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des épices , des condiments irritants. Il peut en résulter des convulsions , des hémorrhagies et des avortements. Les boissons à la glace sont dans le même cas ; cependant elles ont quelquefois combattu efficacement les gastralgies accompagnées de vomissements.
La compression exercée sur les vaisseaux par l'utérus , et qui va souvent jusqu'au point de déterminer l'œdème des membres inférieurs, et des varices, prouve suffisamment qu'il faut rejeter les vêtements étroits , les corsets qui , en comprimant la poitrine et l'abdomen , empêcheraient le développement de l'utérus et des mamelles , et gêneraient la respiration en embarrassant la circulation 5 le buse , par la manière dont il agit , pousse l'utérus de haut en bas , et devient une cause de descente. Les jarretières trop serrées , ou les vêtements qui compriment circulairement les membres, ont de grands inconvénients. La femme . dans cet état, sans nuire à la coquetterie , doit porter un habillement dont l'ampleur soit tout à la fois commode et élégante.
L'exercice au grand air et à pied doit être prescrit, seulement il ne faut pas le pousser trop loin. Celui que l'on prend en voiture ou à cheval est souvent nuisible par les secousses qu'il produit et qui peuvent déterminer des hémorrhagies et même l'avortement. La danse doit être défendue , non-seulement à cause des efforts qu'elle exige , mais aussi par la veille quelle nécessite , par l'air que l'on respire dans les lieux où on se livre à cet amusement , et la chaleur incommode qui se développe dans les réunions nombreuses. Au lieu de passer la nuit au bal , au spectacle , les femmes enceintes doivent la passer dans leur lit, et y goûter un sommeil réparateur , que l'on doit chercher à provoquer par l'usage des bains tièdes , qui combattent avantageusement l'insomnie, en diminuant la chaleur de la peau et en calmant l'agitation qui en est la suite. Les douleurs de reins , assez fréquentes pendant la gestation , sont assez ordinairement diminuées par ce moyen et surtout le séjour au lit , que des accoucheurs ont quelquefois exigé avec succès pendant neuf
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mois , chez des femmes qui avaient eu plusieurs fausses couches et que le désir d'avoir un enfant rendait dociles à celte rigoureuse prescription.
Il est des femmes auxquelles les bains ne conviennent pas; ce sont celles qui sont lymphatiques , disposées aux œdèmes et aux hémorrhagies 5 du reste , ce moyen doit être modifié selon les .circonstances , et il ne doit pas plus être une règle générale que la saignée au cinquième mois et un purgatif au neuvième jour de l'accouchement.
La constipation est très-commune pendant la grossesse ; pouvant donner lieu à des accidents assez graves , il faut la combattre par un régime doux , par l'usage des fruits murs et cuits , par des lavements adoucissants et laxatifs , et quelquefois par un purgatif, tel que l'huile douce de ricin, le sulfate de soude , l'eau de Sedlitz.
Comme l'exaltation de la sensibilité est plus grande et les passions plus vives , il faut, au lieu de les exciter, les calmer par le langage de la raison , les conseils affectueux -, éviter toutes les causes qui les font naître, et surtout les contrariétés, les tracasseries intérieures, qui aigrissent le caractère, disposé déjà à une extrême impressionnabilité -, c'est même un devoir de condescendre à certaines fantaisies. C'est pour quelques femmes un état maladif ^ à ce litre seulement elles méritent des soins et de {indulgence ; on doit les traiter comme des malades.
Une chose surtout qu'on n'interdit pas avec assez de fermeté , ce sont les conversations alarmantes de ces personnes qui ont toujours été témoins d'accouchements qui ont duré deux ou trois jours, au milieu de douleurs inouïes , e! qu'on n'a pu terminer qu'avec les fers , sans pouvoir sauver ni la mère ni l'enfant 5 elles font de tout cela un tableau si alarmant, qu'il est impossible que l'imagination n'en soit pas effrayée. Du reste, ces faits sont très-rares, et quand malheureusement ils arrivent , on doit les taire avec prudence. Il est digne de remarque que dans certains départements delà France on n'a jamais recours aux accoucheurs ; une sage-femme , habituel-
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lement peu instruite, termine heureusement les accouchements;cela ne tient-il pas, indépendamment delaforce des femmes, à ce que , rassurées d'avance sur les conséquences d'un travail qui n'a presque jamais de suites fâcheuses, elles ont un calme d'esprit qui ne contrarie pas les efforts de la nature P
Il est certain que l'accoucheur qui inspire une grande confiance , qui sait s'emparer de l'esprit de sa malade et la rassurer pendant sa grossesse sur sa terminaison , la met dans des chances de succès. L'hygiène et l'humanité recommandent donc de tout faire pour arriver heureusement au terme delà gestation, et les conditions morales sont les plus propres à amener ce résultat. M.
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Accouchement.
Si, pendant la durée de la grossesse, la femme doit être l'objet des soins des personnes qui l'entourent , le moment de l'enfantement réclame les conseils éclairés d'un homme qui a fait de l'art des accouchements une étude spéciale. Ce n'est pas que son rôle ne soit presque passif dans l'accouchement naturel dont nous parlons ici ; mais sa présence inspire la confiance , et c'est un spectateur qui rassure contre les accidents ultérieurs qui pourraient survenir , parce que l'on sait qu'il peut y remédier • cette certitude est très-propre à faire naître une sécurité dont les bons effets sont inappréciables.
Après s'être assuré par tous les moyens qui sont à sa disposition , et particulièrement par le toucher , de l'état dans lequel se trouve la femme , des phénomènes du travail , de sa durée et de sa terminaison probable , des douleurs qui l'accompagnent et qui ont cela de remarquable qu'elles partent de l'abdomen, semblent se propager de l'ombilic vers le sacrum , et ne laissent pendant leur intormission aucune sensation désagréable, il mettra la femme dans l'es conditions hygiéniques propres à faciliter la '"rminaison de l'accouchement.
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L'habillement fixera son attention -, il doit être fait de manière à n'apporter aucune gêne à la circulation et à la respiration. '
Il faut que l'air soit pur , dune température moyenne , car si elle était trop élevée elle accélérerait la circulation , donnerait de l'agitation et disposerait aux congestions cérébrales , et aux hémorrhagies ; trop basse , elle pourrait donner lieu à des inflammations , des engorgements , d'autant plus promptement déterminés que la femme , dans ce cas , a psu de force de résistance contre les agents extérieurs ; les odeurs de tous genres exciteraient trop la sensibilité •, on réunira une partie de ces avantages en choisissant une chambre assez vaste , dont on aura grand soin d'exclure toutes les personnes étrangères, qui non-seulement sont inutiles , mais souvent dangereuses par leurs conversations indiscrètes , dont la patiente perd d'autant moins qu'elles ont rapport à sa situation ; nous n'exceptons pas même les maris de celte proscription \ car il est à remarquer qu'ils ont moins de courage que les femmes, qui les rassurent presque toujours sur les craintes exagérées que leur causent des douleurs dont la violence peut effrayer ceux qui n'en ont jamais été témoins.
Un préjugé qu'on ne peut trop combattre , et qui est trèsrépandu dans le peuple , c'est l'empressement qu'il met à donner des teintures spiritueuses , du vin chaud , dans le but d'augmenter les forces qu'il faudrait plutôt diminuer dans beaucoup de cas ; toutes ces boissons , données peu de temps après le repas , troublent la digestion , provoquent les vomissements. L'eau pure ou sucrée est ce qui convient le mieux -, dans les circonstances où. le travail se prolonge , s'il est nécessaire de soutenir les femmes, l'usage d'un bon bouillon ou d'une petite quantité de vin vieux est préférable.
Le lit sur lequel on met la femme est ordinairement un lit de sangles que l'on place de manière à pouvoir circuler autour librement , et sur lequel on étend un ou plusieurs matelas , comme sur ceux dont on se sert ordinairement 5 la femme s'y trouve couchée à son aise , et peut y dormir dans