SÉCRÉTION DES GLANDES SUDORIPARES
une quantité innombrable de granulations fines et pales et quelquefois des noyaux isolés ; et tantôt une masse d'un blanc jaunâtre , assez visqueuse, contenant un nombre considérable de grosses granulations foncées, incolores ou jaunâtres, des noyaux et des cellules semblables aux cellules épithéliales que nous avons décrites. Ce contenu m'a paru renfermer beaucoup de protéine et de graisse ; il est évident qu'il s'éloigne notablement de la sueur ordinaire, qui est fluide et ne contient pas d'éléments constituants organisés ; peut-être faudrait-il le rapprocher plutôt de la matière sébacée. Cette circonstance pourrait engager les anatomistes à rayer les glandes axilläres de la classe des glandes sudoripares , et à considérer leur produit comme résultant d'une sécrétion spéciale. Mais il arrive quelquefois que les glandes de l'aisselle contiennent une matière très peu granuleuse, ou même simplement un liquide; en outre, parmi ces grosses glandes il s'en trouve de petites, qui passent graduellement, eu égard au contenu, aux véritables glandes axillaires d'un côté, aux glandes sudoripares ordinaires de l'autre. Ajoutez à cela que, par exception, les glandes sudoripares de quelques autres régions, celles de l'aréole, par exemple, peuvent charrier un liquide fortement chargé de granulations , et vous serez convaincu que le produit sécrété ne peut pas servir de base à une distinction entre les grosses glandes de l'aisselle et les glandes sudoripares ordinaires; surtout quand nous ignorons complètement si, sous l'influence de certaines circonstances, ces dernières ne contiennent pas aussi quelquefois des granulations.
Le développement de ce contenu glanduleux doit être rapporté aux cellules qui se forment dans les culs-de-sac glandulaires. En effet , on trouve souvent dans ces derniers des cellules pleines de granulations, cellules qu'on rencontre aussi à l'état de liberté dans les canaux glandulaires, dont elles constituent quelquefois à elles seules tout le contenu. Il n'est pas rare non plus de voir, sur une même glande, les extrémités des utricules glandulaires n'enfermer que des cellules , et le conduit excréteur charrier seulement des granulations et quelques rares noyaux libres , presque sans trace de cellules ; il nous sera donc permis de supposer qu'au fur et à mesure que les cellules cheminent dans les voies glandulaires , elles se dissolvent en laissant échapper leur noyau et leurs granulations. Ces cellules procèdent évidemment des cellules épithéliales qui tapissent les canaux du glomérule glandulaire, car, clans certains cas, il n'existe aucune différence entre les cellules du contenu et celles de l'épithélium ; dans d'autres cas, où les glandes elles-mêmes renferment un produit celluleux ou granuleux, l'épithélium manque presque toujours complètement, de sorte que le contenu est en rapport immédiat avec la membrane propre. D'un autre côté, comme les glandes qui ne charrient qu'un fluide limpide possèdent toujours un épithélium très net , dont les cellules renferment quelquefois de nombreuses granulations foncées et colorées (même jaune d'or), il est très probable que les cellules du contenu ne sont que des cellules épithéliales éliminées, et que la sécrétion en général consiste en une formation et une élimination perpétuelles des cellules épithéliales.
La sécrétion des glandes sudoripares est encore fort mal connue, qu'on l'envisage au point cle vue chimique ou au point de vue microscopique. La sécrétion spéciale des glandes de l'aisselle, dont le produit renferme beaucoup de graisse et d'une substance azotée, me paraît être un fait de la plus haute importance, car l'identité de structure qui existe entre ces glandes et les autres glandes sudoripares pourra peutêtre conduire un jour à la solution du problème de la sécrétion de ces dernières. Nous savons déjà que la sueur ordinaire renferme des matériaux azotés (extraits) et de la graisse, ainsi que Krause l'a démontré positivement (/. c, p. 4 46) ; on se demandera dès lors si ces substances ne deviennent pas plus abondantes dans certaines régions (main, pied, par exemple), ou dans certaines circonstances (sueurs locales, visqueuses ou d'une odeur spéciale). Jusqu'à présent, je n'ai rencontré ni dans la sueur de l'homme, ni dans les petites glandes, ce qu'on a appelé les corpuscules de la sueur (Henle, p. 493), c'est-à-dire des formations analogues aux corpuscules muqueux ; je désire cependant attirer l'attention sur cette circonstance, que, dans les petites glandes , il existe des canaux qui ne sont pas creux, mais entièrement remplis de cellules épithéliales (fig. 81 B). Ce fait m'a paru presque constant au voisinage des culs-de-sac terminaux, tandis que les canaux qui sont peu éloignés du conduit excréteur ont toujours une lumière de 0mm,009 à 0mm,022. Il n'est donc pas impossible, à mon avis, que de temps en temps il se forme un produit celluleux dans les glandes sudoripares ordinaires, absolument comme dans les glandes axillaires ; car l'étude des utricules de ces dernières ne permet pas de douter que la sueur de l'aisselle ne renferme des granulations de noyaux, et peut-être des portions de cellules. — La sueur présente-t-elle des différences notables chez les divers individus, chez les diverses races ? C'est ce qu'on n'a pas déterminé, car nous ignorons encore si l'odeur spéciale de la transpiration cutanée de l'Européen et du nègre, par exemple, dépend de la sueur ou des matériaux de la Perspiration cutanée ; nous connaissons tout aussi peu, au point de vue microscopique du moins, quelles sont les modifications qu'impriment à la sueur les divers états pathologiques.
§ 73. Canaux sMdon-îffères. — Les canaux excréteurs des glandes sudoripares, ouïes conduits sudorifèrcs , conduits spiraux (fig. 45, 82), commencent à l'extrémité supérieure des pelotons glandulaires sous la forme de canaux simples, s'élèvent verticalement et un peu en serpentant à travers le derme, et pénètrent dans l'épidémie en passant entre les papilles, jamais en traversant le sommet de ces dernières. Là, ils commencent à se contourner en spirale, et, suivant l'épaisseur de l'épiderme, à décrire deux à seize tours de spire plus ou moins grands, pour s'ouvrir enfin par un petit orifice arrondi ou quelquefois infundibulifofme ,• pote de la suew\ à la surface libre de l'épiderme, très rarement (voy. fig. 78, 79) dans l'intérieur des follicules pileux.
La longueur des conduits sudorifères dépend du siège de la glande et de l'épaisseur de la peau. Les conduits sont toujours plus étroits , à leur origine, que les canaux du glomérule glandulaire ; leur diamètre est d'abord de 0mm,020 à 0nin,,027, et reste le même jusqu'au point où ils pénètrent dans la couche de Malpighi ; là, il devient au moins deux fois plus considérable et peut atteindre 0""",054 et 0""",064 (fig. 82); ainsi élargi, le conduit traverse l'épiderme, et se termine par un orifice de ()""", 04 à Omm,ll de diamètre, .l'ai trouvé , sur une glande de l'aisselle, un canal excréteur qui mesurait 0 """ , \h à 0"'"y20 au niveau des follicules sébacées, prenait 0mm,07 immédiatement sous l'épiderme, et revenait à 0""", 1U dans l'épaisseur de l'épi-