DES GLANDES DE LA PEAU
ARTICLE Itr. DES GLANDES SUDORIPARES.
§ 69. Distribution «les glandes sudoriparcs. — Les (jlaïldes sudoripaves
ont pour fonction de sécréter la sueur ; elles consistent tout simplement en un canal délié, plus ou moins tortueux, et se trouvent répandues dans la peau tout entière, à l'exception de celle qui revêt la face concave du pavillon de l'oreille, de celle du conduit auditif et'du gland du pénis, delà lame interne duprépuceet de la peau d'un petit nombre d'autres régions ; elles s'ouvrent à la surface du corps par un grand nombre d'orifices très étroits.
§ 70. Composition de ces glandes. — Dans chaque glande sudoripare (fig. U5 g, fig. 80) on distingue le glomêrule glandulaire (fig. 80 a, fig. £i5 g) ou la glande proprement dite , et le canal excréteur, ou canal sudorifère (fig.
/i5 h , fig. 80 b). Les glomérules glandulaires sont de petites masses arrondies ou ovalaires, de couleur jaune ou jaune-rougeâtre, transparentes, et mesurant généralement 0m"\33, 0mm,45 en diamètre; mais aux paupières, dans la ( peau du pénis, du scrotum, du nez , de la face convexe du pavillon de l'oreille, ils n'ont que 0ram,23 à 0mm,19, tandis que dans l'aréole et dans son voisinage, à la racine du pénis, entre] le scrotum et le périnée ils peuvent atteindre jusqu'à 1 millimètre de diamètre; enfin, dans la partie velue de la cavité axillaire, leur épaisseur peut s'élever à 1, 2 et 3 millimètres, et leur largeur, à 2-7 millimètres.
Fig. 80. — Glomêrule d'une glande sudoripare, avec ses vaisseaux ; grossi 35 fois, a, peloton glandulaire; b, conduit excréteur ou canal sudorifère; c, vaisseaux d'un glomêrule glandulaire. D'après Todd et Bowman.
Les glandes sudoripares sont généralement logées dans les mailles de la partie réticulaire du derme , plus ou moins profondément , entourées de petits lobules de graisse et d'un tissu conjonctif lâche, à côté ou au-dessous des follicules pileux. Rarement on les rencontre dans le tissu cellulaire souscutané ou sur sa limite, si ce n'est dans l'aisselle ; cela arrive cependant dans l'aréole, aux paupières, au pénis et au scrotum, dans la paume de la main et à la plante du pied. Dans ces deux dernières régions, elles forment des séries régulières rangées au-dessous des crêtes du derme et composées de glandes également espacées les unes des autres. Partout ailleurs, leur distribution est généralement régulière ; il y a ordinairement une ou deux glandes dans chaque maille du derme ; mais, d'après Krause, il y a des espaces de 1 millimètre à 0mm,50 où elles peuvent manquer complètement, ou bien former des groupes de trois ou quatre glandes. Dans la cavité axillaire, elles constituent une couche continue au-dessous du derme.
Krause a trouvé de Z-iOO à 600 glandes sudoripares dans un pouce carré de peau de la face postérieure du tronc, des joues, et des deux premiers segments des extrémités inférieures ; il a compté 9*2 li à 1090 glandes sur la même étendue de peau prise sur la face antérieure du tronc, au cou, au front, à l'avant- bras, au clos de la main et du pied ; 2685 à la plante du pied, 2736 à la paume de la main. Krause estime que le nombre total des glandes sudoripares, sans compter celles de l'aisselle, est de 2 281 248 approximativement ; ce chiffre me paraît un peu trop fort. Le môme auteur évalue le volume total de ces glandes, y compris celles de l'aisselle, à 39 653 pouces cubes.
Les vaisseaux des glandes sudoripares se distinguent très bien autour de celles de l'aisselle (fig. 80) ; mais on peut les voir aussi cà et là sur les autres glandes, surtout au pénis, où des glandes de 0""11, 901, par exemple, reçoivent, dans leur épaisseur, de très belles branches d'une artère de Qmn\lA de diamètre. Sur des portions de peau dont l'injection a parfaitement réussi, les glandes sudoripares se présentent sous l'aspect de petits corps rougeàtrès. — Jusqu'ici on n'y a pas découvert de nerfs.
Dernièrement Robin (Ann. des se. natur., 1845, p. 380) a fait une classe spéciale des grosses glandes sudoripares qu'on trouve dans la cavité axillaire. Ces glandes, il est vrai, sont munies de canaux glandulaires plus larges et de parois plus musculeuses que les glandes sudoripares ordinaires ; mais il existe de si nombreuses transitions entre ces dernières et les glandes axillaires, que la distinction établie par Robin ne me paraît nullement justifiée.
§ 71. stE'uctMi'e infime du gioméi'iaie glandulaire. — Ordinairement les glandes sudoripares sont formées par un canal unique, très tortueux, roulé en peloton, et que Krause a trouvé, dans un cas, long de l,mn,60. Ce canal conserve généralement le même calibre dans tout son trajet, et se termine, soit à la surface de la glande, soit dans son intérieur, par une extrémité borgne un peu renflée. C'est seulement dans les grosses glandes de l'aisselle que le canal glandulaire se ramifie ; le plus souvent il donne naissance, dans ces glandes, à plusieurs branches, qui, elles-mêmes, se subdi-
STRUCTURE INTIME PU GkOMERULE GLANDULAIRE.
visent, mais s'anastomosent très rarement entre elles, et fournissent souvent de petits culs-de-sac latéraux avant de se terminer en coecum,
Le&parois des canaux glandulaires sont tantôt minces, tantôt épaisses (fig. 81 ) , Dans le premier cas (fig, 81 A), elles ont une enveloppe fibreuse externe, qui se compose d'un tissu conjonctif vague- A ^
ment fibreux et parsemé • ,;
de noyaux allongés ; plus Ä
des cellules profondes
de répithélium pavimenteux, si ce n'est qu'elles renferment fréquemment des granulations graisseuses, plus souvent encore un petit nombre de grains pigmentaires jaunes ou brunâtres. Les canaux sudoripares à parois épaisses (fig. 81 B) sont munis, outre les couches précédentes, d'une couche de fibres musculaires dirigées longitudinalement, dont les éléments s'isolent très facilement et se montrent sous la forme de fibres cellules musculaires de 0mm,034 à 0m,",090 de long et 0 ,003 à0",m,01t de
large, renfermant constamment un noyau oblong, et accidentellement quelques granulations pigmentaires. Toutes les fois que les utricules glandulaires ne contiennent que du liquide, l'épitliélium forme une couche simple et très distincte de cellules polygonales qui ont de 0mm,014à 0mm,03/i en diamètre; dans les autres cas, il est, au contraire, très difficile, sinon impossible de le distinguer. Quant à la répartition de ces deux formes de canaux glandulaires , il se trouve que l'épaisseur des parois et la structure musculaire se rencontrent surtout dans les glandes volumineuses de l'aisselle ; ces glandes ont des parois musculeuses dans tout leur trajet, ce qui leur donne un aspect strié tout à fait spécial. — Les grosses glandes de la racine du pénis et de l'aréole sont les seules qui aient une structure complètement identique avec celle des glandes axillaires ; mais on trouve des parois musculaires, plus faibles, il est vrai, ou moins développées, en plu-
Fig. 81. — Canaux des glandes sudoripares, grossis 330 fois.
A. Canal à parois minces, non musculaires avec une cavité centrale, pris sur la main. a, enveloppe de tissu conjonctif; b, épithélium ; c, lumière du canal.
B. Portion de canal dépourvue de cavité, avec des parois musculaires ; prise sur le scrotum, a, tissu conjonctif; b, couche de muscles; c, cellules remplissant le canal glandulaire, et présentant des granulations jaunes dans leur contenu.
en dedans se trouve une membrane propre , que Virchow a réussi à isoler, et qui est tapissée d une couche simple ou multiple de cellules polygonales de 0n,,u,011 à 0mn\016. Ces dernières ont des caractères en tout semblables à ceux
Fig, 81,
sieurs autres régions, entre autres dans les glandes de la paume de la main, dont les larges canaux, remarquables par l'épaisseur de leurs parois, présentent des fibres musculaires assez nettes, quoique moins abondantes que dans les glandes axillaires. On pourrait en dire autant de certaines glandes du scrotum, du dos, des grandes lèvres, du mont de Vénus et de la région anale, en faisant cette restriction, cependant, que souvent il n'y a de fibres musculaires que sur une très faible étendue du canal glandulaire, ou même uniquement à sa terminaison en cul-de-sac. Parmi les glandes à parois minces et privées de muscles, il faut ranger celles de la jambe, du pénis, de la mamelle ( sauf l'aréole ), des paupières, la plupart de celles du dos et de la cuisse, de la poitrine et de l'abdomen , ainsi que des deux premiers segments des membres supérieurs.
Le diamètre des canaux glandulaires varie, dans les petites glandes , entre les 0m'",049 et 0",m,090, et comporte en moyenne 0""n,067 ; l'épaisseur des parois mesure de O'nm,00/i à 0mm,007 ; l'épithélium, 0""n,01Zi, et la lumière du canal, entre 0m,n,009 et 0"",022. Les glandes de l'aisselle contiennent des canaux dont le diamètre est de 0""",16 à 0""",22, et peut même atteindre 0""",03û, et dont les parois ont jusqu'à 0m'", 013 d'épaisseur, sans compter l'épithélium ; sur cette épaisseur moitié revient à la couche musculaire. Mais il y a aussi des glandes, et ce sont même les plus volumineuses, dont les canaux n'ont qu'un diamètre de 0m"',068 à 0n"",l35, avec des parois de 0mm,009 d'épaisseur. Dans les glandes de l'aréole et des parties génitales, les dimensions sont tout aussi variables que dans les glandes volumineuses; ces variations se font néanmoins dans des limites plus restreintes.
Les glomérules de toutes les glandes sudoripares sont traversés, dans leur épaisseur, par des faisceaux de tissu conjonctif qui contiennent parfois des cellules graisseuses, et qui servent à soutenir les vaisseaux sanguins et à relier entre elles les diverses circonvolutions des canaux sécréteurs. Une membrane fibreuse enveloppe le peloton tout entier; elle se compose de tissu conjonctif ordinaire, renfermant des cellules plasmatiques; cette membrane est surtout bien développée dans les glandes situées dans le tissu cellulaire sous-cutané (pénis, aisselle, etc.).
Les fibres musculaires que j'ai décrites dans les glandes de certaines régions, ont été niées par Eylandt [l. c, p. 21) et par Tobien; je ne puis concevoir ce fait qu'en admettant que ces auteurs n'ont jamais examiné de glandes à larges canaux. Quand on lit dans Tobien, étudiant les glandes de l'aisselle et de la plante du pied, que leurs canaux ontde 0mm,023 à 0mm,056, tandis que j'en ai trouvé qui avaient jusqu'à 0mm,34, on est tenté de croire que, dans le nord, il n'existe pas de glandes axillaires bien développées.
§ 72. Sécrétion des glandes sudoripares. — Toutes les petites glandes
sudoripares dans les canaux desquelles existe une cavité appréciable, ce qui n'a pas toujours lieu, ne contiennent qu'un liquide clair, transparent, sans trace de parties organisées ; dans les glandes axillaires, au contraire , on trouve un contenu riche en matériaux organisés ; ces matériaux sont tantôt une substance grisâtre, vue par transparence, peu fluide, renfermant