‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 62 sur 247 · DISTRIBUTION ET VOLUME DES POILS. UR · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION ET VOLUME DES POILS. UR

intermédiaires: 1° poils mous et longs, ayant | £ § millimètres et plus en longueur et ()""", 05 à 0m"',ll en épaisseur; 2° poils courts, roules cl épais, ayantum,",56 à lmm,12 de longueur et 0"" ,0()7 à 0""",158 d'épaisseur; 3° enfin poils courts et excessivement fins, poils follets, lanugo, dont la longueur est de 2 à l 'i millimètres et l'épaisseur de 0""",01/i à 0""",022. On connaît la distribution des poils de la première variété, ce sont les cheveux ; à la seconde variété appartiennent les poils qui garnissent l'entrée des fosses nasales (vibrisses) , le conduit auditif externe, le bord des paupières (cils) et l'arcade sourcilière (sourcils); la troisième variété, enfin, comprend les petits poils du visage, du tronc et des membres, ceux de la caroncule lacrymale et des petites lèvres (Henle) ; ces derniers manquent souvent.

Le nombre de poils répartis sur une même étendue de peau diffère suivant l'âge et le sexe de l'individu et suivant la couleur de ses cheveux. D'après Withof, il y aurait sur une surface cutanée d'un quart de ligne carrée 1kl poils noirs, 162 poils bruns, 182 poils blonds. Le même auteur a trouve'1, chez un homme dont le système pileux avait un développement moyen, 293 poils sur un quart de ligne carrée du crâne , 39 au menton , 2U au pubis, 23 à l'avant-bras, 19 au bord externe de la face dorsale de la main, 13 sur la face antérieure cle la cuisse. Chez l'homme, il n'est pas rare de trouver des poils épais sur la poitrine, sur les épaules et sur les membres.

Les poils sont tantôt isolés, tantôt réunis deux à deux, trois à trois; en quelques endroits ils sont disposés par amas de quatre ou de cinq. Ce dernier fait est de règle chez le fœtus et se rencontre encore fréquemment chez l'adulte, principalement pour lespoils follets. Osiander, et surtout Eschricht, ont montré que les poils et les follicules pileux sont rarement implantés perpendiculairement, que leur direction est oblique par rapport à leur surface d'implantation, et cette obliquité, différente aux diverses régions du

Fig. 63. — Poil et follicule pileux de moyen volume, grossis 50 fois, a, tige du poil ; q, sa racine ; c, bulbe pileux ; d, épidémie du poil ; e, gaîoe interne de la racine ; f, sa gaîne externe; g, membrane amorphe du follicule pileux ; /;, couches de fibres transversales et longitudinales de ce dernier; /, papille du poil ; le, conduits excréteurs des glandes sébacées, avec leurs couches d'épithélium et de libres ; /, derme au niveau de l'embouchure du follicule pileux; m, couche muqueuse; n, couche cornée de l'épidermc, s'étendant un peu dans l'intérieur du follicule ; o, terminaison de la gaine interne de la raciue du poil.

corps. Ce fait peut se vérifier très facilement sur les poils de l'embryon ; il existe aussi chez l'adulte, mais à un moindre degré. En régie générale, les poils sont rangés suivant des courbes, dont la réunion forme des figures qu'on peut désigner, avec Eschriclit, sous les noms de courants, tourbillons, croix. Les tourbillons sont des points entourés de tous côtés de poils divergents ou convergents. Les courants sont formés par des séries doubles de lignes parallèles qui se touchent sur la ligne médiane; ils sont convergents ou divergents. Il existe des courants à poils convergents sur la ligne médiane du dos, de la poitrine et de l'abdomen, par exemple sur la ligne qui répond à la crête du tibia, etc.; des courants à poils divergents, sur la ligne qui sépare le clos de la poitrine et de l'abdomen, etc. On rencontre des tourbillons et des croix à poils divergents dans le creux de l'aisselle, sur le crâne, à l'angle interne de l'œil ; des tourbillons et des croix dont les poils sont convergents, au coude. Pour plus de détails, voyez les figures et les descriptions d'Eschricht ; remarquons toutefois que la disposition des poils présente de nombreuses variétés, et que les figures d'Eschricht n'en représentent qu'une seule.

§ 59. Caractères physiques et chimiques «les poils. — Chez l'embryon,

les poils sont d'ordinaire presque complètement incolores et transparents dans le principe; ce n'est que peu à peu et très lentement qu'ils se colorent, si bien que, dans le jeune âge, leur couleur est généralement plus claire que dans l'âge moyen. Chez l'adulte, les poils follets, restés en quelque sorte à l'état embryonnaire, sont toujours les plus pâles; les poils longs sont déjà plus colorés, mais ce sont les cheveux, les poils de la barbe et des pubis qui offrent la coloration la plus foncée. Les poils sont élastiques; suivant Weber, ils peuvent s'allonger de près d'un tiers sans se rompre, et reviennent si bien à leur état primitif, qu'ils ne restent allongés que d'un dix-sepfième après une traction qui avait augmenté leur longueur d'un cinquième. Ils absorbent l'eau avec facilité etla dégagent de même; aussi sont-ils tantôt secs et roides, tantôt humides et souples, suivant le degré d'humidité de la peau ou de l'atmosphère. Ces divers états de sécheresse ou d'humidité influent sur leur longueur, et cette circonstance a été mise à profit dans les hygromètres à cheveu. Malgré leur extensibilité, les poils sont assez résistants; un cheveu supporte un poids d'au moins six onces sans se rompre.

La composition chimique des poils n'est pas encore connue suffisamment. La masse principale des poils est formée d'une substance azotée qui se dissout dans les alcalis en dégageant de l'ammoniaque, mais qui est insoluble dans l'acide acétique concentré et bouillant. Scherer et de Laer considèrent cette substance comme une combinaison de protéine et de soufre; ce dernier admet en outre, dans les poils, une petite quantité d'une substance interstitielle voisine de la gélatine ; Scherer y a trouvé une autre matière azotée qu'il regarde comme un produit de décomposition. Suivant Mulder, les poils seraient une combinaison de protéine et de sulfamide, et contiendraient 10 pour 100 de cette dernière substance. Outre ces éléments azotés, les poils renferment, comme l'avaient appris déjà les recherches

STRUCTURE DES POILS. \hl

anciennes, une assez grande quantité d'une graisse plus ou moins foncée, suivant la couleur des poils, graisse qu'on peut en extraire en les faisant bonillir dans l'éther ou dans l'alcool. D'après Mulder, ils se distinguent de la corne et de l'épidémie, surtout par leur insolubilité dans l'acide acétique, caractère qui les différencie aussi d'avec l'albumine et la fibrine. La putréfaction a moins d'empire sur les poils que sur n'importe quelle partie du corps, au point que, sur les momies, on trouve encore les poils complètement intacts. Ils sont colorés par les oxydes métalliques de la même manière que l'épiderme; ainsi, par exemple, les sels d'argent et de manganèse les noircissent, parce qu'il se produit des sulfures métalliques; le chlore les décolore. Par l'incinération, ils donnent environ 1 à 2 pour 100 de leur poids d'une cendre composée d'oxyde de fer (en plus grande quantité dans les cheveux foncés), d'oxyde de manganèse et de silice (des traces). Jahn a trouvé, dans les cheveux blancs, du phosphate de magnésie et du sulfure d'alumine, et Laugin prétend avoir rencontré du cuivre dans les cheveux verdàtres des ouvriers qui travaillent le cuivre et le laiton.

§ 60. structure des poils. — On peut toujours distinguer dans un poil deux substances, quelquefois trois : 1° La substance corticale, ou mieux la substance fibreuse, partie la plus importante des poils, dont elle détermine la forme; 2° Y épidémie, revêtement extérieur très mince de la substance fibreuse, et enfin , 3° la substance médullaire, qui occupe le centre et qui manque souvent.

La substance corticale ou fibreuse est striée dans le sens de la longueur, et très souvent marquée de points et de raies ou taches foncées ; transparente dans les poils blancs, elle présente partout ailleurs une coloration plus ou moins foncée, tantôt très régulièrement distribuée dans toute la substance du poil , tantôt accumulée spécialement sur certains points en forme de taches allongées, granulées. Il n'est guère possible d'éclairer la structure intime des poils, ni de déterminer la signification de leurs taches et de leurs stries, qu'en les traitant par les acides et les alcalis, réactifs qui jouent un rôle principal dans l'étude des poils, et en les soumettant à plusieurs autres manipulations. Quand on fait subir à un poil l'action de l'acide sulfurique concentré et de la chaleur, il devient beaucoup plus facile de diviser sa substance fibreuse en longues fibres plates de diverses largeurs (ordinairement de 0"'m,005 à 0mm,011) qui se font remarquer surtout par leur rigidité, par leur friabilité et parles irrégularités, les dentelures de leurs bords et de leurs extrémités. Ces fibres ont une couleur claire dans les cheveux blonds, foncée dans les cheveux noirs ; mais elles ne constituent pas les derniers éléments de la substance corticale ; au contraire, chacune d'elles doit être considérée comme formée par une agrégation de fibres-cellules plates et assez longues, ou de lamelles, qu'on peut isoler en grand nombre en prolongeant suffisamment l'action de l'acide sulfurique. Ces parties (fig. 66) qu'il convient d'appeler lamelles de la substance fibreuse ou fibres- cellules de Vécorce, sont plates et en général fusiformes; leur longueur est de ü""n,05ft

à 0mn\06S , leur largeur de Üm"\0ü5 à 0mm,009 ou même 0n,,n,0l1, et leur épaisseur, de 0mn,,030 à öm,n,036. Elles ont des surfaces inégales et des bords

irréguliers ; en les traitant par les alcalis , on ne les voit pas se gonfler en forme de vésicules, et très souvent on distingue intérieurement des stries foncées dont il va être question tout à l'heure, quelquefois aussi du pigment grenu. Leur structure est du reste homogène et ne permet de voir aucun élément plus petit, tel que des'fibrilles, par exemple. Ces cellules semblent être unies plus intimement entre elles par leurs extrémités que par leurs faces; c'est ce qui permet de diviser si facilement les poils en longues fibres, comme nous l'avons déjà dit.

Je ne voudrais cependant pas considérer les fibres comme les éléments composés de la substance corticale ; parce que leurs parties constituantes peuvent encore être isolées et parce qu'elles sont elles-mêmes beaucoup trop irrégulières; sans former des lamelles aussi distinctes que celles de l'ongle et de l'épidémie, par exemple, elles constituent, en s' unissant entre elles de toute part , un faisceau de fibres compactes d'où résulte la substance corticale, masse principale du poil.

Les taches, les points foncés et les stries que présente l'écorce, sont de nature très diverse; on y trouve principalement, 1° du pigment grenu; 2° des cavités creuses remplies d'air ou de liquide, et 3° des noyaux. Les taches (fi g. 69) ne sont, en grande partie, qu'un amas de granulations pigmentaires qui ont leur siège dans les lamelles des poils, et se montrent surtout en abondance dans les cheveux foncés ; elles sont très variables, d'ailleurs, sous le rapport de la forme et de la grandeur ; c'est ce qu'on voit très bien en traitant des poils par la potasse ou la soude caustiques , car ces agents gonflent et ramollissent complètement la substance corticale sans attaquer les

Fig. 66.

Fig. 66. — Lamelles ou fibres- cellules delà substance corticale d'un poil traité par l'acide sulfurique.

A. Lamelles isolées. î, lamelles vues de face, dont 3 séparées, et 2 unies entre elles. 2, lamelles vues de profil,

B. Feuillet composé d'un grand nombre de lamelles semblables aus précédentes.

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