LIVRE V, C.IIAV1TR.E III
où il la voulait, et malheureusement elle n'a pas pénétré dans toutes les provinces ; on y garrotte toujours les enfants.
« Au moment que l'enfant respire , en sortant de ses en- « veloppes , ne souffrez pas qu'on lui en donne d'autres qui u le tiennent plus à l'étroit. Point de têtières , point de ban- « des , point de maillot \ des langes flottants et larges , qui « laissent tous ses membres en liberté , et ne soient ni assez « pesants pour gêner ses mouvements , ni assez chauds pour « empêcher qu'il ne sente les impressions de l'air. Placez- « le dans un grand berceau bien rembourré , où il puisse « se mouvoir à l'aise et sans danger. Quand il commence à « se fortifier, laissez-le ramper par la chambre ; laissez-lui « développer , étendre ses petits membres ; vous le verrez « se renforcer de jour en jour. Comparez-le avec un enfant « bien emmailloté du même âge , vous serez étonné delà « différence de leurs progrès. »
Quand l'éjection de l'urine et du méconium ne se fait pas, il faut examiner si cela tient à un vice de conformation , et y porter remède •, dans le cas contraire , un bain tiède , quand elle se fait attendre trop long -temps, est le meilleur moyen de la provoquer. On emploie généralement le sirop de chicorée composé , mêlé avec l'huile d'amandes douces , à la dose de quelques cuillerées à café 5 de l'eau tiède sucrée suffit ordinairement : ceux qui doivent être allaités par leur mère trouvent tous ces avantages dans un liquide sécrété pour cet usage par la glande mammaire.
Il arrive souvent que les enfants, après un accouchement long et pénible , viennent au monde dans un état de mort apparente 5 la respiration ne s'établit pas , bien que la circulation se fasse; il y a apoplexie, ou asphyxie.
La première indication à remplir, c'est de couper promptement le cordon ombilical et de le laisser saigner; si par ce moyen on obtient peu de sang, il faut sans retard appliquer une sangsue derrière chaque oreille. Dans le cas d'asphyxie , il faut au contraire s'opposer à la sortie du sang , augmenter la chaleur en tenant le nouveau-né près du feu , ou en
le plongeant dans un bain ehaud , dans lequel on ajoute du vin ou de l' eau-de-vie, faire des frictions sèches sur la peau, insuffler de l'air dans la trachée-artère après avoir débarrassé l'arrière-bouche des mucosités Qu'elle contient. Un moyen qui a été recommandé par le professeur Désormeaux , c'est, après avoir pris dans la bouche une gorgée d'eau-de-vie, de la souffler avec force contre les parois antérieures de la poitrine. Sous l'influence de cette percussion les muscles inspirateurs se contractent et l'air pénètre les poumons. Tous ces moyens n'ont pas toujours les résultats qu'on en attend , mais il faut les continuer long-temps , et on les a vus n'être couronnés de succès qu'après plusieurs heures de continuation. M.
CINQUIEME SECTION, De l'allaitement.
Ici se présente une grande question. La mère doit-elle nour« rir son enfant ? Oui ; et aujourd'hui qu'on trouve tant de raisons spécieuses pour se soustraire à ce devoir imposé par la nature , il est presqu'inutile de parler des causes qui sont un obstacle à la lactation. Cependant la femme, qu'on ne peut comparer à la femelle des animaux , peut, dans l'état actuel de nos mœurs , se trouver dans quelques circonstances qui rendent cette obligation moins impérieuse. Beaucoup de causes morales, nulles dans l'animal, peuvent, en exagérant la sensibilité , mettre sous le joug des funestes passions, et par là vicier le lait destiné à la nourriture de l'enfant ; mais une fois dans le champ de l'interprétation , les femmes qui ne voudront pas allaiter les feront à leur manière , et trouveront dans leurs maux de nerfs, leurs vapeurs , des motifs supposés d'excuses, et qu'elles rejetteraient si le sentiment delà maternité dirigeait leur conduite , si surtout elles avaient bien présent à l'esprit, qu'indépendamment d'un devoir à remplir, il est de leur intérêt personnel de nourrir elles-mêmes , pour ne p„s s'exposer aux chances défavorables des maladies que