‹ Eléments d'hygièneChapitre 62 sur 156 · LIVRE V, CHAPITRE IU · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE IU

différente de celle dont elles faisaient usage, c'est un point auquel les pnrenls doivent apporter le plus d'attention et de prudence ; ainsi, au lieu de mets substantiels dans le but de leur donner du lait , on leur donnera moins de viande et plus de légumes , moins de vin , car dans leur ménage elles en boivent rarement, ou bien si elles s'en procurent, c'est du petit vin sans force. Il est nécessaire de leur permettre des promenades au grand air , et de leur donner des occupations analogues à celles qui les occupent dans leur intérieur.

Les nourrices qui restent chez elles ont l'avantage de ne pas changer leurs habitudes , leur santé n'est pas dérangée , ni la sécrétion du lait désavantageusement modifiée par un changement brusque de régime. Elles peuvent même l'améliorer sans excès par le prix qu'on leur donne, et l'enfant ressentira ces bons effets, joints à ceux que procure la respiration de l'air pur et bienfaisant de la campagne. On peut les engager à ne prendre que des aliments propres à augmenter la quantité et la qualité du lait , et à changer ce qu'a de vicieux la manière dont elles se nourrissent.

Pendant l'allaitementelles doivent s'interdire tous rapports sexuels avec leurs maris.

Comme les soins que réclame l'enfant sont de la dernière importance , il faut le visiter souvent et s'assurer par soimême s'il ne manque de rien , s'il est tenu proprement, et pour en être plus certain on ne doit pas annoncer son arrivée, afin de prendre la nourrice en défaut. Malgré toutes ces précautions on est souvent trompé, et cette seule considération devrait engager les mères à ne pas avoir recours à une nourrice mercenaire qui n'éprouve pas les mêmes sentiments qu'elles pour un enfant étranger.

Une chose qui doit attirer l'attention , c'est leur habitation^ elle est quelquefois si humide , si malsaine , qu'on ne peut sans danger leur donner un enfant à élever ; on sent qu'il serait inutile de quitter la ville pour aller à la campagne chercher précisément les inconvénients qu'on veut éviter. Si l'ameublement de l'appartement annonce la misère , et surtout

la malpropreté , le défaut de soins , on doit chercher ailleurs ; certainement les nourrices en général ne sont pas dans une position brillante , mais au moins elles ont une certaine aisance qui leur permet de vivre en travaillant 5 c'est à celles-là qu'on pourra confier un nourrisson , le dénûment des autres tient souvent à la paresse et à Tinconduite. M.

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