DÉVELOPPEMENT DES GLANDES SÉBACÉES
former dans des cicatrices très anciennes. Après la chute des cheveux, les glandes sébacées semblent disparaître; du moins en ai-je cherché en vain sur quelques tètes chauves. D'après E.-H. Weber, elles sont hypertrophiées dans le cancer cutané, et d'après de Bärensprung, dans l'acrothymion ou verrue humide , et dans le nœvus pilosus. Les tannes, parmi lesquelles je range, avec Simon (loc. cit., p. 334), le lichen pilaris, ne sont autre chose que des follicules pileux et des glandes sébacées remplis et distendus par le produit de ces dernières ; elles sont très fréquentes aux régions pourvues de glandes sébacées extrêmement volumineuses, telles que le nez, les lèvres, le menton, l'oreille, l'aréole du mamelon et je scrotum. La cause qui les produit peut être l'occlusion de l'orifice du follicule par quelque impureté venue du dehors, ou bien la sécrétion d'un produit trop visqueux, trop consistant ; elles renferment souvent un ou plusieurs poils, mais toujours, comme à l'état normal, des cellules contenant de la graisse, des cellules épidermiques provenant du follicule pileux, de la graisse libre, et, dans certains cas, des cristaux de choleslérine et des acciri folliculorum. Le milium, petite tumeur blanchâtre qu'on voit quelquefois aux paupières, à la racine du nez, au scrotum, à l'oreille, doit aussi son existence aux glandes sébacées. Il se produit lorsque la matière sébacée distend les glandules sans dilater le follicule pileux ; il en résulte alors de petites tumeurs denses, soulevant la peau, dépourvues d'ouverture, dont le contenu, analogue à celui des tannes, peut encore, dans quelques cas, être exprimé dans le follicule pileux. Enfin, il est aujourd'hui certain pour tout le monde, que les kystes sébacés dont le siège est dans le derme luimême (athéromes, stéatomes, mélicéris et molluscum), ne sont autre chose que des follicules pileux et des glandes sébacées énormément développées. Pour plus de détails, voyez les ouvrages cités plus haut. — Pour ce qui est de l'existence d'un petit parasite, Yacarus foiliculorum, dans les glandes et follicules normaux, mais distendus, je renvoie à G. Simon (/oc. cit., p. "287). Dans le cas cYichthyose congénitale que j' ai examiné avec H. Müller, nous avons trouvé, dans l'épaisseur de l'épiderme, les conduits excréteurs des glandes sébacées élargis de toutes parts (0"m,,07 à 0mm,1 4) et présentant de petits diverticules en cul-de-sac souvent très rapprochés, de 0n,,",09 à 0mm,'27 de longueur, et remplis de matière sébacée; çà et là il y avait un petit poil dans le conduit excréteur, qui, pour cette raison, pouvait aussi être considéré comme un follicule pileux.
Pour étudier les glandes sébacées, on les disséquera par la face profonde de la peau, et on les enlèvera en conservant les rapports qui les unissent aux follicules pileux ;ou bien on pratiquera sur la peau des sections verticales d'une certaine épaisseur. On commencera cette étude sur les glandes du scrotum, du pénis ou des petites lèvres, qu'on peut isoler sans peine, et l'on se servira avec beaucoup d'avantage de l'acide acétique, qui donne de la transparence à toutes les parties environnantes. S'il ne s'agit que de déterminer quelles sont les différences de forme, de siège et de volume que présentent les glandes des diverses régions, on pourra faire usage des alcalis, notamment de la soude, qui attaque très peu les glandes, à cause de leur richesse en graisse, tandis qu'elle rend transparentes toutes les parties qui pourraient les cacher. Veut-on étudier les cellules glandulaires, et non la forme ou la structure de l'enveloppe, la voie la plus commode sera de faire macérer la peau; au bout d'un certain temps, en arrachant les poils, on enlève à la fois les gaines de la racine, les masses celluleuses des glandes sébacées, leur épithélium et leur contenu, ce qui facilite d'une manière étonnante l'examen de toutes ces parties. Si l'épiderme est peu épais (scrotum, grandes lèvres, gland du pénis), on arrivera très rapidement au même résultat en faisant tomber goutte à goutte, sur la préparation, de l'acide acétique concentré, ou bien eii employant la soude ; mais celle-ci altère beaucoup plus les cellules glandulaires. Ceux qui voudront étudier le développement des glandes sébacées trouveront dans la macération et dans l'acide acétique de puissants auxiliaires. Les cellules de l'intérieur de la glande, qui renferment de la graisse, s'isolent avec la plus grande facilité lorsqu'on déchire une glande volumineuse ; quant au produit de sécrétion, il devra être examiné pur, additionné d'eau et traité par la soude.
Bibliographie. — Voyez les mémoires de Gurlt (p. 409), Krause (p. 126), G. Simon (p. 9) et Valentin (p. 759), cités à propos de la peau ; — le Mémoire d'Eschricht, dont nous avons dit un mot à l'occasion des poils ; — les Traités généraux de Henle (p. 809), Todd-Bowman (p. 424, fig. 92), de Hassaî (pl. I, IV, p. 401), de Bruns (p. 439), de Gerber (p. 75, fig. 40, "42, 43, 44, 45, 239), d'Arnold (IIe partie) et le mien; — les dessins de Wagner (Icon. phy s., tab. XVI, fig. 1 \ c), d'Ecker (Icon. phys., tab. XVII), d'Arnold (Icon. anat., fasc. 2, tab. XI, fig. 4 0), et de Berres (t. XXIV). — Voyez aussi G. Simon, lieber die sogenannten Tyson sehen Drüsen an der Eichel des männlichen Gliedes, dans Müll. Archiv, 1844, p. 1.