STRUCTURE DES FIRRES MUSCULAIRES
c'est-à-dire qu'elles présentent, à des intervalles de 0mm,0009 à 0mn\002, des renflements plus ou moins considérables ; et comme dans toute l'épaisseur du faisceau, ces parties renflées des fibres voisines, ainsi que les parties rétrécies, sont placées à la même hauteur, il en résulte l'apparence de stries transversales ; quelquefois on voit aussi des stries longitudinales. Très rarement, et seulement dans les cas où les renflements sont peu marqués, les stries longitudinales existent seules. Chez Y adulte les fibres n'ont pas de canal central ( Jacquemin , Skey , Valentin ) ; les fibrilles constituent un faisceau compacte, non creux (fig. 92), grâce à un petite quantité de substance intermédiaire qui les agglutine entre elles. A la face interne du sarcolemme, il existe constamment un grand nombre de noyaux lenticulaires ou fusiformes, longs de 0mn,,007 à Oma\(Hl, et munis souvent d'un nucléole. Leur distribution n'a rien de régulier ; quelquefois il y en a deux ou plus de deux situés à la même hauteur; d'autres fois ils sont disposés en séries, ou bien ils alternent ensemble. Près des noyaux et entre les fibrilles on trouve aussi très souvent des granulations jaunes ou graisseuses, mais spécialement dans les fibres musculaires qui ont éprouvé un commencement d'altération pathologique. Fig. 93.
Les fibres musculaires ont la forme de polyèdres arrondis ; leur grosseur varie entre 0""",011 et 0min,07 ou plus ; elle esL toujours plus considérable au tronc et aux membres (0n-m,03ô à 0mm,07) qu'à la tête; les muscles de la face surtout se distinguent par la délicatesse de leurs fibres (0mm, 011 à 0mm,036); il est à remarquer cependant qu'on trouve souvent, dans le même muscle, de grandes différences sous ce rapport. D'après tous les faits observés jusqu'ici, il n'existe aucune différence absolue, quant au volume des fibres musculaires, entre l'homme et la femme, les individus robustes et les sujets débilités ; il se pourrait cependant que ce qui est une exception dans un cas, fût la règle dans l'autre.
L'épaisseur des fibrilles primitives, chez l'homme, est de 0mm,011 en moyenne. Le nombre des fibrilles contenues dans chaque faisceau doit se monter à plusieurs centaines pour les faisceaux volumineux ; mais il n'est pas encore connu exactement. La distance qui sépare les
Fig. 92. — Section transversale de quelques fibres musculaires ou faisceaux primitifs du muscle gastroenémien de l'homme. Grossissement de 350 diamètres, a, sarcolemme et tissu conjonctif interstitiel ; b, section transversale des fibrilles et de la substance intermédiaire.
Fig. 93. — Portion d'une fibre musculaire de l'homme traitée par l'acide acétique et grossie 350 fois, a, sarcolemme; è, noyaux simples; c, noyaux doubles, entourés de graisse.
stries transversales entre elles varie généralement entre 0m,n,0009 et U""'\002.
On est loin de s'accorder sur la structure des fibres musculaires. Quelques auteurs admettent , ou du moins regardent comme très vraisemblable , que les fibres primitives sont un produit artificiel : tel est l'avis de Remak, de Brücke, de Dubois-Reymond, et surtout de Bowman. Suivant ce dernier, les muscles se décomposeraient tout aussi naturellement, si ce n'est aussi souvent, en disques (dises) (fig. 94) qu'en fibrilles, et pourraient être considérés avec autant de raison comme des piles de disques que comme des faisceaux de fibrilles. Si l'on divise complètement une fibre musculaire dans le sens des stries transversales et longitudinales , on obtient de petites particules arrondies qu'on peut appeler particules primitives (primitive particles or sarcous cléments). Dans la fibre musculaire, ces particules sont unies entre elles tant dans le sens transversal que dans celui de la longueur, et constituent, dans un cas, un disque, dans l'autre un des articles des fibrilles. La division en disques, sur laquelle Bowman s'appuie spécialement, n'aurait d'importance , à mon avis, que si elle se rencontrait aussi fréquemment que la division en fibrilles, et si elle se montrait également çà et là sur des muscles frais ; or c'est ce qui n'a pas lieu. Sur des muscles non encore altérés, on ne voit jamais rien de semblable, et , même sur des faisceaux qui ont macéré , la séparation en disques est un fait excessivement rare ; tandis qu'il n'est guère de muscle, chez l'homme et chez les animaux supérieurs, sur lequel, avec un peu d'habitude, on ne réussisse à voir et à isoler les fibrilles. D'un autre côté, sur des coupes transversales de muscles tout à fait frais et vivants , telles qu'on les obtient , par exemple , sur la cuisse d'une grenouille au moyen d'un couteau double, on voit la section transversale des fibrilles avec la même évidence et la même netteté que sur des muscles desséchés , tandis que des coupes longitudinales faites dans les mêmes conditions ne permettent pas de distinguer la moindre trace de disques. Celte circonstance renverse à la fois toutes les hypothèses d après lesquelles les muscles seraient constitués , à l'état vivant , par une substance homogène, solide ou fluide, ou par de petites particules unies entre elles suivant deux directions différentes. Une autre objection contre l'opinion de Bowman, c'est que ses prétendues particules élémentaires ne peuvent être isolées qu'avec beaucoup de difficulté, si ce n'est sur des muscles qui ont macéré, où cela est assez facile ; si sa manière de voir était exacte , les cas ne devraient pas être rares , au contraire , où ces particules ne tiennent solidement ensemble ni dans le sens de la longueur , ni dans celui de la largeur; enfin, chez les insectes qui font du bruit en volant ( coléoptères , névroptères , hyménoptères , lépidoptères, diptères, une partie des orthoptères et des hémiptères), les muscles thoraciques , même très frais, présentent des fibrilles très évidentes, voire même d'une rare beauté (fig. 95).
Fig. 94.
Fig. 94. — A, faisceau primitif divisé en disques transversaux, grossi 350 fois. Ce faisceau montre des stries transversales très nettes , et d'autres longitudinales moins distinctes. Les disques {dises) , dont un est représenté en B sous un plus fort grossissement , sont granulés et formés des particules primitives {sarcous éléments) de Bowman, ou de portions de fibrilles, suivant d'autres auteurs. D'après Bowman.
Fig. 95. — Fibres primitives d'un muscle très frais de la punaise des jardins. Grossissement de 350 diamètres.