‹ Eléments d'hygièneChapitre 40 sur 156 · LIVUK IV, CHAPITRE VIU · texte numérisé non relu

LIVUK IV, CHAPITRE VIU

à perdre ; ii dort vite en quelque sorte , et goûte en peu d'heures le charme et les bienfaits d'un sommeil réparateur. Celui dont l'existence est partagée entre le désœuvrement et l'ennui, reste dix ou douze heures au lit, et se plaint de ne pas dormir assez.

Effets du sommeil.

Le sommeil, comme nous l'avons dit, est destiné à réparer les fatigues de la veille 5 agissant sur le système nerveux d'une manière spéciale et inconnue , il lui rend , par la suspension momentanée de son action , la merveilleuse propriété de commander de nouveau à toutes les fonctions de l'économie. Il agit spécialement sur les organes musculaires et les rend propres à exécuter les mouvements qu'ils sont chargés d'accomplir. En les mettant dans un repos absolu , il leur permet de réparer les pertes qu'avait causées leur exercice ; ce relâchement empêche de nouvelles dépenses , favorise l'accumulation des liquides en empêchant les sécrétions qui doivent les dépenser •, il augmente ainsi la nutrition et l'accroissement.

L'hygiène , pour obtenir ces bons résultats , doit veiller à ce que les conditions qui peuvent les amener soient remplies. Ces conditions sont physiques et morales. Si l'exercice de la veille n'a pas été suffisant pour causer des pertes , le besoin de dormir se fait mal sentir, on dort peu , et d'un sommeil agité. Voilà pourquoi les convalescents se plaignent de ne pas dormir } ce qui est dû , dans beaucoup de cas , non à l'effet des douleurs qu'ils ont ressenties , mais au séjour prolongé du lit, au défaut d'exercice 5 perdant peu , ils n'ont rien à réparer. Si , au lieu de ce défaut de mouvement , d'action , il y a excès, les suites sont les mêmes , la fatigue se fait ressentir dans les organes , il y a souffrance, le sommeil se fait long-temps attendre. La promenade, le grand air, sont utiles dans le premier cas-, dans le second, on obtient les mêmes effets d'un bain tempéré, il repose les membres fatigués, produit un sentiment de fraîcheur qui diminue l'activité de la circulation , ei

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modère l'excilation des sens et du cerveau. Les causes morales agissent à leur tour sur la production du sommeil. L'ambitieux , poursuivi par ses rêves de grandeur, tourmenté de la soif des honneurs et des richesses , emploie une partie des heures consacrées au repos à rechercher la réalisation de ses projets -, il ne goûte pas , à proprement parler, les douceurs du repos, mais un sommeil lourd et fatigant ferme péniblement ses paupières. Celui , au contraire , qui n'a l'esprit ni tendu, ni préoccupé , à qui le calme des passions donne la tranquillité du cœur, s'endort avec la satisfaction d'avoir rempli ses devoirs ou fait une bonne action :, les rêves qui l'agitent quelquefois sont agréables comme les objets qui les font naître 5 en paix avec sa conscience, il repose doucement : c'est le sommeil du juste.

Ce peu de mots suffit pour faire connaître les conditions d'un bon sommeil. Si la veille a été hygiéniquement employée au physique comme au moral , l'état qui lui succédera produira l'effet désiré. On doit éviter de manger, avant de se coucher, des mets de difficile digestion, et surtout en grande quantité, car la réplction de l'estomac cause de l'agitation, des cauchemars pénibles. Nous ne proscrivons pas cependant une légère collation, elle est ulile aux personnes maigres, parce que, servant tout entière à la nutrition , elle peut donner un peu de l'embonpoint qui leur manque*, c'est par cette raison qu'elle doit être sévèrement proscrite chez toutes celles qui ont de la tendance à l'obésité. Du reste , ici comme en toutes choses, l'habitude joue le plus grand rôle:, nos pères soupaient et se portaient mieux que nous. Quelle gaité franche brillait dans leurs petits soupers, et quels regrets amers leur suppression a causés aux spirituels contempteurs du présent et admirateurs du passé !

Les hommes livrés aux travaux intellectuels trouvent difficilement le sommeil ; nous leur conseillons , commeà tous ceux qui sont sous l'influence d'une excitation cérébrale produite par une cause quelconque, de chercher à calmer leur agitation par quelques distractions 5 carie silence de la nuit

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