‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 63 sur 247 · STRUCTURE DES POILS. M · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES POILS. M

taches, Une seconde variété de taches a beaucoup de ressemblance avec les dépôts de pigment; mais en les examinant attentivement, on reconnaît que ce sont tout simplement de petits espaces remplis d'air ; pour s'en assurer, on choisira des cheveux blancs, afin de n'avoir pas à craindre de confusion avec les taehes pigmentaires. On verra (voy. ËiUr. AnaL, pl. II, flg. 3) dans toute l'épaisseur de la substance corticale, de petits points ronds de 0""",009 à Ômm,Ôië de diamètre, ou bien de petites lignes allongés, de 0""\009 de longueur, et de (),nm,0009 à 0mn',00 18 de largeur, qui sont plus ou moins abondantes et distribuées tantôt irrégulièrement, tantôt en lignes parallèles a 1 axe longitudinal du cheveu. Leurs couleurs foncées et leur centre clair les font remarquer au premier coup d'œil et rappellent les granulations graisseuses, avec lesquelles effectivement je les ai longtemps confondus ; mais , en réalité , ce sont de très petites cavités remplies d'air. Elles sont souvent très nombreuses dans les cheveux blonds , bruns clairs ou roux, et manquent, au contraire, dans les cheveux foncés et dans la moitié inférieure de la racine de tous les cheveux. Enfin il y a encore, dans l'écorce des poils , des raies ou lignes étroites et assez, foncées qui , dans les cheveux foncés , se réunissent généralement aux taches pigmentaires , de telle sorte que les

lignes forment les extrémités des taches ou les traversent comme un axe ; dans les cheveux blancs ou blonds, elles paraissent souvent être des prolongements des cavités pleines d'air, mais dans les uns et dans les autres, elles se montrent aussi d'une manière indépendante, en nombre variable et avec plus ou moins d'évidence (fig. 67 B). Je considère ces raies, qui sont habituellement le plus nettes sur les cheveux blonds ou bruns clair privés de moelle, tantôt comme l'expression de la composition du cheveu ci-dessus décrite (des fibres-cellules), en d'autres termes, comme les lignés de démarcation des divers éléments de l'écorce, et tantôt comme les noyaux de ces éléments. En effet, même sur la tige des poils, les lamelles de l'écorce contiennent toutes des noyaux fusiformes longs de 0""".022 à u""",03G et larges de 0",m,011 à 0m,n,026, que l'on peut isoler en triturant des cheveux

Fig. 6'

Fia. 67. — A. Fragment de cheveu blanc, traité par la soude et grossi 350 fois, a, cellules à noyau de la moelle, sans air; b, substance corticale finement striée, avec des noyaux linéaires; c, épidémie, à lamelles un peu plus détachées que d'ordinaire.

B. Trois noyaux linéaires, et isolés de la substance corticale.

blancs, après les avoir fait bouillir dans la soude. En outre, on trouve dans la substance corticale des raies fines qui résultent des inégalités de surface des lamelles, et qui se voient très nettement surtout dans une région blanchâtre située immédiatement au-dessus du bulbe ; ces raies ne disparaissent pas facilement, même après un traitement prolongé par les alcalis, mais finissent néanmoins par se transformer en une masse finement striée. Il est impossible de les isoler ; on peut aussi les voir très bien sur des fragments d'écorce obtenus au moyen de l'acide sulfurique, et même sur des éléments isolés de ces fragments (fig. 68).

Dans la description qui précède, il s'agissait surtout de l'écorce de la tige du poil ; mais on peut l'appliquer aussi à la partie ferme et rigide de la racine. La structure de l'écorce n'est différente que dans la moitié //fl\ inférieure de la racine, où celle-ci se ramollit peu à peu, devient d'abord finement fibreuse, et enfin granuleuse. Là, en effet , les lamelles prennent d'abord une consistance plus molle, et puis graduellement la forme de cellules allongées (fig. 68) de 0n,m,ÖZi5 à 0",m,05/t de longueur, et de 0mni,022 à 0'*in',02^ de largeur, cellules dont les noyaux en baguette, droits ou tortueux, et mesurant 0mm, 018 à 0m,n,022 de longueur, deviennent extrêmement visibles et s'isolent facilement sous l'influence de l'acide acétique. Fig. 08. La structure fibreuse se perdant de plus en plus, les lamelles molles et déjà plus courtes se transforment en cellules ovalaires munies de noyaux courts, et enfin se continuent sans interruption avec les éléments de la partie inférieure et épaissie du poil , c'est-à-dire ceux du bouton ou bulbe. Ces éléments (fig. 69) sont des cellules rondes de 0""",006 à 0""",013 de diamètre et disposées en couches serrées; de même que les cellules de la couche muqueuse de l'épiderme, elles contiennent tantôt de simples granulations incolores, et tan- ©|j tôt un nombre considérable de granulations foncées , au point P 69 qu'elles deviennent de véritables cellules pigmentaires. Nous devons ajouter que , dans la moitié inférieure de la racine, les éléments jouissent aussi de propriétés chimiques différentes, car ils deviennent plus ou moins sensibles à l'acide acétique , réactif qui n'altère nullement les lamelles de la tige ; d'un autre côté, sous l'influence des alcalis, ils se gonflent et se dissolvent beaucoup plus vite que ces dernières.

Quant à la couleur de la substance corticale, il est à remarquer qu'elle dépend tantôt des taches pigmentaires, tantôt des espaces remplis d'air, et tantôt d'un principe colorant qui imprègne la substance des lamelles. Le pigment grenu offre toutes les nuances, depuis le jaune clair jusqu'au noir, en passantpar le

Fig. G8. — Deux cellules de l'écorce de la racine du poil (partie finement striée, immédiatement au-dessus du bulbe) avec un noyau distinct, et un aspect strié. Grossissement de 350 diamètres.

p,G gg. — Cellules de la partiela plus profonde du bulbe, grossies 350 fois, a, cellules d'un bulbe coloré, à grains pigmentaires qui cachent un peu le noyau; b, cellules d'un cheveu blanc, à noyau distinct, et renfermant peu de granulations.

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