CONNEXIONS DES OS. SYNÀRTII ROSES
jonctif forment des anneaux complets ou des segments d'anneaux qui ont de 0""",7 a 2""", 8 d'épaisseur, ou plus encore; ces zones alternent avec les anneaux plus minces et souvent incomplets du tissu fibro-cartilagineux, sont unies avec eux d'une manière solide, et, de cette association , résulte plus de la moitié de chaque ligament intervertébral. Les fibres de l'une et de l'autre zone se dirigent généralement de haut en bas, et toujours obliquement, de manière qu'elles se croisent les unes les autres dans les diverses zones. Ajoutons encore que chaque zone présente plus ou moins clairement une structure lamelleuse. Les feuillets qui constituent les zones de tissu eonjonctif sont dirigés comme les zones elles-mêmes , tandis que, dans les zones du tissu fibro-cartilagineux , les feuillets affectent plutôt une direction radiée.
La masse centrale et molle des ligaments intervertébraux ( noyau gélatineux des auteurs) n'est pas essentiellement différente des parties déjà décrites. En effet, on trouve encore ici des couches de tissu eonjonctif; seulement elles sont moins abondantes que le tissu fîbro-eartilagineux , elles sont moins distinctes de ce tissu, et de- c viennent de plus en plus rares. Vers le centre, toute trace de stratification et de disposition concentrique disparaît
la masse devient transparente, molle,
et sensiblement homogène.
Dans la masse centrale des ligaments vertébraux , le microscope montre principalement du tissu fibro-cartilagineux et de grandes cellules de 0mm,026 à 0mm,052 de diamètre, souvent incluses les unes dans les autres (voy. fig. 124). Ainsi que Henle l'avait déjà observé , ces cellules ont des membranes secondaires uniformément épaissies par des couches concentriques et renferment une cavité souvent t rès petite, dans laquelle se trouve contenu l'utricule primordial ratatiné. On rencontre aussi des cellules plus petites, tantôt isolées , tantôt groupées en petites masses , et qui paraissent être des cellules en voie de disparition. On y rencontre encore une substance fondamentale confusément fibreuse ou granulée , comme en voie de décomposition; il existe, enfin, beaucoup de liquide dans les interstices de ce tissu. La partie moyenne de la masse fibro-cartilagineuse se transforme vers la surface osseuse correspondante du corps de la vertèbre, en une lamelle mince, solide, jaunâtre, adhérente à l'os, composée de substance cartilagineuse proprement dite, laquelle contient des cellules épaissies pourvues par places de dépôts calcaires, et ne manque pas d'analogie avec les cartilages diarthrodiaux , bien qu'elle soit moins résistante. Plus en dehors on trouve encore, dans le voisinage des vertèbres, de la substance cartilagineuse proprement dite, sous forme de petits disques ou de petites participés, qui paraissent être liées au tissu fibro-cartilagineux des ligaments; le tissu eonjonctif interposé entre ces particules est parsemé de cellules de cartilage, comme dans les points d'insertion des tendons sur les os (voy. § 85). La surface osseuse du corps des vertèbres qui correspond à cette portion des ligaments intervertébraux présente, lorsqu'on a enlevé les ligaments, un aspect comme poreux, et la moelle de l'os se trouve mise à nu. Les petits disques cartilagineux dont il vient d'être question recouvrent et ferment ces pores, tandis que le tissu
Fig. 124. — Cellules de la masse centrale des ligaments intervertébraux.
1. Grande cellule mère, a, paroi provenant d'une première génération de deux cellules filles; b, cinq cellules filles de la seconde génération, avec leurs parois concentriques épaissies; c, utricules ratatinés contenus dans les petites cavités des cellules filles.
2. a. Cellule mère contenant deux cellules filles à parois uniformément épaissies; b, cloison délicate séparant les deux cellules filles ; c, utricule ratatiné contenu dans la petite cavité des cellules filles.
fibreux, avec ses fibres verticales, s'insère aux os dans les intervalles de ces petits disques.
Entre le sacrum et le coccyx, et entre les vertèbres coccygiennes, existent des ligaments intervertébraux (on les désigne sous le nom de faux ligaments) qui consistent en un tissu fibreux à peu près homogène, et sans masse centrale molle. Les diverses pièces du sacrum présentent entre elles , dans le principe, de véritables ligaments intervertébraux; à une époque plus avancée, ces ligaments s'ossifient du dehors au dedans, de telle sorte qu'on trouve souvent, chez l'adulte, des traces de ligaments dans l'épaisseur de ces ossifications.
Donders et H. Meyer sont portés à penser, surtout d'après les caractères chimiques, que le tissu conjonctif ne concourt pas sensiblement à la constitution des fibres des ligaments intervertébraux , mais que ces fibres sont les analogues de la substance fondamentale des vrais cartilages. Cela peut être pour le noyau central et pour les couches fibro-cartilagineuses des portions concentriques , quoique , cependant, les parties réellement fibreuses de ces dernières couches ne paraissent pas devoir être envisagées ainsi. Au reste, je pense qu'ici ce n'est pas la chimie, mais l'histoire du développement, qui peut fournir la solution du problème. En effet, il existe, sous le rapport du développement, entre les fibrilles de tissu conjonctif qui procèdent de cellules, et la substance intercellulaire fibreuse, des différences qui sautent aux yeux; tandis que la chimie n'est vraisemblablement pas en mesure de distinguer les unes des autres.
Les ligaments intervertébraux sont soumis à des dégénérescences variées. Ils peuvent s'ossifier : l'ossification procède des lamelles cartilagineuses ; elle est sans doute accompagnée de l'atrophie de la substance fibreuse propre, et elle peut aller jusqu'à l'ankylose des deux vertèbres voisines. Les ligaments intervertébraux peuvent s'atrophier, devenir friables, ou se transformer, dans leurs parties centrales et aussi dans leurs autres parties, en un détritus grisâtre. Enfin, quoiqu'ils ne contiennent pas de vaisseaux à l'état normal, il semble s'en développer dans leur intérieur sous l'influence morbide; on trouve du moins assez fréquemment par places, et surtout au voisinage de leur insertion sur les os, des épanchements de sang dans leur intérieur.
La lame cartilagineuse de la symphyse pubienne est plus épaisse vers la partie moyenne, et vers la partie antérieure de l'articulation, que dans les autres points; elle s'unit avec les os par des surfaces rugueuses ; elle a une épaisseur de 1 à 2 millimètres, et consiste en substance de vrai cartilage, c'est-à-dire en une masse fondamentale homogène, finement granulée, contenant des cellules mères simples de 0,nm,022 à 0mn\053 de diamètre. Dans le milieu, la substance fondamentale est plus molle et prend un aspect fibreux. En ce point on trouve aussi, principalement chez la femme, une cavité étroite, irrégulière, à parois inégales, remplie d'une petite quantité d'un liquide de consistance visqueuse ; cette cavité doit manifestement son origine à la dissolution des couches cartilagineuses les plus profondes, ainsi qu'on peut s'en convaincre en voyant encore les traces de ce ramollissement sur les surfaces des cartilages qui bornent la cavité. (Consultez la description très détaillée de Luschka.)
Les couches extérieures de la symphyse sont, ainsi qu'on le sait, plus développées en haut et en avant que partout ailleurs; elles ont l'aspect de lamelles de tissu conjonctif propre, et ne vont pas directement de l'os d'un côté à l'os opposé, mais se fixent à la partie extérieure des lamelles cartilagineuses précédemment décrites. Ces couches consistent essentiellement en un tissu identique avec le tissu conjonctif, contenant çà et là, au milieu des fibres, des cellules de cartilage.
En examinant la symphyse pubienne (voy. fig. '1 25) , on peut suivre la formation des cavités osseuses (corpuscules osseux des auteurs) plus facilement que partout ailleurs, si ce n'est, toutefois, dans les os rachitiques. On trouve toujours, en effet, à demi engagées dans la marge osseuse qui borde la symphyse et à demi engagées dans le cartilage de la symphyse, des capsules osseuses à parois homogènes et à parois granulées (granulations formées de sels calcaires) de 0mm,026 à 0nini,035 de diamètre. Les capsules de cartilage placées dans le voisinage de celles-ci, et présentant