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Tout ce qui lient à la procréation des êtres , comme tout ce qui louche aux causes premières , est enveloppé d'un voile que l'esprit humain ne peut déchirer. Nous savons peu de chose de ce qui se passe dans la fécondation ; c'est un acte qui n'est pas soumis à l'empire de la volonté; les systèmes de V épigénese et de l'évolution ne nous ont rien appris , malgré le talent de leurs auteurs. L'hygiéniste n'a pas à prononcer entre la panspermie ou dissémination des germes et le système de V emboîtement ; il lui importe peu de savoir qui a raison des ovaristes ou des animalculistes -, mais il serait d'un haut intérêt de connaître si la génération, dans ce qu'elle a de soumis à la volonté, peut être effectuée de manière à donner à ses produits des qualités physiques et morales déterminées. Quant aux premières , on ne les nie pas, et l'influence des parents sur les enfants est si grande qu'ils leur transmettent souvent leurs constitutions, leurs maladies , leurs formes extérieures , comme le prouvent les ressemblances ; ce point admis , il n'y a qu'un pas à la proposition suivante qui est pour nous une vérité : V identité physique implique l'identité morale , c'est-à-dire qu'un individu étant donné et son caractère connu, on peut affirmer qu'un autre qui a la même organisation a le même genre d'esprit ; telle forme extérieure possède telles ou telles qualités affectives. L'éducation , le milieu dans lequel on vit, font varier sans doute cette règle 5 mais il y a primitivement des goûts , des penchants semblables ; si la manière de parler diffère par la. culture donnée à l'esprit , il y a de la ressemblance dans la prononciation et même dans le son de la voix.
Ce serait donc par le physique qu'on arriverait à modifier le moral, et l'art de faire des enfants beaux et spirituels n'est pas une chimère. ïl est certain que si la législation , s'occupant davantage de l'amélioration de l'espèce humaine au moral et au physique, défendait les mariages entre des personnes d'un âge trop disproportionné , ou atteintes de ces maladies héréditaires qui sont la cause la plus ordinaire de toutes les difformités qui affligent l'observateur, dans les grandes villes t. 11. S
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spécialement, la pbpillalion se composerait d'individus plus sains et plus robustes.
Pour arriver à ce résultat , il faudrait qu'elle déterminât les conditions de fortune sans lesquelles le mariage ne serait pas permis. Voyez à Paris , les scrophuleux , les rachiliques, les phthisiques ; leur mauvaise santé habituelle les empêche de se livrer au travail ; ils habitent des réduits mal sains , privés d'air et de lumière ; à quels enfants donneront-ils naissance ? Gagnant à peine de quoi se nourrir, comment les élèveront-ils ? Le pain qu'ils partageront avec eux augmentera leur gène et leurs privations? Qui peut calculer les mauvaises inspirations de la misère ? Non-seulement de pareilles unions perpétueront les maladies héréditaires , mais elles entretiendront les vices et les crimes dont la transmission , par voie de génération , est aussi certaine que celle des affections organiques. Qu'on n'objecte pas ici la dignité de notre espèce , et la liberté qu'elle doit avoir dans un état social bien ordonné 5 il s'agit d'un résultat dans l'intérêt des races, et non dans celui de l'individu. Une loi préventive portée aujourd'hui à cet égard rencontrerait d'autant plus de résistance que ceux auxquels elle s'appliquerait sont en plus grand nombre ; mais dans un siècle la société en ressentirait les bons effets.
Un auteur religieux s'est élevé avec force contre l'importance que les philosophes du XVIIIe siècle, qu'il appelle les grands drpopulateurs de l'univers , ont attachée à la population 5 il admet cependant qu'ils n'ont pas osé soutenir que , dans les mariages humains , il fallût, comme dans les haras, procéder par essais.
Celte époque de matérialisme méritait qu'on outrât ses systèmes pour mieux les combattre , parce qu'elle ne considérait que les fonctions animales, que le côté physique de l'homme , et quelle perdait tout-à-fait de vue sa nature morale , qui a besoin dune organisation saine et d'instruments parfaits pour exécuter tous ses actes et soumettre le genre humain à son empire. Ainsi, les lois qui s'occuperaient de la
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santé et du perfectionnement matériel de l'homme seraient des lois de moralité et 'de sociabilité , parce que développer les sens, c'est disposer l'esprit à recevoir toute la culture qu'on voudra lui donner, et les qualités affectives s'exercer dans toute leur plénitude. Pense-t-on que des êtres toujours souffrants soient dans des conditions bien favorables à la pratique des vertus domestiques et des devoirs sociaux-, non sans doute 5 ils mènent une vie misérable , ils sont à charge aux autres et à eux-mêmes \ en révolte contre la Providence, ils l'accusent des maux qu'ils endurent , et la législation qui ne cherche pas à diminuer Se nombre des êtres malheureux est inhumaine et immorale, et transgresse les lois physiologiques.
Les exemples exceptionnels d'hommes faibles et délicats remarquables par leur intelligence, ne prouvent rien pour l'espèce ; des circonstances heureuses qui manquent à la classe nombreuse de ceux dont nous parlons , ou plutôt un don de la nature , leur a donné cette supériorité qui nous étonne.
Si la perfectibilité n'est pas un rêve , si le vice doit disparaître un jour de la terre, ce ne sera que quand des hommes de bien donneront naissance à une progéniture à laquelle ils transmettront leur moralité , leurs vertus , avec leur organisation. Si la fonction généra tive était pour l'homme ce qu'elle est pour la nature , c'est-à-dire la plus importante de l'économie, il n'en abuserait pas comme il le fait par les excès et le libertinage , il se rappellerait que cette faculté ne lui appartient pas , mais qu'elle lui a été donnée pour perpétuer l'œuvre de la création -, qu'à ce titre il doit se livrer modérément aux plaisirs qui peuvent l'altérer , la vicier, ou en diminuer l'énergie, car ses réactions sur l'organisme sont si puissantes qu'elle le trouble et le débilite, et qu'elle est la cause , par l'abus des jouissances qu'elle procure , du plus grand nombre des maladies qui l'assiègent. Les religions qui défendent les plaisirs des sens , ou au moins qui ne les permettent que dans un but moral, ont droit à notre reconnaissante , car ce penchant revêt un tel caractère de violence .
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qu'il exige pour être réfréné l'autorité d'un élre suprême, punissant ceux qui s'y livrent sans modération , et surtout dans un âge où il nuit à l'accroissement ( voj \ ce que nous avons dit à l'article appareil secrétaire séminal}.
Combien de jeunes gens mal élevés ont payé de leur vie des excès que des parents coupables n'ont pas cherché à empêcher par tous les moyens possibles !
Combien d'autres , usés de débauches à vingt ans , traînent une vie flétrie dans la souffrance et ne craignent pas de prendre une compagne vertueuse dont ils empoisonneront les jours ! Aujourd'hui surtout qu'on a la manie de marier les filles à quinze ou seize ans , on les expose à devenir mères à un âge où l'organisation n'a pas assez de développement , on compromet leur existence , et puis , en leur donnant pour maris des hommes plongés encore dans les débordements de la jeunesse , ils ne sont pour elles ni des soutiens ni des guides -, alors apparaissent tous les désordres de la vie privée; et quelle sera la postérité de tels parents !
Nous le disons hautement , puisque les pères ne sont pas assez sages pour veiller à l'union sortable de leurs enfants , il faut que la législation leur impose son autorité 5 et quand les gouvernements cesseront de s'occuper exclusivement d'euxmêmes , ils chercheront à résoudre le problême social , et le mariage, l'acte le plus important de la famille et de la société, occupera leurs méditations ; ils réviseront l'art. i44 du Code civil , et , s'ils s'appuient sur la physiologie , nous ne doutons pas que l'art. 148 ne prenne la place de celui-ci , et alors le mariage ne sera permis qu'à l'âge de vingt-cinq ans pour les hommes et de vingt-un ans pour les filles.
Après ces considérations , nous allons passer à l'histoire de la grossesse , de l'accouchement et de l'allaitement.
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