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DU SYSTÈME OSSEUX

§ 92. Délimitation, forme et distribution du système osseux. — Le

système osseux comprend un nombre considérable d'organes durs, les os, qui présentent une structure commune et spéciale, et qui sont unis entre eux,, soit immédiatement, soit par l'intermédiaire de parties accessoires, telles que les cartilages, les ligaments, les capsules articulaires, de manière à constituer un tout continu appelé la charpente osseuse ou le squelette.

Dans les os de l'homme, le tissu osseux apparaît sous deux formes principales, la substance compacte et la substance spongieuse. La première n'est tout à fait compacte qu'en apparence, car déjà à l'œil nu on y distingue des canaux étroits qui la parcourent en différents sens, et l'inspection microscopique fait voir un nombre considérable d'autres canalicules plus petits. Ces canalicules vasculaires, ou de Hävers (canalicules médullaires des auteurs), manquent presque complètement dans la substance spongieuse, où ils sont remplacés par des cavités sphériques ou oblongues, visibles sans le secours d'aucun instrument grossissant, et remplies par de la moelle (dans quelques os par des veines ou des nerfs, limaçon) : c'est ce qu'on appelle lès espaces ou cellules médullaires (cancelli, cellules medulläres). Les cellules médullaires communiquent toutes entre elles, et ne sont séparées les unes des autres que

par des cloisons incomplètes fort minces qui , sous forme de fibres ou de lamelles, traversent en tout sens la substance osseuse raréfiée, et lui donnent l'apparence d'un réseau. Ces cavités ont-elles une certaine étendue , la substance osseuse prend le nom de substance cellulaire ; sont-elles, au contraire, moins considérables, on l'appelle substance réticulée. Cette dernière, par l'étroitesse de ses cavités et le volume des cloisons osseuses, se rapproche quelquefois de la substance compacte, sans toutefois se confondre avec elle ; d'autres fois elle passe au tissu compacte par des transitions insensibles. Ce fait ne prouve pas que les deux substances soient identiques; il dépend tout simplement d'une circonstance que nous fait connaître l'histoire du développement, c'est-à-dire de ce que très souvent la substance spongieuse résulte de la résorption partielle de la substance compacte. L'une et l'autre substance ne contribuent pas également à la formation de tous les os et de leurs diverses parties. Il est peu de régions où la substance compacte existe seule, sans canaux vasculaires ; cela se voit cependant dans la lame papyracée de l'ethmoïde, dans quelques parties des os lacrymal et palatin, etc. Plus souvent on rencontre la substance compacte avec des canalicules vasculaires, mais sans tissu spongieux : c'est ce qui existe, chez beaucoup d'individus, dans les parties les plus minces de l'omoplate , de l'os iliaque, de la cavité cotyloïde, des os plats du crâne (grandes et petites ailes du sphénoïde, portion orbitaire de l'os frontal, etc.). On trouve du tissu spongieux recouvert d'une lame de substance compacte, sans canalicules vasculaires , dans les osselets de l'ouïe, dans tous les os revêtus de cartilage, peut-être aussi dans les petits os spongieux. Tous les autres os, c'est-à-dire leur plus grand nombre, présentent les deux substances réunies, mais de telle sorte que tantôt la substance spongieuse l'emporte en quantité (os spongieux, parties spongieuses), comme dans les vertèbres, les os de la main et du pied; tantôt la substance compacte , comme dans la diaphyse des os longs ; et tantôt elles existent en quantités sensiblement égales, comme dans les os plats.

§ 93. structure intime du tissu osseux. — Le tissu osseux est constitué par une substance fondamentale dense, en général vaguement stratifiée, traversée par des canalicules vasculaires, et creusée d'un grand nombre de petites cavités microscopiques appelées cavités osseuses (corpuscules osseux des auteurs), lesquelles sont pourvues de prolongements creux très fins, les canalicules osseux.

Les canalicules vasculaires des os, ou canaux de Hävers, canaliculi vasculosi s. Ilaversiani (canalicules médullaires, can. medulläres des auteurs), sont des canaux très fins, de 0""',02 à On,m/il de largeur, en moyenne (limites : 0mm,u09 et 0""",/i0), qui, à l'exception des régions mentionnées plus haut , existent partout où il y a de la substance osseuse compacte, et forment un réseau à larges mailles analogue à celui des vaisseaux capillaires. Dans les os longs , ainsi que dans les côtes , la clavicule, le pubis, l'ischion, la mâchoire inférieure, leur trajet est, en général, parallèle à l'axe longitudinal de l'os ; leur éeartement, sur une coupe hori-

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