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DÉVELOPPEMENT DES GLANDES SUDORIPARES

et par un épitbélium composé de plusieurs couches de cellules pâles, polygonales ou arrondies.

A la même époque, les glandes des autres régions du corps offraient un aspect semblable. Je ne puis rien dire sur leur état antérieur ; celles de la cavité axillaire elles-mêmes n'avaient rien qui pût les faire distinguer des autres. — A partir de ce moment , le développement marche très vite : l'extrémité de la glande s'allonge de plus en plus et s'enroule sur ellemême (fîg. 84, B), de manière à revêtir des caractères à peine différents de ceux qu'elle offre chez l'adulte. Chez l'enfant nouveau-né, le diamètre des glomérules du talon est de ()""", \h à ()mm,16 (chez un enfant de quatre mois, il n'est que de 0mm,14 à 0""",22 au talon, de 0""",27 à la main); les canaux dont ils se composent, présentent de nombreuses circonvolutions avec un diamètre de 0mm,034 à 0mm,045, et leurs conduits excréteurs, larges de 0m,",018 dans le derme, de 0:"'n,0/i8 dans le réseau de Malpighi , traversent déjà l'épiderme en se contournant en spirale.

Ces faits nous montrent que les glandes sudoripares ne résultent pas d'une sorte d'invagination de la peau, et que, dans l'origine, elles ne sont pas canaliculées; elles se présentent d'abord sous l'aspect d'une simple excroissance de la couche muqueuse de l'épiderme. Par suite d'un travail incessant de multiplication des cellules, ces premiers rudiments s'enfoncent de plus en plus dans le derme, et se divisent en glomérule glandulaire et en canal excréteur ; en même temps se forme une cavité interne, soit par liquéfaction des parties centrales, lesquelles constituent ainsi les premiers produits sécrétés, soit par sécrétion d'un liquide entre les cellules. — Comment se développent le canal sudorifère dans l'épiderme et l'embouchure de ce canal? C'est ce qu'on ne sait pas encore. Il est vraisemblable qu'ils se forment dans l'épaisseur même de l'épiderme. Quelques mesures que j'ai prises (Mikr. Anat., Iï, 1, p. 171) me font penser que certaines glandes sudoripares ne se développent qu'après le cinquième mois , mais qu'au moment de la naissance elles sont toutes complètement formées.

On connaît peu les caractères pathologiques des glandes sudoripares. Kohlrausch a trouvé des glandes sudoripares assez volumineuses ( I millimètre) dans un kyste de l'ovaire qui renfermait aussi des poils et des glandes sébacées. G. Simon et Brücke ont observé une augmentation du volume des glandes sudoripares dans l'éléphantiasis des Grecs, et de Bärensprung a fait la même remarque sur une espèce de verrues ; ce dernier auteur a vu aussi, sur des œils-de-perdrix, les glandes atrophiées , leurs canaux excréteurs manquant dans les couches extérieures de l'épiderme. On ignore quel est l'état des glandes sudoripares dans un âge avancé, lorsque la sécrétion de la sueur est complètement abolie, ou dans certains cas de sueurs anormales. Elles existaient dans un cas remarquable d'ichthyose congénitale que j'ai vu avec H. Müller sur un nouveau-né (ce cas se rapprochait beaucoup de celui qu'a décrit Steinhausen ; mais il était plus caractéristique encore) ; l'épiderme avait acquis jusqu'à 2 lignes d'épaisseur , et un certain nombre de canaux sudorifères s'y comportaient comme d'habitude ; d'autres, comme ceux de la plante du pied, devenaient presque horizontaux dans leur portion supérieure, et parcouraient ainsi un trajet de 3 millimètres environ sans offrir de flexuosités, de sorte que, sur des coupes horizontales, ils apparaissaient comme des canaux parallèles entre eux, étranges au

premier abord, et qui avaient une lumière de 0mm,0034 à 0n,m,007 de diamètre. Le contenu de ces canaux offrait aussi quelque chose de spécial : il était tout entier composé de gouttes blanches de graisse. — J'ai observé aussi des glandes sudoripares dans un cas décrit par Möhr, où une excavation considérable contenant des poils était creusée dans le poumon ; elles avaient 0mm,54 de diamètre, et siégeaient dans un pannicule -adipeux pourvu de cellules graisseuses ordinaires: car je dois faire observer que la paroi de cette cavité était composée, outre la couche adipeuse dont il vient d'être question, d'un derme garni de papilles et d'un épiderme, absolument comme la peau extérieure.

Pour étudier le siège des glandes sudoripares et de leurs conduits excréteurs, on se procurera des coupes très fines de la peau fraîche ou légèrement desséchée de la paume de la main ou de la plante du pied, et on les rendra transparentes au moyen de l'acide acétique ou de la soude. Gurlt emploie à cet effet la peau durcie et rendue translucide par une solution de carbonate de potasse. Giraldès fait macérer la peau pendant vingt-quatre heures dans l'acide nitrique étendu, puis dans l'eau pendant le même espace de temps, mode de traitement qui, d'après Krause, serait très avantageux, attendu qu'il donne aux glandes une couleur jaune qui les fait parfaitement ressortir sur le reste de la peau. Sur des lambeaux de peau qui ont macéré dans l'eau, on peut enlever l'épiderme avec le revêtement cellulaire des canaux sudorifères , et même, d'après Tobien, leur enveloppe de tissu conjonctif, sous forme de longs boyaux. J'ai pu assez souvent arriver au même résultat en traitant par l'acide acétique concentré des lambeaux de peau pris dans des régions où elle est fort mince. L'étude des glomérules glandulaires est très facile sur les glandes axillaires ; partout ailleurs il faut disséquer la peau de dedans en dehors, et rechercher les glandes soit à sa face interne, soit dans ses mailles ; on réussit facilement avec un peu d'attention, principalement à la main, au pied et au mamelon. Pour la démonstration, on se servira avec avantage des grosses glandes décrites par Gurlt à la face plantaire du pied du chien , ou mieux encore des grosses glandes qu'on trouve tout isolées dans le tissu cellulaire sous-cutané du pis de la jument. Pour compter les glandes, on peut chercher leurs embouchures sur des sections horizontales, ou bien examiner attentivement une étendue déterminée de peau traitée par la méthode de Giraldès (Krause) . L'étude du développement des glandes sera faite sur des coupes pratiquées au moyen du couteau double ou du rasoir sur la peau fraîche ou desséchée de la plante du pied et de la paume de la main, chez les embryons. Même chez ceux qui ont été conservés dans l'alcool, on peut encore voir très bien les glandes sudoripares, en ayant soin de faire des coupes fines, ou immédiatement après y avoir ajouté de la soude caustique.

Bibliographie. — Breschet et Roussel de Vauzème, Recherches anatomiques et physiologiques sur les appareils tégumentaires des animaux, dans Ann. des se. nai., 1 834, p. 167 et 321 (découverte des glandes sudoripares). — Gurlt, Vergleichende Untersuchungen über die Haut des Menschen und der Haussäugethier e, besonders in Bezug auf die Absonderungsorgane des Hauttalges und des Schweisses, dans Müller s Archiv, 1 835, p. 399 ( première bonne représentation des glandes elles-mêmes). — Tobien, De glandulär um ductib. efferent. Dorp. , 1 853, p. 8 . — Voyez, en outre, les traités généraux, particulièrement ceux de Todd Bowman, Henle, Valentin, Hassall et le mien ; les mémoires cités à propos de la peau, de Krause, moi, Simon, de Bärensprung et Wilson ; puis les planches de Berres, tab, XXIV; de R. Wagner, Icon. phys,, tab. XVI, fig. 9; d'Ecker, Icon. phys., tab. XVII; de F. Arnold, Icon. org. sens., tab. XI, et les miennes [Mikr. anat., tab. I).

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