TISSU DES FIBRES MUSCULAIRES
Les muscles striés en travers jouissent d'un haut degré de conlractiliié , et peuvent produire, par suite de leur longueur, des effets d'ensemble très considérables.
Leurs éléments résultent de la fusion de cellules rondes ou étoilées, dont le contenu se transforme en une masse demi-molle pour se diviser ensuite en fibrilles. Une fois produites, les fibres musculaires croissent par l'allongement et l'épaissi ssement de leurs éléments. A l'état de développement complet, elles jouissent d'un mouvement nutritif très énergique, qu'annoncent déjà les produits de décomposition multiples dont il a été question tout à l'heure , aussi bien que cette circonstance, que lorsque la circulation est interrompue dans leur intérieur, leur contractilité s'éteint en très peu de temps. Les blessures des muscles ne se cicatrisent jamais par une substance musculaire striée; au contraire on trouve, quoique très rarement, des productions accidentelles de ce tissu.
Le tissu musculaire strié transversalement se rencontre dans les parties suivantes :
1. Dans les muscles du tronc et des extrémités, dans les muscles externes de l'œil et dans tous les muscles de V oreille.
2. Dans les muscles de certains viscères, qui sont : le larynx, le pharynx, la langue, l'œsophage (moitié supérieure), la terminaison du rectum (sphincter externe, releveur de l'anus), les organes génitaux (bulbo et ischio-caverneux, transverse de l'urètre, transverse du périnée, crémaster, fibres mus culaires des ligaments ronds, en partie).
3. Dans certaines parties du système vasculaire , à savoir, dans le cœur et dans les parois des grosses veines qui y aboutissent.
Toutes les fibres musculaires des animaux ne consistent pas en faisceaux de fibrilles striées en travers ; il se manifeste chez eux une série d'autres formes quon peut rapporter parfaitement aux groupes suivants :
1 . Tubes musculaires à contenu homogène, demi-mou, non strié transversalement (la plupart des mollusques, des vers et des animaux rayonnés).
H. Tubes musculaires avec une enveloppe, une couche corticale demi-molle, homogène, attenante à l'enveloppe , et une masse centrale liquide ou grenue, quelquefois striée transversalement, ou contenant des noyaux. (Muscles du pétromyzon, en partie, certains muscles des plagiostomes et des poissons osseux (ceux do la ligne latérale, de révent), muscles des hirudinées, des lombrics, quelques-uns de ceux de la paludine, de la carinaire.)
3. Tubes musculaires analogues, avec une couche corticale striée transversalement sans fibrilles distinctes. (Beaucoup de fibres musculaires des hirudinées et des muscles des poissons cités sous le n° 2. )
4. Fibres musculaires sans cavité intérieure, avec un sarcolemme et un contenu strié en travers, qui ne se divise pas en fibrilles, mais quelquefois en disques (dises, Bowman) . (Salpes, quelques radiaires, beaucoup d'animaux articulés.)
5. Les mêmes fibres musculaires qui se résolvent facilement en fibrilles. (La plupart des animaux vertébrés, certains muscles des insectes.)
Toutes ces formes se conçoivent aisément quand on connaît la genèse des vraies fibres musculaires striées en travers, chez les vertébrés supérieurs (voyez partie spéciale, art Muscles) ; aussi ne puis -je adopter l'hypothèse de Stannius\(;o7J. Nachr., 1 85 1 , I 8), qui veut que les fibres musculaires striées se développent d'après plusieurs types différents.
Les libres musculaires de la vie animale, avec ou sans stries transversales, sont 1res répandues. On les trouve, chez les vertébrés, dans l'œsophage de quelques mammifères et des plagiostomes, clans Y intestin de la Tinea chrysitis , clans Vestomac du Cobitis fossilis, autour de la glande à veninùes serpents, et dans V organe palatin contractile des carpes , dans la peau des mammifères , oiseaux, serpents et batraciens sans queue (muscles dits cutanés), à l'extérieur des poils tactiles des mammifères, clans les cœurs lymphatiques de beaucoup d'oiseaux et des amphibies, dans la valvule auriculo-ventriculaire du cœur droit des oiseaux et de l'ornithorhynque, dans la veine cave inférieure du phoque, immédiatement au-dessus du diaphragme; dans l'intérieur de l'œil des oiseaux et des amphibies à écailles, autour des glandes anales et de Co w per des mammifères. — Chez les invertébrés, comme il a été dit , presque tous les muscles appartiennent à cette catégorie , qu'ils soient ou non striés en travers ; chez beaucoup de ces animaux, on trouve des muscles nettement striés dans le cœur, dans les parties génitales et dans l'intestin.
Les anastomoses des faisceaux musculaires primitifs, connues déjà de Leeuwenhoeck, et que j'ai découvertes de nouveau dans le cœur de la grenouille, ont été trouvées depuis en une foule d'autres endroits ; elles paraissent être constantes dans les cœurs sanguins et lymphatiques de tous les animaux et dans les muscles des animaux invertébrés, principalement dans ceux des organes végétatifs et de la génération (Hessling, Leydig, Gegenbaur, Leuckart) ; seulement , au lieu de fibres complètement développées, il s'y trouve fréquemment des réseaux de cellules étoilées. Il est au contraire très rare de rencontrer de simples ramifications des fibres musculaires comme nous en avons vu, Corti et moi, dans la langue de la grenouille : on n'en a retrouvé que dans YArtemia salina , et clans le disque de la tête et du pied de la piscicole ( Leydig).
Bibliographie. — W. Bowman, article Muscle and muscular motion, dans Todd's Cyclop. of anatom., et On the minute structure ofvolunfary muscle, dans Phil. truns., 1840, II, 1841, I. — J. Holst, De structura musculorum in génère et annuîatorum musculis inspecte. Dorp., 184 G. — M. Barry, Neue Unters. Uber die schraubenförmige Beschaffenheit der Elementarfasern der Muskeln, nebst Beobachtungen über die muskulöse Natur der Flimmerhärchen (Müller' 's Areh., 18">0, p. 259).
SECTION IV