DÉVELOPPEMENT DES GLANDES SUDORIPARES
derme. — Dans le derme , les conduits sudorifères présentent toujours une lumière très nette , une enveloppe externe de tissu conjonctif avec des noyaux allongés (ceux des glandes de l'aisselle ont encore des fibres musculaires, dans leur portion inférieure, du moins), et un épithélium formé , au moins , de deux couches de cellules polygonales à noyau, sans granulations pigmentaires. En pénétrant dans l'épiderme , ils perdent leur enveloppe de tissu conjonctif, qui se confond avec les couches superficielles du derme ; leurs limites ne sont plus marquées , dès lors , que par des couches de cellules , cellules à noyau dans le corps de Malpighi , cellules sans noyau dans la couche cornée, mais tout à fait semblables, au point de vue chimique et morphologique , à celles de l'épiderme , dont elles ne diffèrent que par leur position verticale , notamment dans la couche cornée. Quelquefois la lumière du conduit est très distincte dans l'épiderme; d'autres fois sa place est occupée par une traînée granuleuse qui traverse le canal, et qui est peut-être constituée par un produit de sécrétion ou par un sédiment des parties sécrétées. Les pores de la sueur affectent une disposition tantôt régulière , tantôt irrégulière , toujours en rapport avec celle des glandes; à la paume de la main et à la plante des pieds on peut encore les distinguer à l'œil nu ; partout ailleurs leur étude exige l'emploi du microscope. — On voit, çà et là, les canaux excréteurs de deux glandes sudoripares se réunir en un seul conduit (Krause).
§ 1U. Développement des glandes sudoripares. •— Les glandes sudoripares n'apparaissent qu'au cinquième mois de la vie embryonnaire : elles sont, dans l'origine, de simples excroissances de la couche de Malpighi, excroissances tout à fait pleines, dont la forme rappelle celle d'une bouteille ; à cette époque, elles ressemblent beaucoup aux premiers rudiments des follicules pileux. Les moins développées qu'il m'ait été possible de voir dans la plante du pied avaient une longueur de 0mm,07 à 0""",20, une largeur de 0mm,02 prise au goulot, et de Omm,QU à 0mm,0ft5 prise au fond ; même les plus larges
Fig. 82.
Fjg. 82. — Coupe verticale faite à travers l'épiderme et la face externe du derme de la pulpe du pouce, et intéressant deux crêtes. Grossie 50 fois, et traitée par l'acide acétique. a, couche cornée de l'épiderme; £>, couche muqueuse; c, derme; d, papille simple; e, papille composée; f, épithélium d'un canal sudorifère qui va pénétrer dans le corps muqueux ; g, sa lumière dans le derme ; h, dans la couche cornée ; i, pore de la sueur.
d'entre elles n'atteignaient pas la moitié profonde du derme , qui avait 0mm,56 d'épaisseur; elles étaient composées entièrement de cellules rondes, en tout semblables à celles de la couche de Malpigbi , et chacune avait en outre une enveloppe délicate qui se continuait avec les couches les plus superficielles du derme ; il n'existait encore aucun indice de pores de la sueur ni de canaux sudorifères. — Au commencement du sixième mois, les glandes de la plante du pied et de la paume de la main atteignent déjà la moitié ou le quart inférieur de l'épaisseur du derme; elles mesurent alors 0mm,063 à 0mn,,09 à leur extrémité renflée en massue, et 0,036 à 0""",0^5 dans le conduit qui s'en élève ; elles forment, à cette époque, quelques circonvolutions, et sont canaliculées , au moins dans certains points de leur partie rétrécie; mais elles ne pénètrent pas encore dans l'épiderme et sont loin de s'ouvrir à la superficie de ce dernier. Ce n'est que dans le courant du septième mois que j'ai trouvé les premières traces des pores de la sueur et des canaux sudorifères dans l'épiderme ; encore ces traces étaient-elles assez vagues, et
les canaux presque droits (fig. 8/i, A) ; la partie de la glande contenue dans le derme était , au contraire , beaucoup plus développée, et s'étendait jusqu'au voisinage de la face interne de cette membrane ; son extrémité borgne étail recourbée en crochet et formait déjà des circonvolutions , de sorte qu'il existait [un rudiment de glomérule glandulaire d'environ 0m'",09 à 0mm,20 de diamètre. Le conduit qui se détachait de ce glomérule était, en général, plus tortueux ; sa largeur était de 0mn,,03& à 0mm,0/i0, et celle de sa lumière, de 0mm,007 à 0mm,009; il était canaliculé quelquefois jusqu'auprès du glomérule et formé, comme ce dernier, par la membrane primitive, un peu épaissie, qui se continuait avec la partie superficielle du derme,
Fig. 84.
Fig. 83. — Glande sudoripare rudimentaire d'un embryon humain âgé de cinq mois, vue à un grossissement de 350 diamètres, a, couche cornée de l'épiderme ; b, couche muqueuse; c, derme; d, rudiment de la glande, sans lumière, et formée de petites cellules rondes.
Fig. 84. — A. Glandes sudoriparcs rudimentaires au septième mois. Grossissement de 50 diamètres, a, b, d, comme dans la figure 83. Le canal e existe partout ; mais il n'atteint pas encore l'extrémité de la partierenflée delà glande, celle qui doit former le glomérule ; les prolongements des canaux dans l'épiderme, et leurs embouchures f existent déjà.
B. Glomérule d'une glande sudoripare au huitième mois du développement