COMPOSITION DE LA MATIÈRE SÉBACÉE
de cent. Ce sont des glandes sébacées ordinaires, qui ne diffèrent de celles des autres régions que parce qu'elles n'ont aucun rapport avec les follicules pileux et qu'elles s'ouvrent directement à la surface de la peau. On peut généralement les reconnaître déjà à la simple vue, sous forme de points blanchâtres qui ne dépassent pas le niveau de la peau. Sur des lambeaux de peau traités par la soude ou par l'acide nitrique, il est très facile d'en étudier les caractères microscopiques. On voit alors que ces glandes sont tantôt de simples utricules , et tantôt des glandes en grappe simple : dans le premier cas , elles sont formées d'un utricule arrondi ou piriforme de 0mm,U à 0mm,27 de diamètre, et d'un conduit excréteur droit , long de 0m,1,,22 et large de 0mm,055 à 0mm,075 ; dans le second cas, elles possèdent 2 ou 3 , tout au plus 5 culs-de-sac terminaux et mesurent en totalité 0mm,1 8 à 0,nm,40. Dans l'une et l'autre espèce, les embouchures sont des orifices de 0mm,05 à 0"lm,14 de diamètre, très faciles à voir. Quant au siège de ces petites glandes, je ferai remarquer que je les ai toujours rencontrées, au nombre de 10 à 50 et plus, dans le prépuce (lame interne), principalement à sa partie antérieure et au voisinage du frein; que souvent elles manquaient complètement au gland et à son col, tandis que d'autres fois elles existaient en nombre considérable, jusqu'à 100, surtout à la face antérieure du gland. Les glandes du prépuce sont généralement en grappe, celles du gland, des glandes utriculaires. Leur contenu est le même que celui des autres glandes sébacées , c'est-à-dire qu'il consiste en cellules graisseusesdont nous parlerons plus bas.
Les glandes sébacées des organes génitaux de la femme sont généralement très nombreuses sur les faces externe et interne des petites lèvres, où elles sont quelquefois aussi volumineuses que les glandes qui se rattachent aux petits poils de la face interne des grandes lèvres ; d'autres fois, au contraire, elles sont beaucoup plus petites. Le gland du clitoris et le feuillet interne du prépuce clitoridien ne m'ont jamais offert de glandes sébacées , bien que Burkhardt parle de glandes qui garniraient la couronne du clitoris; mais, dans quelques cas isolés, j'en ai rencontré au voisinage du méat urinaire et à l'entrée du vagin.
Les glandes de Meibomius des paupières ressemblent exactement aux glandes sébacées, quant à leurs caractères essentiels ; elles sont seulement plus volumineuses. Nous en donnerons une description détaillée à propos de l'œil.
Au dire deE. H. Weber {Fror.. Notiz., mars 1 849), les produits de la sécrétion glandulaire ne constitueraient pas la masse principale du smegmaprœpulii du castor, ou du castoréum, car une faible étendue seulement de la poche qui sécrète cette matière se trouve garnie de petites glandes très simples, rondes, lenticulaires, dont les plus fortes n'ont que 0mm,06 I . Le castoréum serait plutôt, dans les deux sexes, une substance stratifiée revêtant toute la face interne de la poche du castor, et composée uniquement de cellules épidermiques et de petits globules analogues aux globules graisseux. D'après Leydig (Zeitschrift für wiss. Zool., t. II, p. 22, 31 et suiv.), il n'existerait point de glandes à la face interne de la poche du castor, non plus que dans les poches préputiales du furet ; au contraire, dans le prépuce des rats et des souris, il y a de véritables glandes sébacées, d'une structure très compliquée.
§ 78. Composition de la matière sébaeée. — Chaque glande sébacée se compose : 1° d'une enveloppe extérieure fort mince, formée de Lissu conjonctif , et dont le point de départ est un follicule pileux, ou le derme, poulies glandes indépendantes ; 2° d'un amas de cellules placées intérieurement, et qui varient suivant les régions. En suivant le trajet d'une glande à partir de son conduit excréteur (fig. 90, B), on voit que ce dernier reçoit, du follicule pileux adjacent, non-seulement une enveloppe de tissu conjonctif , mais encore une partie de la gaine externe de la racine du poil , composée d'une ou plusieurs (2 à 6) couches de cellules à noyau arrondies ou poly-
gonales, qui tapissent l'intérieur du conduit. Ces cellules, devenues de plus en plus minces, se prolongent dans les parties plus éloignées de la glande, et pénètrent enfin dans les vésicules glandulaires proprement dites (fig. 89, A) , où elles forment une couche simple, rarement double ;
<ß là, elles diffèrent des cellules
epitheliales situées plus haut par un nombre plus ou moins considérable de granulations Wkf graisseuses. Plus vers l'axe, H$ se trouvent d'autres cellules qui renferment plus dégraisse (fig. 89, B, b). Enfin, au centre des vésicules glandulaires , existent des cellules dont le volume ( 0mm,036 à 0mm,065 de diamètre) est toujours plus considérable que celui des cellules externes et moyennes, qui sont arrondies ou oblongues, et si bien remplies d'une graisse pâle, qu'on pourrait les appeler à juste titre cellules sébacées (fig. 89, B). Cette graisse se montre sous forme de gouttelettes distinctes b b, comme dans les cellules extérieures, plus souvent en grosses gouttes c, dont il suffit d'un petit nombre, ou même d'une seule quelquefois, pour remplir toute la cellule d ; celle-ci ressemble beaucoup , dans ce cas, à une cellule adipeuse du pannicule graisseux.
Si l'on poursuit jusque dans les conduits excréteurs ces cellules internes, dans lesquelles on rencontre rarement un noyau, il devient extrêmement facile de se convaincre qu'elles se continuent sans aucune interruption dans ces conduits tapissés par un épithélium , qu'elles pénètrent ensuite dans le follicule pileux , où elles occupent l'espace qui existe entre le poil et l'épiderme (fig. 90, B, chez le fœtus), pour être enfin expulsées au dehors. Ce sont ces cellules , et rien autre chose, qui forment la matière sébacée , masse jaune ou blanc jaunâtre, demi-fluide à l'état frais et à la température du corps, mais qui, sur le cadavre, peut avoir la consistance du beurre ou du fromage mou. Dans la matière sébacée fraîche, les cellules sont accolées plus ou moins intimement les unes aux autres, ce qui leur donne une forme aplatie ou un peu irrégulière ; leurs membranes ne sont plus reconnaissables , et leur contenu est homogène, translucide et d'une teinte jaunâtre. Mais ajoutez-y un alcali étendu d'eau , et vous verrez ces cellules se gonller au bout d'un certain temps, et se changer en belles vésicules arron-
Fig. 89. — A. Utricule glandulaire d'une glande sébacée ordinaire, grossie 250 fois, a, épithélium nettement limité, mais ne reposant pas sur une membrane propre; il se continue sans interruption avec les cellules utriculaires contenant de la graisse (les contours de celles-ci sont ici mal dessinés).
B. Cellules sébacées des utricules glandulaires et de la matière sébacée, grossies 350 fois, a, petite cellule à noyau, encore pauvre en graisse, et se rapprochant des cellules épithéli.iles; b, cellules riches en graisse, sans noyau apparent; c, cellule dont la graisse commence à devenir confiucnte; d, cellule avec une seule goutte de graisse; e, /', cellules dont la graisse a disparu en partie.