DES DIVERSES PARTIES DE L'ONGLE
se changent en de véritables lames de 0,mn,056 à 0mm,225 de hauteur, lames qui vont gagner en droite ligne le bord antérieur du lit de l'ongle, où elles se terminent brusquement. La limite entre les petites crêtes et les lames est
Fi G. 60.
figurée par une ligne convexe en avant, qui divise le lit de l'ongle en deux moitiés inégales et de couleur différente ; la portion postérieure, plus petite, pâle et couverte en grande partie par le pli susonguéal , répond à la racine de l'ongle ; la portion antérieure , plus grande et colorée en rouge , est recouverte par le corps de l'ongle. Les crêtes et les lames du lit de l'ongle varient en nombre entre 50 et 90 ; leur bord libre est garni d'une série de papilles très courtes, dirigées en avant, de 0",m,018 à 0,!,m,036 de hauteur, mais qui , d'après Reichert et Amnion, peuvent manquer sur les parties moyennes et postérieures des véritables lames., ou du moins y être très écartées les unes des autres (R. Wagner). En Fig. 61.
outre, j'ai trouvé, comme Henle, au fond de la rainure onguéale, quelques plis transversaux pourvus de papilles plus fortes, qui sont dirigées en avant , et mesurent 0""",016 à 0""",022 de hauteur; à la partie antérieure, là où les lames cessent, il existe également quelques longues papilles isolées. Sur l'ongle du petit orteil, très souvent les papilles ne reposent pas sur des crêtes et affectent une distribution irrégulière. La face inférieure du pli sus-onguéal n'offre pas de crêtes; à peine y voit-on çà et là quelques rares papilles. Celles-ci redeviennent assez longues sur le bord de ce pli, d'où elles gagnent sa face supérieure, qui ne diffère en rien du derme du dos des doigts et des orteils.
Le derme qui constitue le pli sus-onguéal et le lit de l'ongle, est dense et presque entièrement privé de graisse, même dans ses parties profondes; les petites crêtes, les lames et leurs papilles sont très riches en fibres élastiques fines. Il existe de nombreux vaisseaux sanguins, surtout dans la portion antérieure du lit de l'ongle; ils sont rares, au contraire, en arrière, dans la portion recouverte par la racine de l'ongle, et dans la rainure
Fig. 60. — Section transversale à travers le corps et le lit de l'ongle, grossie environ 8 fois, a, lit de l'ongle avec ses petites crêtes (partie noire); b, derme des parties latérales du pli sns-onguéal ; c, couche de Malpighi de ce dernier; d, couche de Malpighi de l'ougle, avec ses crêtes (partie blanche) ; e, couche cornée au niveau du pli sus-onguéal ; f, couche cornée de l'ongle ou substance de l'ongle proprement dit, garnie de petites dentelures à sa face inférieure.
Fig. 61, — Capillaires du lit de l'ongle, d'après Berres.
onguéale ; leurs capillaires, qui ont 0mm,011 à 0mm,018 de diamètre, occupent Je bord des lamelles, pénètrent même dans les papilles là où celles-ci sont très développées, et forment souvent des anses multiples (fig. 61). Profondément, les nerfs se comportent comme dans le derme ; mais à la superficie, je n'ai aperçu jusqu'ici ni anses, ni divisions terminales; en généra], je n'ai pu trouver de nerfs dans les lames, et tout récemment H. Wagner n'a pas été plus heureux que moi.
Dans Yongle lui-même, on distingue une racine, un corps et un bord libre, (fig. 62). La racine, qui est molle (fig. 62 /), a les mêmes dimensions
que la partie postérieure du lit de l'ongle, celle qui porte des crêtes ; tantôt elle est cachée entièrement dans la rainure, tantôt elle est à découvert dans une portion de son étendue, portion semi-lunaire qu'on appelle la lunule. Le bord postérieur de la racine est tranchant, légèrement recourbé en haut, et forme la partie la plus mince, et partant la plus flexible de l'ongle. Le corps de l'ongle (Je), dont l'épaisseur et la largeur vont en augmentant d'arrière en avant, est à nu clans la plus grande partie de sa face supérieure; ses bords, un peu amincis, sont logés dans les parties latérales de la rainure onguéale, tandis que sa face inférieure repose sur la portion antérieure du lit de l'ongle. Son bord libre, enfin (m), se dirige directement en avant chez les personnes qui ont l'habitude de couper leurs ongles; on prétend que, dans le cas contraire, les ongles se recourbent en bas, autour delà pulpe des doigts, de sorte que leur longueur totale peut atteindre jusqu'à deux pouces.
La face inférieure du corps et de la racine de l'ongle reproduit exactement la forme du lit de l'ongle ; on y trouve, par conséquent, des lames, des crêtes et des sillons, disposés de la même manière que sur le lit de l'ongle. La seule différence qu'on y observe, c'est que les lames n'y sontpas garnies de papilles, et que leur bord libre est rectiligne; les sillons, au contraire, au lieu d'être partout également profonds, comme cela a lieu sur
Fig. 62. — Section longitudinale faite à travers le milieu de l'ongle et du lit de l'ongle , grossie environ 8 fois, a, lit de l'ongle et derme de la face dorsale et de l'extrémité du doigt; b, couche muqueuse de cette dernière; c, celle de l'ongle; d, du fond de la rainure onguéale; e, du dos du doigt ; f, couche cornée de l'extrémité digitale; g, commencement de cette couche au-dessous du hord de l'ongle; h, couche cornée de la face dorsale du doigt ; i, sa terminaison sur la face supérieure de la racine de l'ongle ; k, corps de l'ongle ; l, sa racine; m, bord libre de la substance onguéale proprement dite.
Fig. 62.