LIVRE VI, CHAPITRE J
Celui du nord crispe , resserre les peaux délicates , arrête ou diminue la transpiration cutanée et pulmonaire -, de là les catharres , les rhumatismes. Ses mauvais effets sont plus prononcés quand il est joint à l'humidité et qu'il règne dans une saison froide -, les tempéraments phlegmatiques s'en trouvent bien quand il n'est pas nébuleux, il leur donne du ton, active leur appétit et augmente leurs forces.
Le vent de l'est est le plus sain de tous •, il est frais sans être froid , chaud sans être brûlant ; il fortifie sans crisper -, il stimule, il anime les organes sans les irriter 5 ordinairement il est accompagné d'un temps calme et pur , ce qui contribue à le rendre plus salutaire. Il convient en général à tous les tempéraments.
C'est à l'exposition de ce vent que toutes les façades des maisons de santé , des hôpitaux , doivent être exposées.
Il faudrait , quand on en a le choix et la possibilité , que les fenêtres des appartements qu'on habite fussent toujours dans la direction de ce vent. Par là on y gagne pour l'air qu'on respire , pour la lumière du soleil qu'on reçoit et dont l'influence est si nécessaire pour le développement des forces, pour le bien-être qu'elle fait naître et la gaité qu'elle inspire. Comparez la situation d'esprit où l'on se trouve quand une lumière brillante se répand sur l'horizon , à la tristesse de ces jours de deuil où des nuages dérobent la clarté de cet astre , la différence est sensible.
Dans les beaux jours de printemps on se sent plus animé, plus actif, plus disposé à jouir de son existence, la nature nous parait plus belle et plus riche, tout ce qui nous entoure nous sourit , notre moral participe à ce surcroît de vie, notre esprit est plus vif, noire raison plus active , notre jugement plus solide , notre imagination plus riante ; si notre cœur a été sensible , alors il jouit de doux souvenirs . s'il commence à le devenir , il se repaît de flatteuses espérances qui font son bonheur présent , quoiqu'il ne l'aperçoive que dans l'avenir. Voyez dans les oiseaux l'effet surprenant de la lumière et de la chaleur du soleil ! comme ils s'empressent, dans leurs con-
certs mélodieux, de célébrer son apparition ! comme ils chantent leurs amours que les feux du soleil font nailre ! La matière morte reprend de L'action sous l'influence des rayons du soleil qui la pénètrent.
Si donc tout dans la nature nous prouve l'action bienfaisante d'un air chaud et lumineux , il faut autant que possible habiter les lieux où l'on puisse jouir de ces avantages. Les enfants y deviendraient beaucoup plus forts , les personnes faibles s'y fortifieraient , et beaucoup de maladies qui tiennent à la langueur, à la tristesse, se guériraient d'ellesmêmes. C'est dans des appartements ainsi situés qu'on doit travailler de préférence pendant l'été. On n'a le soleil que le matin et on ne craint pas son ardeur.
Effets des climats.
Les climats qui, comme les saisons, se distinguent par une haute température, amollissent le corps et l'affaiblissent. Ils portent à l'oisiveté , ils exaltent les passions , poussent particulièrement aux excès de l'amour , de la jalousie et de la haine $ ils enflamment l'imagination et la jettent dans tous les écarts. On a remarqué que les climats chauds favorisaient beaucoup le développement des dispositions attachées aux tempéraments nerveux et bilieux, et que les maladies auxquelles ils donnaient lieu avaient les mêmes caractères, seulement l'intensité de ces maladies est d'autant plus grande que la chaleur est aussi plus grande. Voilà pourquoi ce qu'on appelle fièvre bilieuse (chez nous gastro-entérite), est là une fièvre jaune. Une indigestion de notre pays serait là un choléra , etc.
Le régime particulier qu ils exigent est inspiré en quelque façon par l'instincî. On y épiouve peu de goût pour les substances animales , aussi y conviennent-elles beaucoup moins que dans les contrées froides. Ici les viandes plaisent , digèrent bien et fortifient; là ce sont au contraiie le* l'gumes ,