‹ Eléments d'hygièneChapitre 39 sur 156 · LIVRE IV, CHAPITRE VIII. C · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE VIII. C

la vie future, mais le voile qui couvre le principe des choses ne peut être déchiré, tout est mystère dans l'organisation. Aussi, fatigué de nos vains efforts, nous prononcions ce mot consolant : croyons , et, la tête hrûlante . nous demandions à ce Dieu , que nous ne pouvions saisir, le calme qu'il nous faisait perdre en cherchant à le comprendre.

Avant d'arriver à l'explication physiologique du sommeil, c'est-à-dire du cerveau qui ne pense plus, il faudrait connaître la modification de la pulpe céréhrale dans l'acte de la pensée , mais les épaisses enveloppes qui l'entourent le dérobent à nos yeux , et quand nous faisons cet examen , ce n'est plus qu'un corps soumis à l'empire des lois physiques et chimiques , parce que la vie s'en est retirée *, mais , cette inspection serait-elle possible , elle ferait encore le désespoir des matérialistes -, elle leur prouverait qu'en dehors des organes il y a quelque chose, que la vie ne résulte pas d'un arrangement moléculaire. Et comment expliquerions-nous la pensée en scalpant l'instrument de l'intelligence , quand nous ne savons pas ce qui se passe en lui, pendant l'acte qui nous occupe? En effet, est-ce un état passif ou actif du système nerveux en général, ou du système nerveux cérébral en particulier, et par lequel il se répare ? Il y a-t-il suspension d'actions dans tous les organes éloignés, par suite de la concentration de l'influx nerveux , des principes de la sensibilité dans le cerveau ? Il y a-t-il collapsus de ses fibres , ou compression par suite d'une congestion sanguine , ou retrait du sang et transport de ce sang dans l'abdomen , dont les fonctions sont plus actives , somnus lahor visceribus , motus in somno intrà vergunt; ce qui, malgré l'autorité d'Hippocrate , n'est qu'une pure hypothèse. Toutes conditions , en un mot, qui ne permettent pas l'exercice de la pensée , et cependant elle s'exerce , non pas à la vérité sous l'empire de la volonté et du jugement, mais quelquefois avec assez de puissance et de lucidité pour résoudre des difficultés scientifiques. D'autres fois , il y a persistance de quelques facultés intellectuelles, au point de commander aux instruments des actions sensoriales, de la loco-

motion et de la parole , ce qui constitue le somnambulisme naturel ou magnétique.

Nous pourrions ici parler longuement de ce curieux phénomène, qui a eu et qui vient d'avoir encore ses fiévreux partisans , si les prodiges qu'ils annoncent seuls n'étaient pas de la charlatanerie comme tant d'autres merveilles spéculatives -, c'en était fait de la psychologie de l'homme , les actes physiques, intellectuels et moraux , se passaient tout autrement ; l'ère des extatiques, des convulsionnaires, des trembleurs, des crisiaques , des possédés, allait luire sur le monde au XIXe siècle. Mais honteux de mettre en relief notre ignorance, effrayé des deux questions suivantes : le somnambulisme est-il un état normal , ou une maladie des organes de l'innervation ? nous passerons à des choses positives.

Besoin de dormir.

Le besoin qu'on éprouve de se livrer au sommeil se fait plus ou moins sentir, selon les fatigues de la veille et lanécessitéde réparer les pertes qu'elles ont causées 5 par conséquent , plus le système nerveux aura dépensé , plus il y aura urgence de le mettre promptement dans des conditions de réparation. Ainsi, les enfants , dont tous les actes s'exécutent avec cette pétulance et cette vivacité qui contrastent avec la lenteur du vieillard, dorment à chaque instant du jour. Le climat agit puissamment sur ce besoin -, l'habitant des pays méridionaux dort davantage que celui des pays septentrionaux. Le premier perd beaucoup par la transpiration , la sécrétion , en un mot , par tous les excitants extérieurs qui l'affaiblissent.

L'habitude a une grande influence sur le retour et la durée du sommeil ; les uns dorment plus , les autres dorment moins ; tel s'endort en se mettant au lit, tel autre lentement; tel encore repose en peu de temps , tel autre en beaucoup. Il n'y a donc rien de déterminé à l'égard de sa durée. Le précepte de l'école de Salerne , sex horas dormire sat est, ne peut être donné comme une règle générale. Un homme livré à une vie active , et dont les heures sont comptées, n'a pas de temps

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