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TISSU DES CELLULES CONTRACTILES OU DES MUSCLES LISSES

au contraire, ce sont des lamelles courtes qui souvent ressemblent à certaines formes d'épithélium pavimenteux ; dans les artères les plus petites, enfin, ce sont des cellules oblongues ou même arrondies , deux formes qu'on peut considérer comme des degrés inférieurs de développement .

10. Dans Y œil, les fibres lisses constituent le sphincter et le dilatateur de la pupille, et le tenseur de la choroïde.

11. Dans la peau, enfin , sans parler du dartos, ce tissu se montre sous forme de petits muscles attachés aux follicules pileux , dans le mamelon et son aréole , et dans beaucoup de glandes sudoripares et cérumineuses.

Autrefois on croyait généralement que les éléments des muscles lisses étaient de longs rubans contenant de nombreux noyaux, et on les faisait naître, comme les fibres striées en travers, de la réunion d'un grand nombre de cellules rangées en séries. En Tannée 1 847 je fis voir qu'il n'en est pas ainsi, et que les éléments de ces muscles ne sont que de simples cellules modifiées ; je démontrai en môme temps que ces fibrescellules contractiles existent partout où l'on avait admis jusqu'alors du tissu conjonctif contractile, et sur plusieurs autres points où elles n'avaient pas été soupçonnées. Mes idées, bien qu'elles aient trouvé d'abord des contradicteurs, sont maintenant généralement adoptées, ce à quoi ont contribué Reichert et Lehmann, l'un, par la découverte d'un réactif qui permet aux personnes les moins exercées d'isoler facilement les fibrescellules, l'acide nitro-chlorhydrique au 5e (Müllers Anh., 1 8 49, etPaulsen, Obsero. microchem., 4 849) ; l'autre, par ses recherches chimiques sur ce tissu [Physiol. Chemie, III). C'est avec d'autant plus d'étonnement qu'on a vu dans ces derniers temps le docteur Mazonn de Kiew essayer de rétablir l'ancienne doctrine [Müller'' s Ârch., 1 854, page 251). Selon lui, mes fibres-cellules, qu'il dit ne pas renfermer de noyaux, sont des portions de fibres rompues dans leur continuité, et qui à leur tour renferment d'autres fibres allongées, deux seulement chacune, à ce qu'il paraît; les fibres-cellules ne seraient donc en quelque sorte que le sarcolemme de ces dernières. Je n'ai rien à dire quant à ces idées ; je prierai seulement le docteur Mazonn de s'abstenir provisoirement d'examiner la distribution des muscles lisses, sans quoi il serait à craindre qu'il ne trouvât encore les éléments contractiles dans une foule d'endroits où il n'en existe pas de trace, comme il en a trouvé déjà dans l'enveloppe et dans la charpente de la rate humaine. — Les fibres-cellules contractiles existent dans les quatre classes de vertébrés, mais elles sont rares chez les invertébrés. Leur existence est en quelque sorte un caractère spécial des vertébrés ; je signalerai les endroits suivants où elles se trouvent :

Dans la peau des oiseaux sous forme de petits muscles des plumes du contour, jointes à des tendons de tissu élastique; dans celle des orangs, autour des follicules pileux, comme chez l'homme ; dans lïmdes poissons, dans la campanula Halleri des poissons osseux (Leydig ) ; dans la membrane du tympan de la grenouille (Leydig) ; dans la vessie natatoire des poissons; dans les poumons de la grenouille (elles man quent dans ceux du triton) ; dans le mésentère des plagiostomes, du Gobius niger, du Psammosaurus , de la salamandre , du Siredon, du Laceria agilis, du Testudo grceca (non pas chez la Rana temporaria , la Ceratophrys dorsata, le Bufo variabilis et le protée) et chez le Lepostemon (Leydig et Brücke) ; dans les utricules des glandes du cloaque de la salamandre ( Leydig) , dans les muscles du périnée des mammifères. Dans l'estomac musculeux des oiseaux , ces muscles sont d'un rouge vif , et en liaison avec une membrane tendineuse. — Chez les invertébrés, des fibres-cellules contractiles ont été vues par Agassiz dans les acalèphes discoïdes, par Gegenbaur et moi sur des siphonaires , par H. Müller dans les muscles des chromatophores, des céphalopodes.

Bibliographie. — Kölliker, Ueber den Bau und die Verbreitung der glatten Muskeln, dans MülheiU der naturf. Gesellschaft, in. Zürich, 18 47, .p. 18, et Zeitschrift für

vmsemchaftl. Zoologie, (.. I, 1819. — C. R. Walther, Nonnullà de musculis levibm diss. Lips., 1 851.

§ 32. Tissu des fibres musculaires 011 des muscles striés en travers.

— Les éléments de ce tissu consistent en fibres musculaires ou faisceaux musculaires primitifs, dont chacun présente une enveloppe particulière, homogene, fine, élastique, le sarcolemme, et un faisceau de fibrilles de 0' ,009 à

0""", 06 d'épaisseur ; ces dernières présentent généralement une série régulière de varicosités, de manière qu'elles paraissent composées de petits fragments placés l'un à côté de l'autre, ce qui donne aux fibres musculaires une apparence striée en travers ; ou bien elles sont lisses, et alors les faisceaux primitifs sont striés dans le sens de la longueur. En dehors de ces fibrilles, les fibres musculaires ne contiennent qu'une petite quantité de substance unissante visqueuse et un certain nombre de noyaux arrondis ou allon-

gés , qui , généralement , sont appliqués à la face interne du sarcolemme. La réunion des fibres musculaires en muscles et en membranes musculeuses se fait de la manière suivante.

Ou bien elles forment des couclies placées parallèlement à côté les unes des autres, ou bien elles s'unissent en véritables réseaux de fibres musculaires striées.

Elles sont entourées par le Perimysium , enveloppe de tissu conjonctif plus ou moins solide qui renferme

Fig. 39. Fig. 40. toujours des fibres élas-

tiques fines et souvent aussi des cellules adipeuses ; des vaisseaux sanguins et des nerfs nombreux enlacent les faisceaux musculaires.

Sous le rapport chimique, la masse principale des fibres musculaires striées en travers ressemble parfaitement à la syntonine mentionnée dans le paragraphe précédent. Le sarcolemme est peu attaqué par les alcalis et par les acides; les noyaux offrent les caractères habituels de ces organes. On peut exprimer des muscles un liquide acide, dans lequel Liebig et Scherer ont découvert une série intéressante de produits de décomposition du tissu musculaire, les uns azotés, les autres privés d'azote.

Fig. 39.— Deux fibres musculaires de l'homme, grossies 350 fois; dans l'une, le faisceau de fibrilles est rompu, et Ton voit le sarcolemme a sous la forme d'un tube vide.

Fig. 40. — Fibrilles primitives d'un faisceau musculaire du Siredon pisciformis, a, petit faisceau de fibrilles ; b, fibrille isolée. Grossissement de 000 diamètres.

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