‹ Eléments d'hygièneChapitre 151 sur 156 · LIVRE *:, CHAPITRE \vr · texte numérisé non relu

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CesX principalement dans les premières époques de la jeunesse qu'on a plus de chances pour réussir à perfectionner la vie sympathique. Si c'est en masse ou par groupes nombreux qu'on veut travailler à celte œuvre, il est indispensable de commencer d'abord par se former un noyau d'élèves purs , qui, à raison de la puissance d'imitalion qui existe particulièrement chez les enfanls , deviendront tics modèles pour ceux qu'on réunira autour d'eux. Mais il importe surtout que le maître qui les dirige soit lui-même bienveillant, pour qu'il use sans peine à leur égard de ces bons soins, de ces louanges délicates , de ces procédés affectueux qui subjuguent le cœur et y font naitre le sentiment de l'amitié. Cela obtenu , ii doit successivement et avec opportunité soumettre leur système nerveux et sympathique à ces touchantes impressions dont nous venons de parier , en commençant d'abord par celles qui sont de nature à faire naître le sentiment social de la compassion, sentiment qui, étant développé suffisamment, tend à annuler, ou au moins à contrebalancer son antagoniste, celui de la crainte. L'histoire d'infortunes intéressantes, les tableaux de scènes touchantes, et au besoin le spectacle vivant de la douleur, voilà ce qui sert à atteindre ce but. Plus tard , il leur parle de gloire et d'honneur , il leur fait faire connaissance avec ces nobles sentiments , dans la personne de ceux qui se sont illustrés , illeur fait voir qu'on arrive à la gloire et qu'on mérite des honneurs par des inventions utiles et une conduite de dévoùment , tout aussi bien que par des actes de courage et d'héroïsme. Aux beaux traits, aux nobles actions des grands hommes, qui leur ont valu une glorieuse immortalité, il oppose adroitement la honte et l'opprobre dont est souillée la mémoire de ceux qui ont fait des choses honteuses et infamantes. C'est ainsi qu'il les enflamme de la passion des grandes choses, qu'il sait faire palpiter leur cœur au nom de patrie, de liberté et d'humanité, et qu'il les enthousiasme pour le hsau, l'utile et le vrai.

Enfin , le moment arrive pour le maître d'exciter dans ses élèves le sentiment sublime de l'admiration religieuse, senti-

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ment qui par sa nature tient autant à la vie intellectuelle qu'à la vie affective. Il y parvient en leur faisant observer l'enchaînement et les rapports si bien calculés qui existent entre tous les règnes de la nature , en passant en revue celte série aussi surprenante que variée de moyens qui ont été mis à la disposition des êtres vivants , pour leur accroissement, leur conservation et leur propagation , en leur donnant une idée de ces lois qui président aux phénomènes célestes, etc. Bientôt à ce sentiment vient se joindre celui de la reconnaissance pour l'auteur et l'ordonnateur de tant de merveilles, si le maître a su leur faire sentir tous les avantages qui sont accordés à notre espèce au milieu de tous les autres êtres de la création, sur lesquels elle règne en maître par la puissance de son âme intelligente. C'est ici qu'on peut leur parler de dignité morale , de liberté , d'indépendance , et de cette force de caractère qui nous permet de commander à nos passions et de régner sur nous-mêmes comme sur tout ce qui nous entoure. Alors on arrive à développer ces sentiments de haute philosophie religieuse, ce besoin d'aimer, de croire et d'espérer en Dieu, qui servent plus tard de base, d'appui et de régulateur à notre We morale.

Nous en avons assez dit pour faire sentir qu'en agissant tour àtour ou simultanément sur nos trois modes d'existence, par tous les moyens que nous n'avons indiqués que fort incomplètement , l'on arrivera à modifier dans un but humanitaire et social , non-seulement un très-grand nombre des êtres de la génération présente , mais encore leurs descendants , c'est-à-dire que la race humaine se perfectionnera par les mêmes moyens que ceux qui perfectionnent l'individu. Il y aurait encore un autre moyen puissant d'améliorer les générations futures 5 il consisterait dans le croisement des races, au moins dans celui des variétés de races ; mais comme les individus qu'il conviendrait d'unir ainsi habitent souvent très-loin les uns des autres , l'on pourrait se borner à établir ce croisement entre les individus de tempérament et de caractère opposés ; en d'autres termes , il faudrait que les époux

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fussent, par rapport à leur organisation et à leurs passions, dans un état d'antagonisme. Les lumières , en se répandant , feront à l'avenir considérer les mariages sous d'autres aspects que ceux sous lesquels on les a envisagés jusqu'à présent. L'on ne se mariera plus, quand on sera devenu plus éclairé et plus moral, dans un intérêt de vanité ou de fortune, ou par caprice , comme on le fait aujourd'hui. L'on songera un peu plus , il faut l'espérer , à la sanlé et aux qualités morales de ses enfants. L'on n'oubliera pas que la plupart des vices physiques et moraux sont héréditaires. En attendant que le but du mariage soit mieux compris et mieux rempli , tâchons toujours , par une bonne et solide éducation , d'imprimer à l'organisme des enfants des modifications qui soient telles qu'elles puissent améliorer leur caractère , leurs passions et leur santé. Alors, l'on n'aura pas seulement travaillé pour leur bien-êlre, mais aussi pour celui de leur postérité.

L'expérience a prouvé , en effet , que toute modification profonde que l'on fait subir progressivement aux organes est susceptible de se transmettre par la génération , toutefois quand cette modification n'est pas trop contraire aux lois de l'organisme. C'est ainsi qu'on est arrivé à faire perdre par degrés successifs à beaucoup d'animaux leur instinct primitif et les habitudes de leur vie sauvage , qu'on a changé leur caractère, et qu'en continuant la même éducation à leurs descendants , l'on a fini par donner à leur race des penchants opposés à ceux qu'ils tenaient de leur première nature. C'est de cette manière qu'on est parvenu à métamorphoser l'instinct primordial et féroce du chien en véritable dévoûment social, ce qui fait que cet animal , aujourd'hui, vit en quelque façon plus pour celui auquel il s'est attaché que pour lui-même. Ainsi linstinct sympathique et bienveillant de l'homme étant successivement et avec persévérance cultivé et développé dans l'individu et sa lignée , pourra à la suite devenir assez prédominant pour affaiblir, et peut-être même annuler la puissance du moi , ou tout au moins lui donner une direction telle, qu'il s'aimera dans ses semblables et trouvera l'une de

ses pi us douces jouissances à leur l'aire du bien , el memr à se dévouer s'il le faut pour leur bonheur. C'est alors *| u^il sera devenu un être éminemment social , très-disposé à se placer sous des institutions qui auront pour but d'établir et de faire régner sans perturbation l 'égalité , dans son acception la plus large possible.

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