REMARQUES PHYSIOLOGIQUES
après avoir été arrachés, et que, dans la mue des animaux adultes, les nouveaux poils se développent, d'après Kolilrausch, dans les follicules anciens.
Lorsque les cheveux repoussent après être tombés en masse par suite d'une maladie grave, il est plus plausible d'admettre qu'ils se reproduisent dans les anciens follicules, que de croire à une formation toute nouvelle de cheveux; E. H. Weber a montré, en effet, qu'après la chute des poils, leurs follicules peuvent persister un temps très long.
La multiplication des cellules du bulbe, qui a lieu pendant l'accroissement du poil, résulte très vraisemblablement d'une scission des cellules anciennes, et non d'une formation de cellules autour de noyaux libres, car, sur aucun bulbe , on ne trouve de trace de ce dernier mode de développement. Je ne crois pas que tout poil dont le bulbe présente un renflement nettement délimité et formé de substance cornée, soit pour cela privé de vie et destiné à tomber ; certes, il en est ainsi dans une foule de cas ; mais souvent cet état n'indique que la terminaison de la période d'accroissement, ce qui ne veut pas dire que toute nutrition doive cesser en même temps.
Comme preuve d'une formation incessante de poils nouveaux, indépendants des anciens follicules, plusieurs auteurs mentionnent les poils roulés en spirales, qu'on trouve au-dessous de l'épiderme, et qui le percent plus tard. Ces poils se rencontrent particulièrement à l'avant-bras, à la jambe, etc. Je ne sais si, à l'exemple de plusieurs pathologistes, il ne conviendrait pas plutôt de rapporter ces faits à quelque état anormal. liest certain que ces poils sont loin d'exister chez tous les individus ; d'un autre côté, dans les cas où on les trouve, on voit toujours, à côté de ces petits poils, en apparence développés normalement, un grand nombre d'autres qui montrent évidemment leur caractère anormal. Ces derniers sont, en effet, accumulés en assez grand nombre (jusqu'à 9) dans le même follicule ; ils présentent des pointes arrondies et des bulbes irréguliers. Ces circonstances doivent engager à rejeter provisoirement le mode de formation en question, tant qu'on ne l'aura pas démontré directement, et à admettre comme plus probable l'opinion d'après laquelle les poils sedévelopperaientdansles follicules déjà existants. Cette opinion est encore corroborée par les observations de Langer, qui a vu plusieurs fois ce développement se faire d'après le même mécanisme que j'ai décrit chez les enfants. Arrivés à une certaine longueur, les cheveux cessent de grandir ; mais dès qu'ils sont coupés, leur accroissement recommence. La raison de ce fait est la même que celle que nous avons exposée en parlant de l'ongle. Les vaisseaux du follicule pileux laissent transsuder à travers leurs parois une certaine quantité de liquide nutritif, celle qui est indispensable pour maintenir le cheveu dans son état normal ; si le cheveu est coupé, une partie de ce liquide, devenue inutile à l'entretien de la vitalité, est employée à faire croître le cheveu jusqu'à ce qu'il ait atteint une longueur déterminée, toujours la même; si la coupe est répétée chaque fois avant que les cheveux aient atteint leur longueur typique, ils croîtront d'une manière continue.
üzondi, Diefenbach et Wiesemann ont réussi à transplanter des poils, avec leur follicule, d'un endroit dans un autre. — On rencontre quelquefois des poils dans des régions tout à fait anormales, telles que les membranes muqueuses, les tumeurs enkystées, les kystes de l'ovaire, et ces poils accidentels, même ceux qu'on a trouvés dans dans le poumon (cas de Möhr), ont un follicule, des gaines et une structure en tout semblable à celle des poils normaifx. Les cicatrices de la peau restent toujours glabres. Pourquoi les cheveux prennent-ils parfois un développement extraordinaire, pourquoi tombent-ils sous l'influence de certaines maladies, pour se reproduire dans la majorité des cas ? C'est ce que nous ne sommes pas en état de dire, a moins de nous contenter d'explications banales". Probablement le cause immédiate de ces phénomènes réside dans la quantité variable de plasma fournie par les vaisseaux du follicule pileux : la cause éloignée, dans l'état de la peau et de l'ensemble de l'orga-
nisme. Dans d'autres cas, la calvitie dépend du développement de productions végétales (champignons) dans l'intérieur ou sous l'épidémie des cheveux, et dans leur voisinage ; elle est alors circonscrite (Alopecia circumscripta). A ce sujet, on consultera surtout Robin, Hist. nat. des végét. paras, qui croissent sur Vhorrime et les animaux, Paris, 1853, p. 408-487. Nous ne savons pas non plus d'où vient que l'on grisonne, bien qu'il soit certain que le système nerveux ait une certaine influence sur ce changement de couleur (chagrins, travaux d'esprit trop fatigants). C'est seulement lorsque la physiologie et la chimie auront donné une explication satisfaisante de ces phénomènes qu'il sera permis de songer à une systématisation scientifique de la pathologie et de la thérapeutique des cheveux.
Dans l'étude des cheveux au microscope, il convient de choisir des cheveux blancs avec leurs follicules, avant de se servir de cheveux colorés. Pour se procurer des tranches transversales très minces, il faut passer de nouveau le rasoir sur la barbe fraîchement faite (Henle), ou faire des sections d'un poil étendu sur une lame de verre (H. Meyer), ou d'un faisceau de poils placés entre deux cartes à jouer (Bowmann), ou serrés dans un bouchon (Harting). Reichert emploie à cet effet des poils engagés dans la gutta-percha. On obtient des coupes longitudinales en raclant un poil fin, ou en fendant un gros cheveu. Les follicules pileux seront étudiés isolés, ou en rapport avec leurs poils. Diverses préparations serviront à séparer leurs différentes couches ; l'acide acétique sera utile pour rendre évidents les noyaux de leurs deux couches extérieures. Quant aux papilles, nous avons déjà dit comment elles doivent être étu-« diées. En arrachant un poil, souvent on enlève en même temps la partie supérieure de lagaîne extérieure de la racine, quelquefois cette gaîne tout entière; sur des lambeaux de peau qui ont macéré, cette dernière se sépare du poil avec la plus grande facilité ; on peut voir ses cellules sans recourir aux réactifs, ou en se servant d'un peu d'acide acétique et de soude. La gaîne interne existe quelquefois tout entière sur des poils qu'on vient d'arracher, ce qui permet d'en étudier les divers éléments sans autre préparation, ou après l'avoir séparée de la gaîne externe ; la potasse et la soude la rendent encore plus évidente, dans un temps très court. Pour l'étude de l epiderme des cheveux, il est indispensable de se servir des alcalis et de l'acide sulfurique ; il en est de même du poil lui-même, dont nous avons déjà indiqué les particularités les plus importantes. Pour plus de détails, voyez Donders (I.e.). Je ferai remarquer seulement qu'en soumettant les préparations à une température un peu élevée, on économisera beaucoup de temps, ici comme pour l'étude des ongles. — Si I on veut étudier les poils chez le fœtus, il suffira, lorsque le sujet est très jeune, d'enlever l'épiderme, à la face interne duquel on trouve les germes des poils ; sur des embryons plus âgés, il faut faire des sections très fines de la peau, ou bien enlever le derme avec l'épiderme; dans ce dernier cas, la soude sera d'un grand secours.
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