‹ Eléments d'hygièneChapitre 47 sur 156 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

3>e la génération.

On appelle ainsi la fonction par laquelle les êtres vivants se reproduisent en donnant naissance à des individus qui leur ressemblent. Etudiée dans toutes les espèces qui composent le règne animal , de la plus simple à la plus compliquée , on voit que la nature, qui a condamné à mourir tous les corps organisés et vivants, leur a accordé, pour remédier à cette loi générale , la faculté de se reproduire , de manière que l'individu seul meurt, et que l'espèce, par une perpétuelle rénovation , vit éternellement. Il semble même qu'elle ait voulu compenser ce qu'a de cruel la destruction , par le plaisir indicible qu'elle a attaché à l'accomplissement de cette fonction qui lui a paru plus utile que celles qui ont pour but l'entretien et l'accroissement de l'individu , puisque certains animaux au dernier degré de l'échelle ne sont animés que d'un souffle de vie passager et fugitif comme le temps nécessaire à leur reproduction.

Ce vœu de la nature est tellement formel , qu'elle a varié les moyens à l'aide desquels il s'accomplit. Tantôt des êtres,

vivants qui n'ont rien de leurs composants paraissent se former de toutes pièces sous l'influence d'une force primordiale inconnue , soumettant à sa puissance créatrice la matière morte : telles sont les générations spontanées de plusieurs naturalistes modernes ; tantôt, dans une classe plus élevée, la reproduction n'est possible qu'à la condition qu'un corps vivant fournisse une partie de lui-même qui formera un individu nouveau : telles sont les génération sjissipare et gemmipare. Mais dans les espèces les plus élevées en animalité , ce sont des organes spéciaux qui sont chargés d'accomplir le grand œuvre de la génénation , ou bien dans ce cas les organes sexuels sont portés par le même individu , qui est alors hermaphrodite , et peut se reproduire lui-même , ou bien par deux êtres différents qui ont besoin l'un de l'autre pour se féconder. A l'aide de tous ces procédés de reproduction , la vie générale ne peut s'éteindre ; mais la nature, par une sage prévoyance, a limité lenombre des êtres qui peuplent le globe, en ne leur accordant la faculté générative qu'à une époque avant et après laquelle ils ne peuvent plus l'exercer 5 par là aussi elle a assuré la force et la beauté de l'espèce , en n'éveillant l'instinct de la génération que quand l'organisation a acquis un développement convenable, et en le faisant taire quand l'âge est venu ôter la force et de la puissance aux organes.

Le siège de cet instinct a été placé par beaucoup de physiologistes dans l'appareil génital, et considéré comme une sensation interne -, mais Cabanis , Broussais , Gall, en font un phénomène cérébral , et ce dernier le met au nombre des facultés primitives-, il se fonde sur ce fait, que des individus qui manquaient d'organes génitaux , ont éprouvé ce sentiment. Cette fonction , par son importance , devait avoir une masse nerveuse qui tint sous sa dépendance des organes spéciaux dont elle commande Faction : cette partie nerveuse est le cervelet ; des expériences physiologiques tendent à prouver que la moelle épinière partage avec lui cette prérogative.

Page 1