‹ Eléments d'hygièneChapitre 55 sur 156 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

nant entre deux doigts , en laisser à volonté couler une certaine quantité de sang s'il y avait pléthore , turgescence et teinte violacée de la face , comme cela arrive lorsque le cordon contourné autour du cou intercepte la circulation et le retour du sang- clans les veines jugulaires 5 si, au contraire, le jet était trop considérable , et que la respiration terdât à s'établir, on le comprimerait fortement. On transporte alors l'enfant sur les genoux de la garde , et on fait la ligature du cordon à deux travers de doigt de l'ombilic avec quelques brins de fil ciré ; mais auparavant il faut examiner s'il n'y a pas de hernie ombilicale , on pourrait alors lier une anse d'intestin , il faudrait la réduire avant de lier le cordon ombilical qui , dans ce cas , est d'une grosseur remarquable. L'utilité de la ligature, malgré l'opinion de quelques auteurs qui se sont appuyés sur ce qui a lieu dans les animaux , ne peut être contestée; il est vrai que la respiration une fois bien établie, le sang ne se porte plus dans les artères ombilicales 5 mais si quelques causes apportaient un obstacle à la circulation , comme la compression du thorax , de l'abdomen , par quelques parties du maillot , des cris violents , il pourrait en résulter des hémorrhagies dangereuses qu'on doit prévenir , il est même prudent de placer deux ligatures quand le cordon est infiltré : la première , faite près de la section , doit avoir un degré de constriclion plus grand , de manière toutefois qu'elle oblitère les vaisseaux sans les couper. Dans les cas d'infiltration il faut exprimer la lymphe visqueuse qui distend le cordon ombilical, en le pressant entre les doigts 5 cette pratique a pour but de donner à la ligature plus de fixité, et non de prévenir la variole, que quelques personnes ont cru pouvoir conjurer en exprimant cette lymphe dans laquelle elles en avaient placé le germe ; ce n'est qu'un préjugé parmi tant d'autres , et que des faits positifs ont détruit.

La surface du corps de l'enfant , recouverte de matière cérumineuse, de sang, etc., doit ètreneltoyée immédiatement. Pour cela , on se sert d'un corps gras , d'huile , de beurre ou d'un jaune d'œuf qu'on étend sur toute la peau et qu'on es-

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suie doucement avec un linge pour ne pas exciter des douleurs par des frottements trop rudes.

Les lotions faites avec de l'eau-de-vie ou du vin mêlé à l'eau ne sont utiles que chez un enfant faible qu'on veut ranimer ; mais l'eau suffit dans tous les autres cas, et on doit s'en tenir à son usage ; sa température doit être égale à celle du corps. Ce serait ici le lieu de relever une erreur qu'on s'est plu à attribuer à l'auteur à" Emile • après lui avoir fait dire qu'on devait plonger le nouveau-né dans l'eau glacée, on s'écrie d'un air de triomphe qu'il n'était pas médecin ; c'est vrai , c'est même un malheur pour la science et pour nous : pour la science , parce qu'un si beau génie en aurait reculé les bornes 5 pour nous, parce qu'il en aurait dit moins de mal ; mais, revenu de cette injuste prévention , il fit amende honorable en écrivant que les médecins étaient les hommes les plus généralement instruits. Cela nous était dû après ces dures paroles : « Qu'on me donne donc un élève qui n'ait pas besoin de tous ces gens-là , ou je le refuse. »

Après avoir lavé et essuyé l'enfant, on lui couvre la poitrine et la tête, pour le préserver du contact d'un air froid , on enveloppe le cordon ombilical dans une compresse mince, et on le fixe par un bandage de corps sur la partie latérale gauche de l'abdomen 5 on place une autre compresse sur l'ombilic, dont on continue l'usage quelques jours encore après la chute du cordon. S'il y a suintement, pour empêcher toute adhérence, on saupoudre l'ombilic avec de l'amidon ou de la poudre de lycopode.

Passant ensuite aux vêtements , il faut avoir soin qu'ils soient chauds , larges de manière à ce qu'ils ne gênent ni la respiration ni la circulation. La robe ou l'espèce de sac de flanelle en usage en Angleterre est peut-être préférable au vêtement qu'on emploie. en France et qui souvent est trop serré et empêche le mouvement des membres.

Nous devons à l'éloquence de Jean-Jacques d'être débarrassés, en partie au moins, de la coutume barbare du maillot, mais cette réforme n'est pas encore , à Paris même , au point

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