‹ Eléments d'hygièneChapitre 61 sur 156 · SEPTIÈME SECTION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME SECTION

Choix d'une nourrice.

Le choix des nourrices n'est pas chose facile \ elles sont à Paris un objet de commerce sur lequel on est souvent trompé après avoir examiné avec attention tout ce qui les concerne , et réuni même les caractères qu'on donne comme certains pour établir leurs qualités. En effet, il est difficile de connaître la conduite d'une personne qu'on voit pour la première fois , de s'assurer de l'empressement qu'elle mettra à donner à son nourrisson tous les soins qu'il réclame à chaque instant. On ne peut donc prononcer avec certitude qu'après avoir été témoin de la manière dont elle allaite, et constater les bons effefs qui en résultent sur la santé de l'enfant ; il n'est pas d'accoucheur qui n'ait été trompé plus d'une fois malgré sa longue expérience.

Voici ce qu'on exige ordinairement d'une nourrice : elle doit être dans la force de l'âge , de vingt à trente-cinq ans , d'une bonne constitution , exempte de toute espèce de maladies , accouchée depuis peu de temps , avoir les cheveux noirs , les dents blanches , un embonpoint médiocre , de la fraîcheur ; les mamelles bien développées , sur lesquelles on aperçoive des veines bleues , le mamelon assez long pour pouvoir être saisi par l'enfant. Il faut que le lait soit d'un blanc tirant sur le bleu , d'une saveur douce et sucrée , et

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d'une consistance telle qu'il coule lentement sur l'ongle et laisse une trace blanchâtre. Tous ces signes physiques sont trompeurs ; la nourrice qui les réunit peut , par ses qualités morales, être très-mauvaise -, ainsi si elle était emportée , livrée au libertinage, il faudrait la refuser malgré ses qualités extérieures. Le moyen de prononcer sûrement sur la qualité de son lait , c'est de voir si son enfant est gras et frais , et si celui qu'on lui donne prend son sein avec plaisir, et tète sans lâcher prise ; si au contraire il abandonne les mamelles brusquement, et en poussant des cris, s'il y revient à plusieurs fois et les quitte affamé , le lait ne lui convient pas, il a des propriétés qui sont contraires à ses organes , et qui lui causent de la douleur.

Quand on a dit qu'il fallait que la nourrice ressemblât par sa constitution à la mère, on a sans doute sous-entendu que cetle ressemblance n'est désirable que quand celle-ci est forte et bien portante ; car si elle est affectée de quelques maladies constitutionnelles transmissibles , le meilleur moyen de détruire 'ce germe qu'elle a donné à son enfant , c'est le lait d'une femme d'une organisation tout opposée et d'une santé robuste.

ïl serait assez difficile de dire si l'on doit donner la préférence aux nourrices sur lieux , c'est-à-dire à celles qui viennent habiter chez les parents de l'enfant qu'on leur confie, ou bien à celles qui restent à la campagne. Avec les premières on a l'avantage de veiller aux soins qu'elles donnent à leurs nourrissons , et l'œil de la mère est un gardien sévère qui répond de l'empressement qu'elles mettront à s'acquitter de leurs devoirs -, mais elles sont obligées de changer leurs habitudes , leur régime surtout 5 au lieu de l'alimentation presque exclusivement végétale qui en faisait la base , elles se trouvent dans les maisons riches, à une table somptueuse , couverte de mets épicés qui les échauffent, et allèrent la qualité du lait d'autant plus qu'elles sont dans un état plus voisin de la pauvreté.

L'hygiène veut qu'on leur donne une nourriture moins

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