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GAINES DE LA RACINE

contraire, couverte de lignes transversales très fines, souvent anastomosées, et inaltérables, ainsi que la membrane elle-même, par les acides et les alcalis affaiblis. Ni les acides, ni les alcalis ne font voir de cellules ni de noyaux dans cette membrane , qui appartient, par conséquent, à la catégorie des vraies membranes amorphes.

La papille du poil (papilla pili) (fig. 70 /), improprement appelée aussi germe ou pulpe du poil, est une partie du follicule qui répond aux papilles du derme. Elle est en général peu distincte, surtout dans les cheveux foncés à bulbe coloré, et se montre le plus souvent sous forme d'une tache blanchâtre, mal limitée; ou bien, après l'arrachement du poil, elle est restée recouverte de cellules du bulbe, de sorte qu'on n'y peut rien reconnaître ; ce n'est que dans les follicules des cheveux blancs qu'on arrive très souvent à distinguer ses contours, surtout en s'aidant d'une certaine pression, mais jamais on ne réussit à l'isoler complètement. D'un autre côté, les réactifs ne sont ici d'aucun secours, car leur action sur la papille est à peu près la même que sur le bulbe; il faut faire une exception, cependant, pour la solution de soude étendue, qui laisse encore les formes de la papille intactes, lorsque déjà les cellules du bulbe sont dissoutes et peuvent être chassées du follicule par la pression.

La papille du poil a une forme ovoïde ou celle d'un champignon de 0"m,30 à 0""",05 de long et de 0mm,20 à 0""n,ll de large; elle est unie par un pédicule à la couche de tissu conjonctif du follicule; ses limites sont très nettes, sa surface lisse ; sa texture la rapproche des papilles du derme, car, comme elles, la papille du poil est formée de tissu conjonctif vaguement fibrillaire, avec des noyaux isolés et des granulations graisseuses ; mais elle ne contient pas de cellules. C'est en vain que je me suis efforcé de trouver des vaLseaux dans des papilles pileuses complètement isolées; même l'acide acétique et la soude étendue, qui, dans des cas analogues, rendent de si grands services, ne m'ont été, en cette circonstance, d'aucune utilité , Hassali et Günther n'ont pas été plus heureux que moi ; mais j'ai pu voir des vaisseaux sur des préparations d'Arnold. — Quant aux nerfs, nous savons que quelquefois ils se dérobent à notre vue dans des points où ils existent certainement, ainsi, par exemple, dans certaines papilles pourvues de corpuscules de Meissner; nous croyons donc devoir suspendre notre jugement à cet égard, jusqu'à ce qu'on ait examiné spécialement à ce point de vue les papilles d'un grand nombre de poils. — Chez les animaux, les vaisseaux sont quelquefois très faciles à voir.

§ 65. Gaînes de la racine. — Elles se divisent en une couche externe et une couche interne ; la première se continue avec l'épiderme à travers l'orifice du follicule pileux, dont elle forme le revêtement épidermique interne; la seconde est une couche indépendante qui a des relations directes avec le poil.

La gaine externe de la racine est la continuation de la couche de Malpighi de l'épiderme et tapisse toute la face interne du follicule pileux. Sa moitié

inférieure repose sur la membrane hyaline que nous avons décrite tout à l'heure ; sa partie supérieure est appliquée immédiatement sur la eouche à fibres longitudinales, car les fibres transversales et la couche hyaline font défaut à ce niveau. Sa structure est exactement celle du corps deMalpighi; ses cellules externes sont verticales, brunes partout chez le nègre, d'après Krause, brunes au moins à la partie supérieure des follicules des grandes lèvres, chez le blanc. Dans le fond du follicule pileux, la gaîne externe se continue sans ligne de démarcation avec les cellules rondes du bulbe qui recouvrent la papille, puisque ses cellules y sont également arrondies. En général, elle est environ trois à cinq fois plus épaisse que la gaine interne; mais assez souvent elle s'amincit un peu vers le haut, et toujours elle se termine en bas par une lame très fine. Sur des poils volumineux, elle mesure 0,nm,04r) à 0m,n,068 à la partie moyenne du follicule, où elle se compose de 5 à 12 couches de cellules.

La gaine interne de la racine (fig. 70, e, /) est une membrane transparente qui part du fond du follicule pour s'étendre jusqu'à son tiers supérieur, où elle se termine par un bord tranchant. Elle est unie intimement en dehors avec la gaîne externe, en dedans avec la pellicule épidermique du poil ; il n'existe donc, à l'état normal, aucun intervalle entre elle et ce dernier. Cette membrane se distingue par une fermeté et une élasticité très remarquables, et se compose de deux couches, abstraction faite de ses portions inférieures : de la gaine interne proprement dite et de la pellicule épidermique ; pour ne pas confondre cette dernière avec celle du poil, je l'appellerai pellicule épidermique de la gaîne. La gaine interne proprement dite présente deux ou trois couches de cellules polygonales allongées, transparentes et légèrement jaunâtres, cellules dont le grand axe est parallèle à celui du poil (fig. 70). La couche externe, la seule connue anciennement, est la gaîne interne de la racine, deHenle; elle est formée de cellules allongées sans noyau, qui ont 0mm, 036 à ()""", 0/i5 de longueur et 0mm,0()9 à 0mm,0U de largeur. Ces cellules adhèrent fortement entre elles dans le sens de la longueur, mais sont séparées les unes des autres, comme on le voit après l'addition d'acide acétique, de potasse ou de soude, substances qui font gonfler le poil, ou après la dilacération , par des espèces de fentes allongées plus ou moins larges, qui donnent à la membrane un aspect troué. Mais sur des poils très frais, et en évitant toute lésion chimique ou mécanique, on ne trouve le plus souvent aucune trace d'ouvertures à la partie supérieure de la couche en question, dont la portion inférieure (au-dessous du point où commence la région finement fibreuse de l'écorce) montre à peine quelques indices de lentes, sous forme de lignes analogues à celles de l'écorce de la tige, lignes qui paraissent blanches ou noires, suivant le mode d'éclairage. Il paraît difficile dès lors de ne pas admettre que ces ouvertures, qui ont 0"im,011 à 0mm,018 de longueur et 0mm,002 à 0rnni,007 de largeur, sont tout artificielles et résultent d'une déchirure. — Il y a, en second lieu, dans la gaine de la racine', des cellules qui ne présentent jamais d'intervalles entre elles; ces cel Iules (fig. lh, B) forment une couche simple ou double (couche d'Huxley),

G AÎNÉS DE Là RACINE.

et sont constamment situées à la face interne de la couche fenêtrée, que j'ai toujours vue composée d'une couche unique de cellules; elles sont plus courtes et plus larges que ces dernières (longueur 0""",D31 à ()""", 108, largeur 0"uu,014 à 0m,11,023), mais polygonales comme elles, et renferment, au moins à la partie inférieure de la gaine, des noyaux distincts, allongés, souvent terminés en pointe et mesurant 0m"',009 à 0n ,",0Ki en diamètre. L'épaisseur totale de la gaine interne de la racine est de 0"im,015 à 0""",()35 en moyenne ; d'où il résulte que les cellules dont est composée cette gaine, et qui forment trois couches tout au plus, ont au moins ûn"n;00r> à ()mm,011

d'épaisseur, il n'est besoin d'aucune préparation pour reconnaître ces cellules en place ou après la dilacération de la gaine, et il est facile de les isoler à l'aide de la potasse ou de la soude (hg. 74), réactifs qui ne les gonflent point ; eu général, l'inaltérabilité par les alcalis est une propriété caractéristique de ces cellules, propriété qu'elles ne partagent qu'avec les lamelles épidermiques des poils.

Dans le fond du follicule pileux, la gaine interne proprement dite se réduit à une simple couche de grandes cellules à noyau polyédriques, qui ne laissent aucun intervalle entre elles (fig. 74, c) et qui deviennent peu à peu molles, délicates et arrondies, pour se continuer sans limite distincte avec les cellules des couches externes du bulbe pileux. Supérieurement

Fig. 74. — Éléments de la gaîue interne de la racine, grossis 350 fois.

A. Couche externe : 1. Lamelles isolées. 2. Lamelles adhérentes entre elles, prises à la partie supérieure de la couche externe et traitées par la soude a, trous entre les cellules b.

B. Cellules de la couche interne, non trouée, avec des noyaux allongés, légèrement dentelés.

C. Cellules à noyau de la partie inférieure de la gaîne interne, où elles ne forment qu'une couche simple.

Fig. 74.

cette membrane quitte assez souvent le poil et se termine, non loin de l'embouchure des glandes sébacées, par un bord tranchant et dentelé constitué par des cellules qui avancent plus ou moins. Au-dessus de ce bord, elle est remplacée par une couche de cellules dont les intérieures seules sont encore pourvues de noyaux ; et plus on s'élève vers la surface de la peau, plus cette couche prend le caractère de la couche cornée de l'épiderme, avec laquelle elle se continue en effet sans interruption ; mais elle n'est nullement la continuation de la gaine interne de la racine.

La pellicule epidermique de la gaine interne s'applique exactement contre la face interne de cette dernière, et ressemble beaucoup à la pellicule épidermique du poil, dont rien ne la sépare; elle devient surtout évidente (fig. 70 d) quand on y ajoute de la potasse ou de la soude ; alors, sous l'influence d'une légère pression, on voit souvent la gaine s'éloigner du poil en entraînant son épidémie avec elle, tandis que le poil, devenu onduleux, reste couvert de son épiderme propre, qu'il est facile dès lors d'étudier de face ou de profil. Sur des poils arrachés, cette couche ne se trouve que dans le cas où ils sont encore recouverts de la gaine interne ; sinon elle reste dans le follicule. Ses éléments sont de larges cellules dépourvues de noyau et imbriquées comme des tuiles; ils ne se gonflent jamais et se dissolvent difficilement dans les alcalis; ils sont plus épais que ceux de l'épiderme du poil, et ne mesurent que 0mm,005 à 0ram,009 dans le sens de l'axe du follicule. La couche entière a 0mm,0036 à 0mm,005 d'épaisseur, et se termine d'une manière assez nette au niveau du bulbe des poils, en faisant place à de grosses cellules à noyau exactement semblables à celles qui forment la continuation de l'épiderme du poil, mais un peu plus petites, en général.

Dans un ouvrage antérieur à celui-ci (Mikr. Anal., Il, 1 ), j'ai décrit l'épiderme de la gaîne interne avec celui du poil ; mais déjà je faisais remarquer (p. 124) qu'il serait peut-être plus convenable de le rapporter à la gaîne interne. C'est ce qu'a fait Reichert, dont je suis parfaitement disposé à adopter la manière de voir ; je veux aussi rattacher la gaîne interne au poil d'une manière beaucoup plus intime que je ne l'avais lait jusqu'ici. On considère habituellement cette gaîne comme la couche cornée du revêtement epidermique du follicule pileux ; mais, comme je l'ai déjà fait remarquer (/. c, p. 132, Handb, 1reédit., p. 136), il y a unfaitqui parle contre cette opinion, c'est que la couche cornée de l'épiderme, bien que s'étendant un peu dans l'intérieur du follicule, ne se continue cependant jamais avec la gaîne interne de la racine; d'un autre côté, au point de vue du développement, il n'existe aucune relation entre les cellules de la gaîne interne et celles de la gaîne externe. Autrefois Reichert rapportait les deux gaines au poil, et les faisait croître de bas en haut ; aujourd'hui il considère l'externe comme l'épiderme du follicule, et l'interne comme une couche indépendante appartenant au poil. Cette opinion me paraît pleinement justifiée ; mais je ne puis admettre que, sur le poil développé, la gaîne interne s'accroisse également, comme semble le croire Reichert. — Quant à la structure de la gaîne interne de la racine, Reichert soutient encore toujours (Jahrcsb-, 1852, p. 25, 26) que la couche externe (et non pas interne comme il écrit) de cette dernière, qui a souvent un aspect troué, n'est pas composée de cellules isolables. Cette assertion me paraît tellement inconcevable, que je ne puis l'expliquer que par un malentendu. Il n'est pas de poil sur lequel je n'aie réussi facilement à isoler ces cellules après la macération dans la soude. Pour compléter ma description, j'ajouterai qu'elles sont tantôt coupées

obliquement, et tantôt terminées en pointes à leurs extrémités : c'est ce que montre très bien la figure 74 A.

§ 66. Développement des poîïs. — Les premiers germes des poils sont des prolongements pleins et en forme de bouteille qui résultent d'un bourgeonnement de la couche muqueuse de l'épiderme vers la profondeur. Les cellules qui les composent se comportent différemment suivant leur siège. Parmi les plus internes, celles qui sont dans l'axe du germe durcissent pour former un petit poil très délié , celles qui viennent ensuite deviennent la gaine interne. Les cellules extérieures, pendant ce temps , éprouvent moins de modifications ; elles restent molles et constituent la gaine externe et les cellules molles du bulbe pileux. Dans cette évolution , le poil et la gaine se montrent immédiatement avec toutes leurs parties; ainsi le poil naît avec sa racine, sa tige et sa pointe ; il ne se passe là rien qui puisse être comparé avec ce qui a lieu pour les dents, dont la couronne, comme on sait, se forme la première; le développement ne commence pas par la pointe, encore moins par la racine, comme l'avait admis Simon. Les éléments des premiers poils ne sont que des cellules allongées , analogues à celles de l'écorce des poils futurs, et résultent de rallongement et de la transformation chimique des cellules les plus internes du germe pileux. Les cellules de la moelle n'existent pas encore, mais il y a déjà un épiderme très distinct : la gaine interne est striée, sans ouvertures, et formée de cellules allongées, développées aux dépens de celles qui se trouvaient entre le poil et la gaine externe. — Les couches fibreuses du follicule pileux se développent sur place, par transformation des cellules formatrices du derme qui avoisinent le germe du poil ; mais on pourrait aussi les regarder comme une dépendance du derme déprimé en doigt de gant par les prolongements qui bourgeonnent à la face inférieure de l'épiderme. La tunique amorphe du follicule, qui se montre de très bonne heure , paraît avoir des rapports intimes avec les cellules externes du germe, c'est-à-dire avec la gaine externe, et provenir d'une exsudation de ces cellules, de même que la membrane propre des glandes. Quant à la papille, on ne peut l'envisager que comme l'effet d'un bourgeonnement delà portion fibreuse du follicule et comme l'analogue des papilles du derme en général ; l'observation directe, cependant, n'a pas encore été à même de corroborer cette théorie, car la papille se montre déjà à une époque où le follicule est à peine visible en totalité, et toujours on l'arrache avec le germe du poil et des gaines.

Chez l'embryon humain, les germes des poils follets commencent à se montrer à la fin du troisième mois ou au commencement du quatrième ; on les rencontre d'abord au front et aux sourcils, sous la forme de masses verruqueuses de cellules, de 0n,m,05 de diamètre (fig. 75) et qu'on voit, même à l'œil nu, comme une multitude de petits points blanchâtres, séparés par des intervalles égaux. Ces petites masses se continuent directement avec le corps de Malpighi, dont elles sont un prolongement, et pénètrent obliquement dans l'épaisseur du derme, entourées d'un élégant réseau de vaisseaux capillaires. Les cellules dont ellesse composent sont rondes, larges de Q""",007 à 0mm,009 et remplies d'une substance blanche et grenue, avec

des noyaux sphériques. A cette époque, le derme ne fournit encore aucune enveloppe au germe, en d'autres mots, il n'y a pas encore de trace de ce que nous avons appelé le follicule pileux. Chez un fœtus de quinze semaines, les prolongements étaient déjà plus gros (de 0mm,056 à 0n,n,, l \ de longueur et de 0mm,022 à 0nm\045 de largeur) ;

ils avaient la forme d'une bouteille, et étaient enveloppés par une membrane amorphe très mince, qui se continuait avec une pellicule délicate située entre la couche de Malpighi et le derme. Cette enveloppe n'est autre chose que la membrane amorphe que j'ai découverte dans le follicule complètement développé (voy. § 62). Plus en dehors se trouve une couche de cellules, dont on n'enlève le plus Fig. 75. souvent que des lambeaux , et qu'on réussit

rarement à arracher intacte avec le follicule ; j'y vois la première ébauche des membranes fibreuses de ce dernier. Dans la seizième et la dix-septième semaine, les prolongements de la couche muqueuse, que dorénavant j'appellerai simplement germes du poil, ont déjà atteint 0mn,,09 à 0m,n,1i de longueur, et 0mm,07 à 0""",09 de largeur ; leurs enveloppes se sont épaissies, mais il n'y a pas encore de trace de poil. Ce n'est que dans la dix-huitième semaine que les premiers rudiments de poils se montrent aux sourcils, dans des germes pileux de 0"lm,02 à 0a"n,5ö. En effet, on voit les cellules centrales s'allonger un peu dans le sens de l'axe du germe, tandis que celles de la périphérie s'allongent transversalement. Le germe, dont la structure avait été jusqu'alors tout à fait uniforme, présente donc deux parties d'aspect différent, l'une centrale, de forme cono'ïde, à large base et à sommet pointu; l'autre corticale, dont l'épaisseur va, au contraire, en augmentant de bas en haut. Sur un germe- pileux de 0n,rn,50 de longueur, la limite entre ces deux parties est bien plus nette encore, car le cône central, en même temps qu'il s'est allongé, et surtout élargi, a prjs une teinte plus claire (fig. 76). Enfin, sur des germes de 0mm,65, le cône lui-même se divise en deux parties, l'une centrale un peu foncée, ou le poil, l'autre périphérique, transparente et hyaline, ou la gaine interne de la racine ; en ce moment, il est impossible de ne pas reconnaître la gaîne externe dans les cellules périphériques restées opaques (fig. 77 A). En même temps apparaît plus nettement la papille du poil, dont de faibles traces s'étaient déjà montrées précédemment (fig. 76); le follicule lui-même devient également plus distinct, attendu que les cellules déposées à la face externe de sa membrane amorphe commencent à se transformer en fibres, reconnaissables déjà à leur direction entrecroisée. Dans les autres régions du corps, le développement du follicule pileux et des poils suit une marche tout à fait semblable à celle que nous venons de décrire pour le sourcil ; il est seulement plus tardif. Dans la quinzième semaine, excepté le front et le sourcil, aucune région ne montre encore de germes pileux. Entre la seizième et la dix-septième semaine, ils apparaissent sur foute la tête, au dos, à la poitrine et à l'abdomen, et ce n'est que dans la vingtième semaine qu'ils se développent sur les membres. Les poils ne se montrent jamais que trois à cinq semaines après le développement des germes ; aussi, pendant la dix-neuvième semaine, ne voit-on nulle part de poils dans les germes, si ce n'est au front et au sourcil : à la main, au pied et sur une partie de l'avant-bras, ils n'ont pas encore paru dans la vingt-quatrième semaine.

Une fois formés, les follicules pileux et les poils grandissent, et tantôt ces derniers perforent immédiatement l'épiderme (sourcils, cils) (fig. 77), tantôt leur pointe s'in-

Fic. 75. — Germe pileux du front, pris sur un embryon humain de seize semaines. Grossissement de 350 diamètres, a, couche cornée de l'épiderme; b, couche muqueuse; i, membrane amorphe cpii tapisse extérieurement la germe pileux, et se prolonge entre la couche muqueuse et le derme; m, cellules rondes ou allongées qui forment la masse principale du germe.

sinue en même temps quelagaîne interne également allongée, entre la couche cornée et le corps de Malpighi, ou même dans l'épaisseur de la couche cornée; dans ce dernier cas, ils continuent à croître pendant un certain temps, couverts par l'épi-

Fig. 76. Fig. 77.

derme (poitrine, abdomen, dos, extrémités?), et percent enfin au dehors. Jamais la peau ne se déprime pour aller à la rencontre du poil qui va le perforer.

Les poils follets (lamigo) ont tous percé au dehors entre la vingt-troisième et la vingt-cinquième semaine. Nous avons déjà dit un mot sur la disposition spéciale de ces poils courts et fins , qui mesurent 0'um, 022 au bouton, Omm,OI4 à la tige, et 0mnl,027 à 0""'\005 à la pointe. Ils sont blond-clair ou presque incolores, et se composent simplement d'une substance corticale et d'une pellicule épidermique. Leur bouton est presque toujours incolore chez l'homme , et repose sur une papille souvent très distincte qui s'élève, comme d'ordinaire, du fond des follicules. Celui-ci possède les trois couches qu'il présente chez l'adulte, avec un revêtement épidermique très développé ; la gaîne externe de la racine a 0mn,,009 à 0mm,027 d'épaisseur, l'interne 0mm,01 4 à 0mm,0 !8, et n'offre point de vides.

Après avoir perforé l'épiderme, les poils follets continuent à croître très lentement, jusqu'à ce qu'ils aient atteint une longueur d'environ 7 à \ 4 millimètres, plus consi-

Fig. 76. — Germo pileux du sourcil, de 0mm,50 de longueur et grossi 50 fois ; les cellules internes y forment un cône distinct ; ou n'y voit pas encore de poil, mais la papille y est déjà dessinée, a, couche cornée de l'épiderme ; b, couche muqueuse ; c, gaîne externe du follicule pileux; i, membrane amorphe à la face externe de cette gaîne ; h, papille du poil.

Fig. 77. — A. Germe pileux du sourcil, dont le poil, long de 0mm,65, vient de naître et n'a pas encore percé au dehors. La gaîne interne s'élève au-dessus de la pointe du poil, et deux épaississements verruqueux de la gaîne externe se montrent sur les côtés du goulot du follicule : ce sont les rudiments des glandes sébacées.

B. Follicule pileux du sourcil dont le poil vient de percer l'épiderme; la gaîne interne de la racine s'avance dans l'orifice du follicule ; ici il n'y a pas encore de rudiment de glandes sébacées.

a, b, c, h, i, comme dans la figure 76. e, bulbe; f, tige; g, pointe du poil ; n, germe des glandes sébacées.

dérable à la tôle que partout ailleurs; ils persistent dans cet état pendant toute la durée de la vie fœtale , en prenant insensiblement une coloration un peu plus foncée, quelquefois même noirâtre, comme cela se voit à la tête. Un très petit nombre tombent en se mêlant à l'eau de l'amnios , avec laquelle le fœtus les avale ordinairement; on les retrouve alors dans le méconium. Ainsi, d'après ce que j'ai pu voir, il ne survient pas de mue spéciale des poils pendant la vie fœtale; bien plus, les enfants naissent avec les poils follets. Lorsque ceux-ci ont tous paru au dehors, il ne se montre plus dorénavant aucune trace de poils nouvellement formés.

La question de savoir si la pointe des poils se développe la première, ou s'il se forme dès l'abord des poils complets, quoique très petits, cette question si souvent controversée, et que Reichert vient de soulever de nouveau (Müll., Arck., 1852. Jahresb., p. 20), est facile à résoudre. Les poils qui viennent de naître sont munis d'un bulbe à cellules molles, d'une pointe formée de matière cornée, et d'une partie intermédiaire dans laquelle on trouve des cellules cornées et des cellules établissant le passage à celles de la racine ; il est évident que c'est là un poil complet. Que, plus tard, la partie cornée de ce petit poil devienne la pointe d'un poil plus gros, cela ne change rien à la chose ; il ne sera pas permis pour cela d'appeler les premiers poils des pointes, pas plus qu'on ne donnera ce nom aux cheveux d'un nouveau-né, parce qu'au bout d'un certain temps leur partie cornée n'apparaît plus que comme la pointe d'un cheveu plus long. On ne soutiendra pas non plus que le petit poil primitif du fœtus se transforme tout entier en pointe d'un poil plus gros ; car les poils ne croissent pas comme les os, par simple apposition d'éléments nouveaux, mais bien^«r multiplication des cellules molles placées à leur partie inférieure, cellules dont les unes restent en réserve pour servir à une nouvelle production de cellules, tandis que les autres se transforment en matière cornée ; c'est ce qui fait que les cellules du bulbe pileux, même complètement développé, peuvent encore être considérées comme des rejetons de celles du poil fœtal.

§ 67. Phénomène de la mue. ■ — Après la naissance survient une mue générale, c'est-à-dire que dans les follicules mêmes des poils follets se développent des poils nouveaux, qui peu à peu expulsent les anciens. Cette mue, que j'ai observée sur les cils d'un enfant âgé d'un an, s'opère de la manière suivante : Dans le fond du follicule, il se fait une hypertrophie des cellules molles du bulbe et de la gaine externe de la racine, d'où résultent des prolongements celluleux qui soulèvent le poil d'au-dessus de sa papille ; en même.temps la partie inférieure du poil passe à l'état corné. Lorsque ces prolongements sont parvenus à une longueur de ümm,55 (fig. 78 A), il s'établit entre leurs cellules internes et leurs cellules externes une séparation analogue à celle que nous avons décrite dans les prolongements de la couche de Malpighi, à propos du développement des poils follets. En effet, tandis que les plus externes conservent leur caractère primitif de cellules rondes et incolores, les plus internes commencent à se charger de pigment et à croître en longueur; elles forment ainsi une masse conique à sommet dirigé en haut, et séparée des cellules externespar des limites précises. Or, cette masse centrale est d'abord molle (fig. 78 A) et très soluble dans la soude, de môme que la couche externe de cellules; mais plus tard, quand elle s'est allongée davantage, ainsi que le prolongement qui l'enferme, ses éléments prennent plus de consistance, en même temps qu'ils se distinguent en deux parties, l'une interne, foncée et chargée de pigment, l'autre ex-

FUÉiNOMÈNE DE LA MUE. 165

terne et claire; ces deux parties ne sont autre chose que le jeune poil et sa gaine interne (fig. 78 B).

La pointe du jeune poil ne dépassait pas d'abord sa gaine interne : mais peu à peu, le poil se développant en longueur, elle s'élève jusqu'à l'orifice de l'ancien follicule ; pendant ce temps , sa gaîne s'allonge de même et pousse vers le haut le bulbe du poil mort; enfin le nouveau poil sort par l'orifice du follicule , parallèlement à l'ancien, qui s'est encore plus rapproché de la surface. Une fois le développement arrivé à ce point , le dernier temps

s'effectue presque sponta- à 6 nément : l'ancien poil, qui Fig. 78.

depuis longtemps a cessé de croître , et qui n'adhère plus avec le fond du follicule , est poussé de plus en plus vers f l'extérieur et finit par tomber; le jeune poil, au contraire, grandit dans toutes ses dimensions, et remplit le vide laissé FlG 79 par l'ancien. — Le primum movens de cette mortification et de cette expulsion des poils me semble résider dans le développement, au fond du follicule, des prolongements du bulbe et de la gaine externe dont nous avons parlé. Comme le follicule ne s'allonge pas d'une quantité correspondante, il en résulte que toutes les parties situées au-dessus des prolongements sont soulevées, et que le poil véritable, c'est-à-dire le point où les cellules rondes du bulbe commencent à s'allonger et à durcir, s'éloigne de plus en plus de la papille. Le poil, ainsi détaché de la base qui lui four-

Fig. 78. — Cils arrachés sur un enfant d'environ un an, et grossis environ 20 fois.

A. Cil avec un prolongement du bulbe ou de la gaîne externe de la racine, long de 0""", 56 ; les cellules centrales de ce prolongement sont allongées (on n'a pas figuré leur pigment) et représentent un cône parfaitement séparé des cellules externes.

B. Cil avec un prolongement de 0""",7, dont le cône interne est divisé en poil et en gaîne interne de la racine. L'ancien poil est remonté vers la surface, et possède une gaîne interne, de même qu'en A et dans la figure 77.

a, Gaîne externe de la racine du jeune poil ; b, sa gaîne interne; c, fossette servant à loger la papille; d, bouton de l'ancien poil; e, sa tige; f, bouton du poil nouveau; g, sa tige, h, sa pointe ; i, glandes sébacées ; k, trois canaux sudorifères, qui en A s'abouchent avec bipartie supérieure du follicule pileux; i, continuation de la gaîne avec la couche muqueuse de l'épiderme.

Fig. 79. — Cil et gaînes de la racine d'un enfant d'un an, présentant un poil ancien et un poil en voie de développement. Grossissement de 20 diamètres. Le jeune poil a paru au dehors , de sorte que l'orifice du follicule est traversé par deux poils. Un canal sudorifèro s'ouvre dans le follicule. Les lettres indiquent les mêmes parties que dans la figure 78.

nissait ses éléments nutritifs, reçoit de moins en moins de blastèmo, s'arrête dans son développement et passe à l'état corné, même dans sa partie inférieure. Au contraire, les cellules des prolongements, en connexion avec la papille, puisent sans cesse en elle de nouveaux matériaux qu'elles utilisent pour leur propre développement, au lieu de les faire servir à la formation de substance cornée ; ces prolongements prennent ainsi une longueur toujours croissante, et, par une action toute mécanique , chassent l'ancienne racine, entourée de ses gaines, vers l'orifice du follicule où, selon toute apparence, une portion des gaines est dissoute ; cette dissolution peut être parfaitement constatée sur la gaine interne, et doit être admise également pour la gaine externe.

Ge qui précède ne s'applique qu'aux cils; chez l'enfant âgé d'un an dont nous avons parlé, les follicules de la tète et ceux du reste du corps ne contenaient chacun qu'un poil ; mais on voyait, au-dessous du bulbe, des prolongements en tout semblables à ceux qui précèdent la mue dans les cils. Pendant l'année qui suit la naissance, ces prolongements se rencontrent sur la plupart des poils , et de leur existence , je me crois fondé à conclure à une mue générale , d'autant plus qu'il est certain que, dans les deux à six mois après la naissance, beaucoup d'enfants perdent leurs cheveux, qui sont remplacés ensuite par d'autres. Quoi qu'il en soit, de nouvelles observations sont nécessaires pour déterminer quelle est la durée de la mue et quels sont les poils qui y sont soumis ; peut-être aussi trouvera-t-on que des mues semblables ont lieu dans un âge plus avancé.

Si nous comparons entre eux la mue et le premier développement des poils, nous trouverons une grande analogie entre ces deux phénomènes. Dans les deux cas, le corps de Malpighi, soit de la peau elle-même, soit du follicule du poil, pousse des espèces de bourgeons allongés, entièrement formés de cellules sphériques et molles. Ces cellulesne tardent pas à se séparer en deux couches, dont l'interne formera le poil et la gaîne interne, dont l'externe constituera la gaine externe. Le poil se montre, dès le principe, avec toutes ses parties, pointe, tige et racine ; ce n'est que plus tard qu'il s'accroît, qu'il grandit en tous ses points et qu'il parait entin à la superficie. Cette circonstance, qui marque aussi le développement des ongles, est encore plus facile à observer pendant la mue que dans le premier développement des poils. Les différences entre ces deux modes d'évolution sont insignifiantes ; elles consistentprincipalement en ce que le germe du poil a pour point de départ, dans un cas, le corps de Malpighi, dans l'autre, l'ancien poil, et en ce que le poil perce plus facilement à l'extérieur lorsqu'un follicule existait déjà, bien que, dans les deux cas, il soit d'abord renfermé dans une cavité close de toutes parts.

Les observations de Heusinger et de Kohlrausch . les recherches récentes de Langer, de Gegenbaur et de Steinlein établissent que, dans la mue périodique des animaux, les poils nouveaux se développent également dans les follicules des anciens; mais suivant Steinlein, en opposition sur quelques points avec Langer, les phénomènes ne seraient pas tout à fait les mêmes que chez l'homme.

§ 68. Remarques physiologiques. — Les poils ont une longueur déterminée, différente suivant la région et suivant le sexe; ils repoussent quand on les a coupés, et se comportent, par conséquent, comme les autres productions cornées. Le point de départ de cet accroissement est évidemment

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le fond du follicule ; sous l'influence d'un blastème qui transsude à travers les vaisseaux du follicule pileux ou de la papille, des cellules nouvelles se développent autour de cette dernière, par multiplication des cellules déjà existantes; pendant ce temps, celles des couches situées un peu au-dessus se transforment, celles de l'axe en cellules médullaires, les plus extérieures en cellules épidermiques, les autres en lamelles corticales. C'est par ce mécanisme que la partie cornée du poil s'allonge de plus en plus, eu même temps qu'elle est poussée vers la superficie. Dans le poil lui-même, il ne se développe aucun élément nouveau ; il s'y fait seulement des modifications des éléments existants, d'où résulte un amincissement graduel de la racine, à partir du bulbe, jusqu'à ce qu'elle ait pris l'épaisseur de la tige. Plus haut, ces modifications elles-mêmes font défaut ; c'est pourquoi la pointe des poils ne se reproduit pas après avoir été retranchée. Les gaines de la racine et leur pellicule épidermique ne prennent aucune part à l'accroissement des poils qui ont été coupés.

Bien que privé de vaisseaux, le poil complètement développé n'est point un corps sans vie. Les phénomènes qui se passent dans son intérieur sont encore, il est vrai, dans une obscurité complète, mais on peut admettre qu'il est traversé par des fluides destinés à le nourrir et à le conserver. Ces lluides proviennent des vaisseaux de la papille et du follicule pileux, s'élèvent du bulbe dans la substance corticale, sans être renfermés dans des canaux spéciaux, et pénètrent dans toutes les parties du poil. Après avoir servi à la nutrition, ils s'évaporent à la surface du poil, et d'autres sucs viennent les remplacer. Peut-être les poils absorbent-ils aussi des liquides du dehors, à l'état de vapeurs évidemment, comme fait le cheveu des hygromètres. Mais je ne puis croire que le produit des glandes sébacées pénètre dans la substance des poils, comme le veulent quelques auteurs ; il me paraît trouver un obstacle infranchissable dans l'épiderme qui entoure les poils de toutes parts. 11 ne m'est pas prouvé non plus que les poils soient traversés par un fluide oléagineux spécial (Laer), provenant de la substance médullaire (Reichert), et servant à les graisser; car l'existence d'un tel fluide ne peut être démontrée, et l'état gras des poils s'explique bien plus simplement par la matière sébacée qu'on voit adhérer à leur surface. La formation d air dans le cordon médullaire et dansl'écorce ne peut dépendre que d'un défaut de rapport entre les principes qui affluent dans le poil et ceux qui en sortent par évaporation; elle résulte d'une véritable dessiccation du poil, qui pourtant ne perd pas toutes ses parties liquides , même là où il contient de l'air. Quoi qu'il en soit, les éléments pleins d'air doivent être considérés comme ceux qui jouissent de la vitalité la moins considérable, qui se rapprochent le plus de la matière morte ; la substance corticale, au contraire, nonobstant l'apparence dure et rigide de ses éléments, forme la partie du poil la plus riche en sucs, celle qui participe le plus au mouvement nutritif ; c'est elle aussi qui se modifie le plus facilement sous l'influence des alcalis. — Ainsi, le poil jouit d'une vie propre, dépendante, sous certains rapports, de l'organisme tout entier, mais plus spécialement de la peau, des

vaisseaux de laquelle (c'est-à-dire ceux du follicule) il tire les matériaux nécessaires à sa subsistance. On est donc autorisé à conclure, comme Henle le fait parfaitement remarquer, de l'état des cheveux au degré d'activité de la peau ; les cheveux sont-ils souples et luisants? c'est une preuve que la peau est turgescente et moite ; sont-ils, au contraire, secs, durs et hérissés? on peut affirmer que le tégument cutané est dans un étatde collapsus. Il est certain que, dans beaucoup de cas, la chute des cheveux, celle, par exemple, qui a lieu dans le cours normal du développement, n'est provoquée que par un manque de principes nutritifs ; dans la mue, au contraire, nous avons vu qu'elle est occasionnée par une production surabondante de cellules dans le follicule pileux, cellules qui détachent le poil de sa matrice ; dans un âge avancé, la chute des cheveux dépend de l'oblitération des vaisseaux du follicule pileux. — Lorsque les cheveux blanchissent , c'est principalement la substance corticale qui se décolore, car la moelle est presque incolore. Cette décoloration des cheveux doit être rattachée à la même cause qui provoque leur chute; ne survenant habituellement que dans un âge avancé, elle a tous les caractères d'un phénomène de décrépitude. Les nombreux cas dans lesquels les cheveux ont commencé à grisonner par leur pointe ou par leur partie moyenne, les faits parfaitement constatés de cheveux devenus blancs subitement, tous ces faits sont très intéressants, et plaident vivement en faveur de la vitalité des poils ; mais on n'a pas encore réussi à préciser quels sont les phénomènes spéciaux qui doivent se passer dans les poils pour amener leur décoloration.

Nous avons vu que, dans la première période de la vie, des poils non • veaux viennent occuper la place de ceux qui sont tombés; quelque chose de semblable a lieu aussi dans un âge plus avancé. Il est parfaitement certain que, pendant toute la durée de l'âge mur, les poils qui tombent sont incessamment remplacés par des poils nouveaux, et qu'à l'époque de la puberté certaines régions se couvrent d'un nombre considérable de poils; mais quelle est la cause de ces faits? Nous l'ignorons complètement. Chez l'adulte, on rencontre quelquefois, comme chez l'enfant, des poils dont les racines présentent de petits prolongements à leur partie inférieure, tandis que la partie cornée du poil se termine nettement et en crosse ; d'un autre côté, il n'est pas rare de voir deux poils sortir par une seule ouverture, ou même être renfermés dans un follicule unique; enfin, les poils éliminés spontanément sont pourvus d'une racine analogue à celle des poils tombés pendant la première mue ; toutes ces circonstances permettent de supposer qu'il se fait, même chez l'adulte, de véritables mues, c'est-à-dire que les follicules anciens se débarrassent de leurs poils, pour en produire de nouveaux. Je ne veux pas dire par là qu'après la naissance il ne se produise pas des poils dans des endroits où il n'en a jamais existé; je prétends seulement que chez l'adulte il faut mettre en première ligne la régénération dont les follicules déjà existants seraient le point de départ ; ce fait paraîtra encore plus probable quand on se rappellera que, d'après les observations de Heusinger, les poils tactiles d'un chien se reproduisent dans les mêmes follicules peu de jours

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