CHAPITRE PREMIER
Ses climats etdes saisons.
Le mot climat, dans son sens géographique , signifie région , ou une partie du globe comprise entre deux cercles parallèles a l'équateur.
En hygiène , il indique l'état le plus habituel de l'atmosphère dans une localité donnée ou dans un pays quelconque. On entend par saison non-seulement les divisions binaires ou quaternaires de l'année , mais encore l'état atmosphérique avec lequel elles coïncident ou qu'elles déterminent. On sait qu'elles sont dues à l'inclinaison de notre globe sur le plan de l'écliptique et à son mouvement autour du soleil 5 qu'il n'y en a que deux sous l'équateur , la saison sèche et celle des pluies , qui chacune se montrent deux fois par an ; que sous l'un ou l'autre des tropiques il n'y a encore que deux saisons , mais qui ne sont point partagées chacune , comme sous l'équateur -, que plus l'on se rapproche des pôles , plus l'hiver est rigoureux et long, car s'il n'y régnait un élé trèschaud de trois mois , il absorberait à lui seul toute l'année 5 qu'en remontant vers les régions qui existent entre la zone Torride et la zone Glaciale, on trouve les climats tempérés, c'est-à-dire qu'on ne rencontre plus dans ces contrées des saisons extrêmes de froid ou de chaud. L'année se trouve partagée entre deux autres saisons intermédiaires , d'une température modérée, le printemps et l'automne. Tels sent
particulièrement le centre de la France, la partie méridionale de l'Autriche.
Il y a d'autres causes qui font aussi varier la température ; par exemple, plus une contrée est élevée au-dessus du niveau de la mer , plus elle est froide. Ce n'est donc pas seulement la latitude d'un pays ou sa distance de l'équateur qui détermine son degré de chaleur, mais aussi son altitude. Le voisinage ou l'entourage de la mer agit aussi très-puissamment sur le degré de chaleur. Il tend en général à maintenir une sorte d'équilibre de tempérance entre la température de l'atmosphère et celle de l'eau , de telle sorte que les extrêmes du chaud et du froid sont plus rares dans les îles que partout ailleurs. Les montagnes , les vents sont encore deux autres causes de variations.
L'air, mis en mouvement , produit les vents , et l'influence des vents sur nous dépend des circonstances qui les accompagnent et de leur direction.
Le vent du midi est ordinairement chaud et humide. Il abat , il relâche les fibres 5 très-souvent il charrie des principes délétères que la putréfaction a développés dans les pays chauds 5 s'il a passé sur des marais , sur de grandes surfaces humides , il en apporte beaucoup de particules qui ont la propriété d'engendrer des fièvres de mauvais caractère -, c'est pourquoi il est toujours nécessaire, dans les villes , de ne placer ni boucheries, ni tanneries, ni cimetières, ni salles de dissection au sud , dans la crainte que le vent n'apporte les exhalaisons qui s'échappent continuellement de ces lieux d'infection par l'action de la chaleur. C'est de ce côté qu'on doit faire de nombreuses plantations d'arbres et établir des promenades publiques. Quand ce vent est grand et chaud, il est le prélude de la pluie ou de l'orage. Les personnes délicates ne se trouvent pas bien alors de prendre l'air , elles éprouvent de la difficulté à se mouvoir, de l'abattement qui les oblige à garder l'appartement.
Le vent d'ouest a à peu près les mêmes inconvénients et produit les mêmes effets.