FORME, CONSTITUTION CHIMIQUE, NOYAU. CORPUSCULES DE NOYAUX
dans lesquels , tout au moins , ils ri apparaissent clairement que d'une manière tardive. On peut, dès lors , considérer provisoirement le nucléole comme partie moins absolument essentielle que le noyau à la constitution intégrale de la cellule. Ordinairement un noyau ne renferme qu'un nucléole. Souvent on en rencontre deux, rarement trois ; dans des cas tout à fait particuliers, il y en a quatre ou cinq, tantôt appliqués excentriquement à la paroi du noyau, tantôt libres dans son intérieur.
Tout dernièrement, Donders, dans un travail très remarquable (voyez plus loin), a soutenu l'opinion que toutes les membranes de cellules consistent en une substance la même pour toutes, ou tout au moins très rapprochée, laquelle possède des propriétés identiques avec la substance du tissu élastique. Quant à moi, je considère que toutes les membranes de cellules consistent originairement en une même substance ou combinaison protèique, mais que, par suite des métamorphoses supplémentaires, elles peuvent acquérir des différences de composition et de réaction chimiques. Beaucoup de membranes deviennent ainsi, avec le temps, plus résistantes, et se rapprochent du tissu élastique, comme Donders le soutient avec raison. Dautres se transforment en un tissu qui donne de la gélatine, comme cela arrive pour les cellules aux dépens desquelles se développe le tissu conjonctif (tissu cellulaire), ou pour les cellules de cartilage pendant l'ossification ; d'autres encore se transforment en syntonine, comme cela arrive dans les muscles lisses ; beaucoup d'autres, enfin, en substances dites cornées, etc.
Étant admis que primitivement les membranes de cellules sont de nature protèique, il esta peine possible qu'il en soit autrement des parenchymes embryonnaires, attendu la réaction chimique des jeunes cellules , il en résulte une véritable concordance avec les cellules végétales. En effet, Yulricule primordiale des cellules végétales consistant vraisemblablement en une substance protèique , ou peut la regarder comme ['analogue de la membrane de cellule de l'animal, tandis que les membranes de cellulose végétale apparaissent comme formations secondaires ou produits de sécrétion. Il en est peut-être aussi de môme dans les tissus formés de cellulose ( t ) des animaux tuniciers. Mon opinion est qu'il y a ici, outre les parties formées de cellulose, des membranes de cellules de nature protèique ; et elle concorde avec celle de Schacht (Müller s Archiv, 1851), qui annonce dans les cellules des tuniciers la présence de l'azote.
Si l'avenir confirme cette comparaison entre les cellules animales et les utricules primordiales des végétaux, ce dont je ne doute pas, il en résulterait que toutes les métamorphoses dites chimiques qui surviennent dans les membranes de cellules chez les animaux devraient très probablement être mises sur le compte de dépôts qui se précipiteraient cl se rassembleraient à leur surface extérieure; et la cellulose constituerait pour les végétaux un dépôt analogue. A côté de la membrane protèique originaire, il y aurait donc à distinguer des membranes secondaires élastiques, ou des cellules donnant de la gélatine, etc. ; les épaississements les plus prononcés des cellules animales seraient les analogues de la formation de la substance ligneuse à la surface extérieure de la membrane protèique des cellules végétales. C'est ainsi, par exemple, qu'on trouve encore, au sein de la cellule cartilagineuse ossifiée, la membrane de cellule originaire (comparez avec le § 1 G).
Dans toutes les cellules normales des animaux supérieurs, il est facile de démontrer que les noyaux sont des vésicules, et la démonstration est surtout évidente chez les embryons. Dans le principe, c'est-à-dire au moment où les cellules se développent autour des noyaux, ceux-ci sont plus homogènes ; leur membrane ne se distingue
(1) La cellulose forme la charpente du tissu des plantes. Elle diffère, au point de vue chimique, de la protéine ou des matières albuminoides si répandues dans les animaux, en ce qu'elle ne contient point d'azote. ( \olc du traducteur.)
nettement que plus tard. L'homogénéité du noyau, dans les productions pathologiques, peut être considérée comme une sorte d'arrêt de développement. Très souvent, les noyaux des protozoaires se présentent pareillement comme des corps homogènes.
§ 9. Formation des cellules. — Dans la formation des cellules il faut distinguer deux cas : leur naissance libre d'une part , et d'autre part leur procréation par multiplication (Vautres cellules. Dans la première forme , les cellules apparaissent , d'une manière indépendante , au sein d'un liquide formateur ( cytoblastème de Schleiden ) qui contient notamment de la protéine, de la graisse et des sels dissous. Dans la seconde, c'est-àdire dans la multiplication des cellules , celles-ci se multiplient, ou bien en prenant naissance dans l'intérieur des cellules préexistantes, ou bien par scission de ces cellules : de là, la formation endogène et la formation par scission. Ces deux modes de formation des cellules ont cela de commun, que les noyaux de cellules jouent dans ces phénomènes un rôle essentiel et apparaissent précisément comme point formateur de la cellule naissante.
§10. Formation libre des cellules. — La formation libre des cellules, chez l'homme et les animaux supérieurs, est bien moins commune qu'on ne l'a jusqu'à présent suppose. Autant que nous le sachions , on doit seulement comprendre ainsi : la formation des corpuscules du chyle et de la lymphe, celle de l'œuf de certains animaux, celle des cellules d'organes glanduleux ( follicules clos de l'intestin , ganglions lymphatiques , corpuscules et pulpe splénique, thymus), celle enfin d'éléments de cellules dans l'utérus pendant la gestation , dans le corpus luteum , dans la moelle des os du fœtus , et dans le blastème qui sert à l'accroissement des os. Les a phases spéciales de ce mode de formation peuvent être sui-
)sÊÊHjfâ ^ vies jusqu'à un certain point, particulièrement en ce qui
(äJ» ^ concerne les premières cellules que nous venons de nomjP^çP H|) mer : cependant il nous manque encore plus d'un rensei- F 2 gnement pour l'intelligence complète de ce phénomène. Ce qu'il y a de plus certain , c'est que la formation du noyau de cellule précède toujours la naissance de la cellule elle-même; ce qui est douteux, au contraire , c'est la manière dont la chose s'accomplit. Dans le chyle et dans la rate on aperçoit comme premier commencement de la formation des cellules de petits corps arrondis, homogènes, offrant de 0mraj002 à 0nim,00/t de diamètre. Ces corpuscules, augmentant de grandeur, présentent bientôt clairement la forme de vésicules, et montrent souvent , par l'addition de l'eau, dans leur intérieur, à côté de petits grains, un grain plus gros, ou un nucléole.
Le nucléole précède-t-il le noyau, «t détermine-t-il sa formation, comme la chose a certainement lieu dans la production endogène des cellules ; ou
Fig. 2. — Cellules contenues dans les corpuscules de Malpighi du bœuf. Grossissement de 350 diamètres, a, petites cellules; 6, cellules plus grandes; c, noyaux libres.