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SUBSTANCE FONDAMENTALE DES US

tellement serrés les uns contre les autres, qu'il ne peut y avoir entre eux de groupes spéciaux de lamelles, et ceux qui, sur des coupes transversales , paraissent être parallèles à la surface, appartiennent presque toujours à des canalicules dirigés horizontalement. Rarement on y trouve des groupes distincts de lamelles intermédiaires, comme c'est la règle chez les mammifères. Ces lamelles fondamentales ont une épaisseur variable, ainsi que les lamelles de Hävers; leur nombre est de 10 à 100.

Nous n'avons considéré jusqu'ici que la diaphyse des os longs. Dans les apophyses de ces os, naturellement la substance compacte ne présente que fort peu de systèmes de canalicules de Hävers; ceux qui y existent ont, du reste, la même disposition que partout ailleurs. Les lamelles fondamentales de la face externe sont peu nombreuses ; celles de la face interne manquent totalement, à cause de la présence de la substance spongieuse. Celle-ci nous montre, autour de quelques rares canalicules de Hävers, des systèmes de lamelles ordinaires, mais de peu d'épaisseur; le reste est constitué par un tissu lamelleux et fibreux, variable suivant la conformation du réseau osseux, et qui, en général, suit la direction des contours des cavités et cellules médullaires. La même disposition se retrouve dans l'intérieur des os plats et courts, dont l'écorce compacte ne diffère de la substance des os longs, qu'en ce que les lamelles fondamentales forment, dans les os plats, des feuillets parallèles à leurs deux surfaces. L'épaisseur des lamelles fondamentales des os du crâne (pariétal) est quelquefois la même sur les deux faces de l'os, c'està-dire de 0""",18 à 0""",36 ; d'autres fois, celles de la face externe manquent complètement, par places, dans certaines régions vasculaires, et alors les lamelles de Hävers arrivent très près de la surface.

Relativement à la structure intime des lamelles osseuses, sur des tranches desséchées, polies et suffisamment minces, surtout sur des tranches transversales, on voit, abstraction faite des cavités osseuses et des canalicules osseux, que les lamelles, sans être

plus distinctes que d'habi- I^lAl^mmp .»■*awhdLi mm m nnmiiiû min tude, présentent un poiîi- , ' ' 1

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que toute la masse osseuse a

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sée de molécules isolées,

pâles, très serrées, mesurant 0mm,0005 de diamètre (fig. 116). Vient-on à

Fig. 1 16. — Fragment d'une tranche perpendiculaire d'un pariétal, à un grossissement de 350 diamètres, a, lacunes pourvues de prolongements pâles, visibles en partie seulement et remplies de liquide comme à l'état frais ; b, substance fondamentale granulée. Les régions striées indiquent les limites entre les lamelles.

ajouter à une tranche osseuse de l'eau, ou une légère solution de sucre ou d'albumine, elle prend un aspect qu'elle présente probablement pendant la vie : les lamelles (sur des coupes verticales ou horizontales) deviennent généralement très nettes, et leur aspect granulé des plus évidents, quoique moins pur qu'auparavant. Elles montrent en effet, entre le pointillé, de petites lignes pâles, très rapprochées, qui naissent des ramifications remplies de liquide des cavités osseuses, et qui parcourent en divers sens le tissu osseux, dont le dessin devient ainsi plus compliqué. De plus, chaque lamelle semble formée de deux couches, dont l'une est pâle et homogène, et l'autre plus foncée et granulée ; c'est principalement cette dernière qui présente des stries. Lorsque toutes ces particularités sont nettement exprimées, il en résulte une image excessivement élégante, qui rappelle la coupe de certains calculs urinaires (fig. 115). Une fois qu'on a pris connaissance de ces faits sur des tranches osseuses humides, on réussit quelquefois à en retrouver des traces sur des préparations sèches. Sur des os traités par l'acide chlorhydrique , les coupes transversales ou verticales ne présentent que des granulations et des stries peu distinctes (ces dernières proviennent des canalicules osseux); mais la structure lamelleuse y est très évidente, et le plus souvent on y reconnaît deux couches composant chaque lamelle; elles y sont cependant beaucoup moins nettement exprimées que dans la figure 115. Sur des coupes superficielles, la substance osseuse semble quelquefois parfaitement homogène et sans trace de granulation ; d'autres fois, elle est vaguement granulée et montre de petits points (Deutsch) et des stries longitudinales qui lui donnent une apparence fibreuse. C'est là ce qui paraît avoir porté un grand nombre d'auteurs à considérer les os comme composés de fibrilles; opinion erronée, car, s'il est vrai que l'étude du développement nous montre que les parties en voie d'ossification ont quelquefois un aspect évidemment fibreux, il est impossible, cependant, de démontrer quelque chose de semblable sur des os complètement développés. Il faut dire néanmoins que le cartilage osseux, celui de la substance compacte principalement, paraît formé de grosses fibres, comme plusieurs auteurs en ont fait la remarque; peut-être proviennent-elles des faisceaux fibreux du blastème primitif. Mais il faut éviter de prendre pour des fibres les sections longitudinales des lamelles.

Lorsqu'on écrase des os calcinés , on obtient , suivant Tomes , de petits grains anguleux dont le diamètre est f à | de celui des corpuscules sanguins de l'homme; de roVö à de pouce d'après Todd-Bowman. Ces grains

deviennent également très visibles sur des os qu'on fait bouillir dans la marmite de Papin. En rapprochant de ces faits l'aspect granulé des os frais, sur lequel Tomes et Todd-Buwman ont également attiré l'attention, l'égalité de volume de ces granulations et de celles qu'a figurées Tomes; enfin, cette circonstance, que des os traités par l'acide chlorhydrique ou calcinés présentent une substance complètement homogène, sans interstices, on est conduit à admettre que le tissu osseux consiste dans un mélange intime de composés

inorganiques et de composés organiques ayant la forme de granulations fines et étroitement unis entre eux

§ 95. Cavités ©sscaases et caaialictales osseux (lacunœ et Canaliculi

ossium. — Sur une tranche sèche d'un os, on voit une foule de corpuscules microscopiques de la forme d'une graine de courge, distribués dans toute la substance osseuse et dans toutes les lamelles; ces corpuscules, d'où partent un grand nombre de prolongements très fins, ramifiés et quelquefois anastomosés, doivent leur couleur foncée (blanche à la lumière directe), non à des dépôts de sels calcaires, comme on l'avait cru précédemment , erreur qui leur avait fait donner le nom de corpuscules osseux , corpuscules calcaires , mais simplement à l'air qu'ils renferment.

Sur les os frais , on trouve dans chaque cavité osseuse une cellule très délicate qui la remplit tout entière, et qui contient une substance transparente avec un noyau. Chaque cellule envoie , dans les canalicules osseux, des prolongements très fins qui établissent des connexions intimes entre les diverses cellules. Ces cellules , que j'appellerai cellules osseuses de Virchoiv, en l'honneur de l'anatomiste qui les a vues le premier , ont une grande imT portance physiologique, comme nous verrons plus bas. Mais, bien que les cellules de Virchow soient la partie la plus essentielle de la cavité osseuse, il sera cepend ant plus particulièrement question, dans la description suivante, des cavités qui les renferment, parce que ces dernières tombent presque seules sous la vue sur les os qu'on examine habituellement. Ce sont des espaces oblongs, aplatis, qui ont, en moyenne, 0mm,02 de longueur, 0mm,009 de largeur, et 0""",007 d'épaisseur. De leurs bords, et surtout de leurs faces, partent un grand nombre de canalicules

Fig. 117. — Portion d'une tranche horizontale de la diaphyse de l'humérus, grossie 350 fois, a, canalicules de Hävers; b, cavités osseuses avec leurs canaux, dans l'épaisseur des lamelles de la substance osseuse; c, cavités osseuses des lamelles interstitielles; d, cavités superficielles des systèmes de Hävers, ne montrant de prolongements que d'un seul côté.

Fig. 117.

très ténus, ayant 0,nn,,0011 à 0mm,0018 de diamètre : ce sont les canalicules « 6 . 0 (t , osseux, dont nous avons déjà parlé || i , ? v ^, " (fig. 117, 118 et 119). Les cavités

osseuses sont également abondantes dans les deux systèmes de lamelles que nous avons décrits, et tellement rapprochées les unes des autres, que Harting [lac. cit., p. 78) évalue leur nombre à 709-1120 par millimètre carré, c'est-à-dire à 910 en moyenne.

Elles occupent le plus souvent l'épaislljjj^ seur des lamelles, quelquefois aussi leurs intervalles; toujours leurs faces ; I"" sont parallèles aux surfaces des lamolles. Les canalicules auxquels elles WÈk'' '; donnent naissance traversent la sub- WBß-- stance osseuse dans différentes direc- Sgll tions ; dans leur trajet irrégulier et Bp souvent curviligne, ils émettent de j|IL nombreuses ramifications. Le plus jr^ grand nombre de ces canalicules part des deux faces des cavités osseuses, pour traverser directement les

Fig.

Fig. 118. — Tranche superficielle prise sur la diaphyse du fémur de l'homme. Grossissement de 500 diamètres, a, canalicules vasculaires; b, cavités osseuses vues de profil et appartenant aux lamelles de ces canalicules; c, cavités vues de face, appartenant à des lamelles parallèles à la surface de la coupe.

I |Fig. 119. — Cavités osseuses du pariétal vues de face avec leurs canalicules osseux. Grossissement de 450 diamètres. Les petits points qu'on Yoit sur les cavités ou entre elles représentent des canalicules coupés en travers, ou les embouchures de ces derniers dans les cavités, aaa, groupes de canalicules coupés en travers, dont chacun appartient à une cavité détruite par le polissage de la lame osseuse.

lamelles, ou des deux pôles, pour se diriger parallèlement aux canalicules de Hävers. Ce n'est que dans des régions très limitées qu'ils se terminent en cul-de-sac; partout ailleurs ils communiquent de la manière la plus variée, soit avec les cavités voisines, soit avec les canalicules vasculaires, soit avec les espaces médullaires de la substance spongieuse; quelques-uns, enfin, s'ouvrent à la surface de l'os. Il résulte de là un système continu de cavités et de canalicules répandu dans toute la substance de l'os, et servant à distribuer, par l'intermédiaire des cellules de Virchow qu'ils renferment, les sucs nutritifs fournis par les vaisseaux à toutes les parties du tissu osseux, même le plus compacte.

Les cavités osseuses et leurs canalicules ne se comportent pas de la même manière dans toutes les parties d'un os. Dans les systèmes de lamelles des canalicules de Hävers, les cavités allongées décrivent une courbe concentrique au canalicule, et leurs nombreux prolongements produisent l'apparence de stries rayonnantes très serrées, ayant le canal vasculaire pour centre (fig. 117). Les cavités sont tantôt très abondantes, et tantôt plus rares. Dans le premier cas, elles alternent en général entre elles, ou bien elles sont disposées les unes derrière les autres dans la direction des rayons du système lamellaire. Quelquefois elles n'affectent aucun ordre apparent, et sont réunies en groupes (voy. la partie inférieure de la fig. 117) ou séparées par des intervalles assez considérables. Sur des coupes superficielles ou longitudinales (fig. 118), lorsque la section a passé par le milieu d'un canalicule de Hävers, les cavités osseuses se présentent sous l'aspect de corpuscules étroits, allongés, disposés en séries longitudinales et multiples, parallèles aux canalicules; elles paraissent pourvues d'un grand nombre de prolongements qui se dirigent , en général , en dedans ou en dehors , perpendiculairement, par conséquent, aux lamelles, rarement suivant l'axe longitudinal des canalicules. Si, au contraire, la section a été faite au niveau de la superficie d'un système lamellaire, les cavités osseuses sont vues de face, et présentent une forme très élégante, arrondie ou ovalaire (fig. 117 et 119 rf), à contours irréguliers, avec une touffe de prolongements qui, se dirigeant vers l'observateur, se montrent plus ou moins en raccourci, et un petit nombre d'autres qui s'étendent horizontalement. Çà et là on voit aussi , dans les parties les plus minces d'une tranche , un groupe de canalicules osseux coupés en travers et séparés de la cavité à laquelle ils appartiennent ; ce qui donne à la tranche l'apparence d'un crible. Tous les prolongements qui partent de la face interne des lacunes les plus centrales des systèmes de Hävers, se dirigent vers le canalicule vasculaire, avec lequel elles s'abouchent, comme on peut s'en assurer sur des tranches très fines, verticales ou transversales , d'un os rempli d'air, et sur les parois du canal médullaire coupé dans le sens de la longueur. Les bords et la face externe de ces lacunes fournissent d'autres canalicules, qui, peut-être, se terminent quelquefois en cul-de-sac, mais qui, en général, s'anastomosent avec ceux des lacunes voisines, des lacunes externes surtout. Comme toutes ces cavités communiquent également entre elles, il en résulte un réseau de lacunes et

de canalicules qui s'étend jusqu'aux lamelles les plus externes d'un même système, pour s'y terminer, ou s'unir au réseau d'un système voisin ou des lamelles intermédiaires. Dans le premier cas(fig. 117, oQ, tous les prolongements des lacunes, ou du moins les plus longs, se dirigent en dedans, c'està-dire vers le canalicule de Hävers, destiné à fournir les fluides nutritifs de tout le système.

Dans la substance osseuse interstitielle, entre les systèmes de Hävers , les cavités osseuses, toujours peu nombreuses, souvent réduites à 1-3 lorsque cette substance est peu abondante, sont disséminées irrégulièrement et affectent en général une forme arrondie (fig. 117, e); lorsque cette substance e>t nettement lamelleuse et réunie en masse plus considérable, les cavités sont disposées avec plus d'ordre, et leurs laces sont parallèles aux lamelles. Leurs prolongements s'unissent entre eux et établissent des communications entre ces cavités et celles des systèmes voisins. Dans les lamelles fondamentales externes et internes, enfin, toutes les cavités osseuses ont leurs faces parallèles aux lamelles , et dirigées par conséquent en dedans ou en dehors. Sur des coupes transversales, elles ressemblent parfaitement à celles

, , - . ;;— ^es SYSt^mes de Hävers, si ce n'est

- qu'elles ne sont que peu ou point re-

/• - - ' , ' courbées, à moins qu'on ne les observe

sur les plus petits des os longs Les ;yV . , " , coupes longitudinales se comportent

comme nous l'avons dit plus haut, avec . cftic rcslriclinit, cependant, qu'ici V ''<- • . ' " ;-. on voit de face un plus grand nombre

.•^.^;Wi-';<-:v:.v ::^'V;;v::,v>.v:v;:& (je cavités réunies , et qu'on observe

Fig- 120. plus souvent cet aspect criblé qui donne

à la substance osseuse une grande analogie avec certaines tranches prises sur les dents (tig. 117). Les canalicules de ces lamelles s'anastomosent entre eux à la manière ordinaire, ou bien s'ouvrent à la surface interne ou externe de l'os ( fig. 120). Là où les os reçoivent les insertions des tendons et des ligaments, les canalicules des cavités osseuses les plus superficielles communiquent peut-être avec les cellules plasmatiques voisines, ou se terminent par une extrémité borgne. Toujours est-il que telles sont les relations qu'on trouve dans les portions d'os recouvertes de cartilage (extrémités articulaires, côtes, surfaces du corps des vertèbres , etc.). Dans les cloisons, les fibres et les lames de la substance spongieuse, les cavités osseuses, affectent toutes les directions possibles ; leur axe longitudinal est cependant, en général, dirigé dans le sens de celui des fibres, cloisons, etc., tandis que leurs faces sont tournées vers les espaces médullaires. Là aussi elles sont en communication les unes avec les autres par le moyen de leurs prolongements, dont les plus superficiels s'ouvrent directement dans l'espace médullaire.

Fig. 120. — Petite portion de la surface du tibia du veau, vue par sa face externe. Grossissement de 350 diamètres. Les petits points sont les orifices des canalicules osseux; les grosses taches obscures et irrégulières qui apparaissent par transparence dans la profondeur, sont les cavités osseuses auxquelles appartiennent ces canalicules.

Les cavités osseuses varient très peu, chez l'homme, sous le rapport de la grandeur et de la forme; elles représentent, en général, une graine de courge ou une lentille; quelques-unes, cependant, sont plutôt fusiformes ou sphériques. D'après mes mesures, qui n'ont été prises que sur des tranches bien remplies d'air, la longueur des cavités est de 0mm,02 à 0ni,",03i en moyenne, et varie entre 0mn,,014 et 0mm,036 ; très rarement elle atteint 0m,",05, ou môme 0mn\054 (os crâniens, maxillaire inférieur). Leur largeur, mesurée sur des tranches verticales, est de 0,nm,007 à 0m,Il,014; sur des tranches horizontales, on la trouve un peu plus considérable, puisqu'il n'est pas toujours possible de déterminer exactement la limite entre les cavités et les canalicules. Leur épaisseur, enfin, comporte 0m,1\007 à 0mm,009 dans les petites cavités, ()mm,005 à 0mm,009 dans les grandes. Les cavités arrondies mesurent 0mm,0 li à 0mm,018 dans tous leurs diamètres.

Les canalicules osseux ont, en moyenne, Omm,O I8 à 0m,n,036 de longueur, rarement moins ou plus, jusqu'à 0"m',05 et 0""",05i ; ils ont 0mm,00Ö9 de largeur à leur extrémité la plus rétrécie, Omm,00H à 0mn,,0018 à leur partie moyenne, et 0""', 00 I 8 à 0""",002àleur naissance. Sur des coupes superficielles, où ils étaient représentés par de petites ouvertures, ils étaient écartés de 0",m,0018 à 0""",005 les uns des autres; sur des coupes transversales, où ils forment les lignes rayonnées, ils paraissent un peu plus rapprochés, et distants seulement de 0""",001 8 à 0 ,00 27, parce que l'on voit à la fois les canalicules de plusieurs plans. Un canalicule osseux, avec tous les prolongements qui en dépendent, forme une espèce de sphère dont le diamètre moyen est de 0,m",05 à 0""",Ö76. 11 ne faut pas oublier, cependant, que certains canalicules dépassent notablement la longueur ordinaire. C'est ainsi que j'ai mesuré, entre deux cavités, des anastomoses qui avaient 0mm,09 à 0m,",0ï0 de longueur. Quant aux canalicules osseux spéciaux qu'on trouve dans la lame spirale du limaçon, voyez le chapitre consacré à Yoreille.

Donders et moi, nous avons trouvé que le contenu des cavilés osseuses est un liquide transparent, probablement visqueux, avec un noyau de cellule. En elfet, sur un os privé de ses sels calcaires, que l'on fait bouillir pendant une à trois minutes dans l'eau ou dans la soude caustique, les noyaux devien-

tient quelquefois très évidents : ou bien il apparaît des j ^\

corpuscules foncés , que l'on doit regarder comme / i u v .

le contenu cellulaire rétracté sur le noyau , et comme £ — ■ /fc r\ \

l'analogue des corpuscules de cartilage. Plus tard , "y \

Virchow (voy. Würzb. Verh., I, n° I 3 ) découvrit /yC/7^l/^M' \

qu'en faisant macérer les os dans l'acide chlorhy- / -f\ drique, on parvenait à isoler les cavités et les cana- CT licules osseux sous la forme de cellules étoilées. Ce \ ^ fait, confirmé par moi , Hoppe, Brandt et Gerlach , ^rtV"""1! ne reçut cependant sa véritable interprétation que \/ lorsque, Remak et moi, nous eûmes appliqué à la Fig. 12 1.

cellule animale la doctrine de l'utricule primordial

(voy. § 16), et lorsque Virchow eut démontré que les cellules plasmatiques se transforment également en cellules osseuses. 11 s'ensuit que les cellules osseuses de Virchow doivent être placées sur le même rang que les utricules primordiaux des cellules du cartilage d'ossification et des cellules plasmatiques des dépôts périostiques ; tandis que les cavités osseuses ne représentent, dans ces derniers, que des vides dans la substance fondamentale. Dans les cartilages d'ossification, au contraire, ces cavités figurent des vides dans les membranes externes secondaires des cellules de cartilage, membranes qui se sont ossifiées et confondues avec la substance intermédiaire. J'ai remarqué que, dans le cément du cheval, les capsules secondaires des cellules osseuses peuvent également être isolées par la macération dans l'acide chlorhydrique.

Fig. 121. — Fibre osseuse d'une apophyse, présentant des cellules osseuses de Virchow très visibles , avec leurs noyaux. Après la coction dans l'eau , et à un grossissement de 350 diamètres.

§ 96. Périoste. — Parmi les parties molles des os , le périoste est l'une des plus importantes; il consiste en une membrane extensible, vasculaire, plus ou moins transparente, légèrement brillante ou blanche jaunâtre, laquelle recouvre la plus grande partie de la surface des os. Les vaisseaux nombreux qui occupent l'épaisseur du périoste donnent à cette membrane une grande importance dans la nutrition des os.

La constitution dit périoste n'est pas partout la même. I! est épais, opaque, brillant à la manière des tendons, là où il est simplement recouvert par la peau, et aussi dans les points où il est en rapport avec des parties fibreuses, telles que ligaments et tendons, aponévroses, dure-mère cérébrale, etc. Il est mince et transparent, au contraire, là où les fibres musculaires se fixent directement sur lui, sans l'intermédiaire des tendons, ou sur la diaphyse des os dans les points où le corps charnu des muscles repose sur les os ; il en est de même à la surface extérieure du crâne (péricràne), dans le canal vertébral, dans l'orbite. Dans les points où les os sont recouverts par des membranes muqueuses, le revêtement périostique de l'os se trouve intimement confondu avec le tissu conjonctif de la muqueuse, si bien qu'on ne peut séparer ces deux membranes l'une de l'autre, et qu'elles constituent un seul et unique revêtement, tantôt assez épais (voûte palatine, cavités nasales, cavités alvéolaires), et tantôt plus mince (tissu maxillaire, cavité du tympan, cellules ethmoïdales).

L'adhérence du périoste avec les os est tantôt assez faible, et dépend du peu d'épaisseur de la membrane et de la délicatesse des vaisseaux qui se portent de cette membrane dans le corps de l'os; tantôt l'adhérence est plus intime, et elle est en rapport avec un périoste composé de plusieurs couches fibreuses et pourvu de vaisseaux plus volumineux ou de nerfs. La première disposition se rencontre surtout dans le périoste mince qui recouvre la substance compacte, comme sur les diaphyses des os, à l'intérieur et à l'extérieur de la voûte du crâne, aux sinus crâniens; la seconde disposition se montre dans le périoste épais qui recouvre des lames peu épaisses de substance compacte, comme, par exemple, sur les apophyses, sur les os courts, à la voûte palatine, à la base du crâne.

En ce qui regarde la structure intime du périoste, on remarque presque partout (à l'exception toutefois des points où les muscles naissent directement du périoste) que cette membrane est formée de deux couches qui adhèrent , il est vrai , fortement entre elles , mais qu'on peut néanmoins distinguer l'une de l'autre d'une manière plus ou moins nette. La couche externe est particulièrement constituée par un tissu conjoneth qui renferme ça et là quelques cellules adipeuses; elle est le principal siège des vaisseaux et nerfs du périoste. Dans la couche profonde, on remarque des libres élastiques ordinairement très fines, formant souvent ensemble des réseaux très serrés, et constituant aussi de véritables membranes élastiques superposées, et remplaçant plus ou moins complètement le tissu conjonctif proprement dit. On trouve encore dans cette couche des vaisseaux et nerfs, mais ils ne font que la traverser pour gagner les os auxquels ils sont destinés.

MOELLE DES OS. 2/|l

Les endroits des os où l'on ne rencontre point de revêtement périostique sont : 1° les extrémités articulaires recouvertes de cartilage, et tous les autres points de l'os recouverts de cartilage ou do fibro-cartilage ; 2" les points où les ligaments et les tendons s'insèrent sous un certain angle aux bords ou aux faces des os. Tels sont, par exemple, les points où s'insèrent les ligaments jaunes, les disques intervertébraux, les ligaments sacro-iliaques, les ligaments interosseux, le ligament rond du fémur, le ligament rotulien, etc. ; tels sont encore les points où s'insèrent les tendons du deltoïde, du coraco-brachial , du poplité, du psoas iliaque , du triceps fémoral, du carré fémoral, des adducteurs, etc.

Dans tous ces points les tendons, les ligaments ou les cartilages vont directement jusqu'aux os, ainsi que nous l'avons déjà indiqué précédemment, et l'on ne trouve aucune trace de périoste intermédiaire.

§97. Moelle des os. — Dans les os, presque toutes les cavités d'un certain volume sont remplies d'une substance molle, demi-transparente, jaunâtre ou rougeâtre, riche en vaisseaux, qu'on désigne sous le nom de moelle des os. Dans les os longs, cette substance existe dans le canal médullaire et dans les cavités des épiphyses; elle manque dans la substance compacte, excepté dans les grands canaux qui la parcourent. Dans les os plats et dans les os courts, il en est de même ; ajoutons que le diploë des os du crâne contient, outre la moelle, de grosses veines dont il sera question plus loin. Par conséquent, les espaces veineux dont nous parlons, les canaux de nutrition, les canaux de Hävers, les canaux nerveux et les espaces remplis d'air décrits précédemment, ne contiennent point de moelle.

La moelle des os se présente sous deux aspects : elle est jaune ou rouge. La première variété existe principalement dans les os longs ; elle consiste en une masse demi-liquide qui renferme, d'après Berzelius (moelle de l'humérus du bœuf), 96 parties de graisse, 1 partie de tissu conjonctif et de vaisseaux, 3 parties d'un liquide contenant des substances extractives analogues à celles de la chair musculaire. La moelle rouge se trouve dans les épiphyses, dans les os courts et dans les os plats , mais particulièrement dans les corps des vertèbres, dans les os de la base du crâne, dans le sternum, etc.; elle se distingue de la précédente, non-seulement par une coloration rouge ou rougeâtre, et par une consistance moindre, mais encore par ses propriétés chimiques. On trouve, en effet, dans le diploé, d'après Berzelius, 75 parties d'eau, 25 parties de substance solide, consistant en albumine, fibrine, extractifs et sels analogues à ceux de la chair musculaire, et seulement des traces de graisse.

En ce qui concerne la structure, on trouve dans la moelle des os, indépendamment des vaisseaux et des nerfs , du tissu conjonctif, des cellules adipeuses, de la graisse libre, un liquide, et enfin de petites cellules spéciales, ou cellules de la moelle.

Le tissu conjonctif et la graisse existent partout , mais en proportions variables. Le tissu conjonctif est peu solide sur les parois des grands canaux médullaires de la diaplryse des os; et ce n'est que d'une manière impropre qu'on le désigne sous le nom de membrane de la moelle ou de membrane médullaire (endosteum, periosteum internum , périoste interne), car il ne

242 tilSTOLOGIE SPÉCIALE.

se laisse point séparer à l'état de membrane continue. La moelle contenue dans le tissu spongieux des os ne renferme presque pas de tissu conjonctif, excepté dans les points où elle est rassemblée en masses d'un certain volume. Dans la moelle qui remplit la diaphyse des os, au contraire, le tissu conjonctif est facile à mettre en évidence; il constitue une trame délicate, lâche, renfermant la graisse, les vaisseaux et les nerfs. Les éléments de ce tissu sont ceux du tissu conjonctif lâche (voy. § 2/r), et, autant que j'ai pu le voir, ils sont dénués de fibres élastiques.

Les cellules adipeuses existent en grande abondance dans la moelle jaune des os; elles ont de O'^OoS à 0mm,070; il n'est pas rare d'y rencontrer un noyau. On les trouve accumulées en masses comme dans le pannicule adic peux ; mais elles ne sont point groupées en lobules aussi distincts. Dans la moelle rouge et fluide, elles sont beaucoup moins abondantes; dans la pulpe ronge du corps des vertèbres et des os plats du crâne, elles se montrent sous forme de petites agrégations disséminées par places, ou même à l'état d'isolement ; de là la petite quantité de graisse signalée dans le diploé par Berzelius. Dans la moelle des os des hydropiques, les cellules adipeuses contiennent souvent moitié moins de graisse ou seulement quelques gouttelettes de graisse suspendues dans un sérum abondant. Dans l'hypérémie du tissu osseux, ces cellules sont atrophiées ou transformées en cellules fusiformes.

On rencontre toujours, et souvent en quantité notable, des gouttelettes de graisse libre, ainsi qu'un liquide clair ou jaunâtre, dans les points où la moelle offre une consistance fluide. On peut se convaincre facilement que ces gouttelettes libres ne se sont point échappées des cellules adipeuses pendant la préparation; mais on est en droit de se demander si ces gouttelettes ne proviennent pas de cellules dont les enveloppes ont disparu.

Enfin, on trouve dans la moelle rouge ou rougeâtre , jamais dons la moelle jaune , de petites cellules arrondies , pourvues d'un noyau, cellules tout à fait semblables à celles de la moelle embryonnaire (voy. plus loin la fig. 134, p. 272). Ces cellules de la moelle , tout à fait analogues à celles que Hasse et moi avons trouvées dans la moelle rouge hypérémiée des extrémités articulaires des os longs ( voy. Zeitschrift für rationelle Mediän, t. V), n'en existent pas moins d'une manière normale dans les Vertèbres , dans les os du crâne proprement dit, dans le sternum et dans les côtes. On ne les rencontre ni dans les os longs, ni dans les os courts des membres; et elles paraissent se montrer en nombre variable dans le scapulum , dans l'os innommé et dans les os de la face.

§ 98. Connexions des os. Synarthrosc*. — Dans ce mode de connexions, les os sont liés entre eux sans articulation proprement dite.

Fig. 122. — Doux cellules adipeuses de la moelle du fémur de l'homme, a, noyau; b, membrane de la cellule *c, graisse. Grossissement de 350 diamètres.

CONNEXIONS DES OS. S YN ARTHROSE S , ïhî

1° Dans la suture, les os sont réunis entre eux par une couche membraniforme blanchâtre, très mince, à laquelle beaucoup d'auteurs ont donné à tort le nom de cartilage suturai. Cette substance d'union est simplement constituée par du tissu conjonctif dont les fibres, analogues à celles des ligaments , représentent de petits faisceaux courts et parallèles , qui vont du bord articulaire de l'un des os à celui de l'autre os ; elle ne se distingue que par la présence d'un grand nombre de cellules plasmatiques irrégulières, et pour la plupart un peu allongées. Ce ligament suturai, ainsi qu'on peut l'appeler, est très évident tant que les os du crâne croissent encore ; il est alors doué d'une faible consistance et conformé d'une manière caractéristique (voy. plus loin). A mesure que l'accroissement des os s'achève , le ligament suturai diminue de plus en plus, devient plus résistant, et, dans un âge avancé, il disparaît en beaucoup d'endroits, particulièrement dans la profondeur des sutures ; il peut même s'effacer entièrement par la disparition des sutures.

2° Dans la Syndesmose, les os sont réunis entre eux par des ligaments, fibreux ou élastiques. Les ligaments fibreux sont les plus répandus; ils sont blancs, brillants, et ressemblent, quant à leur structure , soit aux aponévroses ou aux ligaments des muscles , soit aux tendons proprement dits. Les ligaments élastiques ( voy. fig. 123 ) comprennent les ligaments jaunes étendus entre les lames des vertèbres et le ligament cervical postérieur ; ce dernier est beaucoup moins développé dans l'espèce humaine que dans les autres mammifères. Les ligaments jaunes sont d'une couleur jaunâtre, solides, très élastiques; leurs éléments ont de 0mm,003 à 0mm,009 de diamètre, et sont constitués par des fibres polygonales arrondies, réunies sous forme de réseaux épais qui, dirigés parallèlement à l'axe vertical de

Fig. 123. — A. Tranche horizontale du ligament cervical postérieur du bœuf, humectée avec la potasse. Grossissement de 350 diamètres, a, tissu conjonctif d'apparence homogène; 6, coupe des fibres élastiques (de 0m,n,009 à 0"m',02 de diamètre).

B. Fibres élastiques, a, fibres élastiques provenant des ligaments jaunes de l'homme; b, tissu conjonctif interposé. Grossissement de 450 diamètres.

2h h HISTOLOGIE SPÉCIALE.

la colonne vertébrale, donnent aux ligaments jaunes une apparence fibreuse dans la même direction. Entre ces fibres qui, sans former des faisceaux ou des lamelles distincts, constituent par leur ensemble les ligaments jaunes eux-mêmes, on trouve du tissu conjonctif, moins abondant, il est vrai, que les fibres élastiques, mais cependant reconnaissable dans tous les ligaments de ce genre ; il se présente sous forme de petits faisceaux lâches , onduleux, étendus parallèlement à la direction principale des libres élastiques. D'après Todd et Bowman , le ligament stylo-hyoïdien et le ligament latéral interne de l'articulation temporo-maxillaire sont également constitués, principalement, par des fibres élastiques volumineuses.

3° La synchondrose est formée, soit par des cartilages, soit par des cartilages auxquels viennent se joindre des liens fibro-cartilagineux et fibreux. La première conformation ne se rencontre chez l'adulte que dans l'union des côtes avec le sternum. La véritable synchondrose n'existe même, à proprement parler, que pour la première côte; les extrémités antérieures des deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes, sont liées au sternum par de véritables articulations (diarthroses), et les fausses côtes se terminent par une extrémité libre, ou bien se fusionnent entre elles. Dans la symphyse pubienne, dans la synchondrose sacro-iliaque, et dans l'union des corps des vertèbres, on trouve entre les os une couche de substance cartilagineuse proprement dite. Dans les deux premières de ces articulations, cette substance réunit directement les surfaces osseuses, et dans la dernière l'insertion sur les os se fait à l'aide d'un tissu fibro-cartilagineux. Dans les trois articulations on trouve, d'ailleurs, en dehors du cartilage et les entourant concentriquement, des amas de tissu fibreux ou fibro-cartilagineux. Dans l'épaisseur des tissus d'union des deux premières articulations dont nous parlons, on trouve souvent une cavité, d'où il résulte que la synchondrose sacro-iliaque, tout au moins, peut être envisagée comme une espèce d'articulation véritable (Zaglas, Luschka).

Les ligaments intervertébraux , ou disques ligamenteux interposés entre les corps des vertèbres, sont composés de trois parties : 1° de couches concentriques formées de fibro-cartilage et d'un tissu conjonctif blanchâtre ; 2° d'une masse centrale principalement (ibro-cartilagineuse; 3° de deux lames cartilagineuses immédiatement appliquées sur les surfaces osseuses. Les couches concentriques consistent en couches alternativement composées de tissu conjonctif et de fibro-cartilage. Ce dernier tissu se montre sur des coupes fraîches sous forme de zones mates et jaunâtres ; ces zones, vues sous l'eau, paraissent dures et transparentes , et l'observation microscopique y découvre des cellules de cartilage, petites, allongées, disposées en séries au milieu d'une trame fibreuse qui se distingue du tissu conjonctif par une plus grande solidité, par l'absence de fibrilles distinctes, par une grande résistance aux alcalis et à l'acide acétique, et par l'absence complète de fibres élastiques.

Les fibrilles qui composent les zones blanchâtres de la couche concentrique, quoique plus intimement unies que celles des ligaments et des tendons, peuvent être cependant dissociées assez facilement: on ne trouve entre elles qu'un petit nombre de cellules plasma tiques, et souvent on n'y rencontre aucune fibre élastique ; il est permis de les considérer comme constituées par du tissu conjonctif. Les zones de tissu con-

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