UV11E VI, CHAPITRE IX
vos ennuis, de soulager voire goutte, de guérir vos maux de nerfs et vos rhumatismes.
L'hygiène, par notre organe, vous dit, vous répète et vous répétera en toute occasion : employez une partie de votre fortune à vous créer des occupations sanitaires -, l'homme est fait pour l'action et non pour l'oisiveté , pour les champs et non pour la ville : allez-y cultiver vos terres , y planter des hois ; enrichissez vos jardins de bons fruits , ornez-les vousmêmes de belles fleurs : l'on en a aujourd'hui de si belles et de si nombreuses variétés, que tous les goûts peuvent se satisfaire. Rien, à notre avis, n'est plus agréable , plus poétique, plus délicieux, plus salubre, que tous ces genres de culture. C'est un préservatif de bien des peines. Que si vous n'avez par hasard aucun goût pour ces occupations que tant d'autres trouvent si attrayantes , alors faites des voyages instructifs, occupez -vous d'art, associez -vous à des travaux utiles , devenez instruments actifs d'œuvres de charité philanlropique, de vérités utiles 5 voilà des distractions qui, accompagnées d'exercices musculaires , et souvent répétées, remueront agréablement votre sentiment, plairont à votre esprit, fortifieront votre santé et prolongeront votre existence. Mais comme vous n'êtes pas faits pour rester dans le célibat, que le sentiment , la santé , la nature enfin , exigent que vous contractiez des liens de famille , vous aurez alors à dépenser une partie de vos richesses en faveur de vos enfants. Ici encore, l'hygiène doit vous conseiller de faire cette dépense de manière à leur faire acquérir des biens plus importants, plus durables, que ceux que vous devez leur laisser après votre mort. Il faut donc que l'éducation que vous leur ferez donner ait pour but principal de faire germer dans leur cœur ces sentiments de sympathies bienveillantes et ces douces vertus qui doivent les faire chérir et estimer de leurs semblables.
Que l'instruction à son tour développe les nobles facultés de leur entendement , le remplisse de vérités utiles ; que tout concoure, exemple et préceptes, maîtres et leçons, à leur donner tout à la fois cette pureté d'affectinns, cette candeur, cette
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expansion de sentiments, qui font l'homme bon , doux et aimant , et de l'autre, celte suprématie de raison , cette énergie de volonté qui le rendent capable de discipliner tous les appétits , de réfréner toutes les passions qui pourraient mettre le trouble dans son organisation , et compromettre sa santé , le premier de ses biens. Si l'éducation des enfants était vicieuse, leur conduite mauvaise, que de chagrins vous auriez , et combien votre santé en souffrirait !
Enfin l'hygiène, dans toutes vos indispositions, vous prescrit une diète sévère, comme principal moyen de les faire cesser promptement. Vous n'êtes pas comme les indigents ; ceux-ci sont plus souvent malades d'inanition et de faiblesse-, vous, vous l'êtes par trop de réplétion, ou par excès de stimulants 5 s'il leur faut de bons bouillons, des fortifiants, à vous il faut au contraire des saignées et des rafraîchissants, eux sont usés par les rudes travaux, vous par les violentes passions 5 c'est donc à calmer celles-ci qu'il vous faut employer toute la puissance de votre raison. Prenez un peu de Sa peine physique des indigents ; donnez-leur le superflu de votre alimentation, et vous établirez une sorte d'équilibre qui vous profitera autant qu'à eux. En résumé, travaillez, exercez -vous plus, mangez beaucoup moins, modérez-vous davantage dans l'usage des plaisirs , vous vivrez mieux, plus moralement, plus sainement et plus long-lemps.