de muscles lisses dans la paroi postérieure de la trachée, couche qui accompagne les bronches jusque dans leurs plus fines ramifications, sous la forme d'une membrane complète formée de fibres annulaires.
3. Dans les glandes salivaires, ce tissu ne se trouve que dans le conduit de Wharton ; encore y est-il rare et en couches incomplètes.
k. Le foie présente une couche musculaire complète dans la vésicule biliaire, et quelques muscles lisses dans le conduit cholédoque.
5. Chez beaucoup d'animaux, la rate possède, dans son enveloppe et dans ses trabécules , la variété musculaire dont il est question , mêlée à du tissu conjonctif et à des fibres élastiques.
6. Dans les organes urinai res , les muscles lisses se montrent dans les calices et dans le bassinet, et forment une couche complète dans les uretères et dans la vessie ; mais ils ne se trouvent qu'en petit nombre dans l'urètre.
7. Les organes génitaux femelles offrent des muscles lisses dans les oviductes , dans l'utérus , où leurs éléments se développent d'une manière extraordinaire pendant la grossesse et atteignent alors jusqu'à 0mm,5ü de longueur ; dans le vagin , dans les corps caverneux des parties génitales externes , et dans les ligaments larges, à divers endroits.
8. Dans les organes sexuels mâles, on en trouve dans le dartos, entre la tunique vaginale commune et la tunique propre, dans le conduit déférent, dans les vésicules séminales , clans la prostate , autour des glandes de Cowper et dans les corps caverneux du pénis.
9. Dans le système vasculaire , des muscles lisses se rencontrent dans la tunique moyenne de tous les vaisseaux , celle des petites artères surtout , dans celle de la plupart des veines et des lymphatiques, à l'exception des plus petits; dans les glandes lymphatiques (Heyfelder), enfin dans la tunique adventice de beaucoup de veines. Dans les vaisseaux de moyen calibre, les éléments sont partout des fibres-cellules filiformes; dans les grosses artères,