CHAPITRE PREMIER
LA FAMILLE
Définition de ia famille.
Georges était un écolier intelligent, mais qui avait le tort de croire savoir ce qu’il ne savait pas. Aussi, le jour où le maître posa aux enfants de l’école cette simple question : « Qu’est-ce que la famille? » Georges répondit vivement sans réfléchir, et en comptant sur ses doigts :
— La famille, c’est : 1° le père; 2° la mère; 3® les enfants.
LA FAMILLE ET L ÉCOLE
— Sans doute, reprit le maître, il y a dans la famille les personnes qui la composent, comme dans un village les individus qui Thabitent, et dans un mur les pierres dont le mur est formé.
Mais, dans un mur, il y a autre chose que des pierres placées côte à côte ; il j a le ciment qui les unit.
Dans un village, il j a autre chose que des habitants dont les maisons sont voisines : il y a les rapports d'amitié, de voisinage qui existent entre eux.
De même, dans la famille, il n'y a pas seulement le père, la mère, les enfants, réunis sous un même toit * il y a encore des intérêts communs, des sentiments et des devoirs réciproques.
Qu’est-ce donc que la famille?
Cette fois, Georges fut embarrassé ; il ne répondit pas et attendit que le maître parlât. Le maître ouvrit un petit livre et y lut ce qui suit :
cc Quand on vit ensemble, quand on s’aime les uns les autres, quand chacun aime les autres plus que soi, quand il est heureux de ce qui leur arrive de bien, malheureux de ce qui leur arrive de mal, quand il est prêt à les soigner s’ils ont besoin de lui, à les défendre si on les attaque, quand il aime mieux souffrir que les voir souffrir et qu’oip. n’est tous ensemble qu’un seul cœur, alors e’est la famille. » (M. Bersot.)
Résumé. Dans une famille complète il y a deux groupes de personnes : d’abord le père et la mère, ensuite les enfants. Mais pour que la famille existe réellement, il faut que ces différentes personnes s’entr’aident et s'entr’aiment, et cela durant toute leur vie.
Exei’.cices. Combien y a-t-il de groupes de personnes dans la famille ? — Quels sont les sentiments qui doivent unir les divers membres d’une même famille? — Montrer que chez les animaux la famille n’existe pas
réellement, parce que les petits, abandonnés à eux-mêmes dès qu'ils ont un peu grandi, ne témoignent aucune reconnaissance, aucune alfection à leurs parents.
LA FAMILLE
L’enfant sans famille
Un jour, on vit arriver dans une ville d’Allemagne, à Kœnisberg, un pauvre enfant de huit ans qui, jusque-là, avait vécu dans les bois. Il ne portait pour tout vêtement qu’une peau de bête. Il avait la tête nue et les pieds sans chaussure. Il ne savait point parler. Il n’avait aucune idée ni des hommes, ni de Dieu. C’était un petit sauvage incapable de rien comprendre.
Il suffisait de le regarder pour s’apercevoir qu’il avait bien souffert de la faim et du froid.
Tels vous seriez, mes enfants, si vous n’aviez pas eu auprès de vous, dès le berceau, un père et une mère pour vous nourrir, pour vous élever, pour vous enseigner toutes choses.
Et encore cet enfant, quelque misérable qu’il fut, n’avait pas grandi seul. Il avait été recueilli par un aventurier qui partageait avec lui le lait de ses brebis et la toison de ses moutons.
Seul, cet enfant serait mort . car l’enfant ne peut vivre isolé. La famille est nécessaire à l’enfant comme la société l’est à l’homme fait.
Regardez vos petits frères et vos petites sœurs, voyez leur faiblesse, et demandez-vous ce qu’ils deviendraient si tout-à-coup leurs parents disparaissaient.
Résumé. L’enfant ne peut vivre et grandir qu’avec le •secours de son père et de sa mère. Abandonné à lui-même, il ne naîtrait que pour mourir. Dans les premiers mois de la vie il ne sait ni manger, ni marcher, ni parler. Quand il a appris tout cela, il est encore incapable de se suffire à
LA FAMILLE ET L’ÉCOLE
lui-même, et il a toujours besoin de ses parents qui lui donnent de quoi se nourrir, de quoi se vêtir, qui lui enseignent ce qu’il doit dire, ce qu’il doit faire.
Exercices. Que deviendrait l’enfant abandonné à lui-même?
— Les orphelins pourraient-ils vivre sans l’aide de la charité publique qui les recueille et les adopte? — Les orphelins se con-
solent-ils jamais de la perte de leurs parents ? — Développer cette maxime : « Chacun donne du pain, mais nul comme une mère. »
Ce qu’était la famille autrefois : avant le christianisme.
Réjouissez- vous, mes enfants, d’avoir un bon père et une bonne mère qui vous animent, mais réjouissez- vous aussi d’être nés dans un temps où le père et la mère sont pour leurs enfants des protecteurs, des amis, non des maîtres et des tyrans, où ils n’usent de leur autorité sur eux que pour leur bonheur.
La famille n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui.
Chez les anciens, chez les Grecs et les Romains, — alors qu’il y avait des esclaves, c’est-à-dire des hommes qui ne s’appartenaient pas à eux-mêmes, que l’on pouvait vendre comme une marchandise, que l’on faisait travailler comme des bêtes de somme, — r- la loi accordait au père le droit de traiter ses enfants à peu près comme des esclaves. Il disposait de leur vie et de leur liberté, comme le propriétaire dispose des outils qu’il a achetés et qu’il peut briser s’il lui plaît, du grain qu’il a recueilli et qu’il vend comme il 1 entend.
Lorsque l’enfant naissait, le père était libre de le reconnaître et de l’élever, ou de ne pas le reconnaître
LA FAMILLE
et de le laisser périr. On vit quelquefois de petits enfants jetés à la mer, enfermés vivants dans un coffre. Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils étaient mal conformés. D’autres fois le père abandonnait ses enfants parce qu’il se trouvait trop pauvre pour les nourrir.
Lorsque l’enfant avait grandi, le père restait encore le maître absolu de sa vie et de sa liberté. Un père pouvait juger son fils et le condamner à mort. A Rome, quelques années avant l’établissement du christianisme, un père fit égorger son fils, parce que ce fils lui avait désobéi. De même le père pouvait vendre son enfant, et si celui-ci se rachetait, le vendre une deuxième, une troisième fois.
Résumé. La famille n’a pas toujours été organisée comme elle l’est aujourd’hui. Chez les anciens, le père n’était pas seulement le chef de la famille, il en était le maître absolu et le tyran. Il avait sur ses enfants le droit de vie et de mort. Il pouvait abandonner son fils, si son fils était difforme ou mal portant ; le juger, le condamner à mort, s’il était coupable ; il pouvait le vendre comme un esclave.
Exercices. Les enfants ontils toujours été traités dans la famille comme ils le sont aujourd’hui? — Quels étaient autre-
fois les droits du père ? — Habituer l’élève à l’idée du progrès, en prenant la famille pour exemple.
Ce qu’était la famille autrefois : avant la Ré volution.
Le christianisme, dès son apparition, a contribué à modifier, à adoucir les mœurs de la famille. Les parents chrétiens ont témoigné à leurs enfants plus d’affection
LA FAMILLE ET I/ÉCOLE
et de bonté. Des rapports plus équitables se sont établis entre le père et le fils.
Cependant, jusqu’à la Révolution française, le pouvoir paternel resta un pouvoir absolu, non plus sans doute le pouvoir d'un maître sur ses esclaves, mais le pouvoir d’un roi sur ses sujets.
Ainsi au xiii® siècle le père avait le droit, avant même que l’enfant fût né, de le consacrer d’avance à l’état monastique. L’enfant naissait moine ou religieux, s’il plaisait à ses parents.
Au XVII® et au xviii® siècle, à la veille de la Révolution, le père avait encore le droit de déshériter ses enfants.
On était loin des habitudes de douceur, de tendresse, qui régnent aujourd’hui dans la famille. M"'® de Maintenon ne se rappelait avoir été embrassée par sa mère que deux fois, et seulement au front, et après une longue absence. Le célèbre Montaigne écrivait : « J’ai perdu deux ou ti'ois enfants en nourrice ! » Il ne savait plus au juste le nombre des enfants qu’il avait eu le malheur de perdre.
Résumé. Même après l’établissement du christianisme et malgré l’adoucissement que la religion nouvelle introduisit dans les mœurs, la famille resta soumise à un régime rigoureux et sévère. Le pouvoir que le père exerçait alors sur ses enfants peut être comparé au pouvoir féodal du seigneur sur scs vassaux ou au pouvoir monarchique du roi sur ses sujets.
Exehciges. Expliquer pourquoi il | l’ancien régime, le principe injuste n’était pas d’usage autrefois que les de la force et de l’inégalité faussait parents prissent le deuil de leurs en- I parfois les rapports naturels de la fafants morts. — Montrer que, sous ] mille.
FAMILLE
Un père et un fils sous Tancien régime.
Mirabeau, le grand orateur de la Révolution, est un des plus célèbres exemples que l’on puisse citer des abus de l'autorité paternelle.
Il est vrai qu’il avait eu des torts vîs-à-vis de son père, le marquis de Mirabeau. Il avait pris avec viva^ cité la défense des intérêts de sa mère, ce qui était bien, mais il s’emporta jusqu’à publier des écrits contre son père, ce qui était mal.
Au lieu de le ramener par la douceur, le marquis de Mirabeau l’exaspéra par ses violences. Il le fit enfermer comme un malfaiteur au château d’If, au château de Joux, et pendant quarante-deux mois au château de Vincennes.
Pour emprisonner un fils, il suffisait alors que le père i^^écontent obtînt un ordre royal, ce qu’on appelait une lettre de cachet^ et pour peu qu’on fût grand seigneur ou en faveur auprès des ministres, rien n’était plus facile.
La preuve, c’est que le marquis de Mirabeau, qui avant d’être un père terrible et dur, avait été un mari despote, se fit accorder par le roi, contre son fils aîné, contre sa femme et ses autres enfants, jusqu’à dix-sept lettres de cachet, c’est-à-dire dix-sept ordres d’emprisonnement dans une forteresse ou dans un couvent.
Un jour, le marquis de Mirabeau rencontre un de ses amis qu’il n’avait pas vu depuis quelques mois, et qui lui demande où en est son procès avec sa femme :
« Je l’ai gagné, répond le marquis de Mirabeau.
— Et où est votre femme?
— Au couvent.
LA FAMILLE ET L’ÉCOLE
— Et monsieur votre fils, où est-il ?
— Au couvent.
— Et madame votre fille?
— Au couvent.
— Vous avez donc entrepris de peupler les couvents?
— Oui, Monsieur, et si vous étiez mon fils, il y a longtemps que vous y seriez... »
Résumé. L'autorité paternelle sous l’ancien régime était un pouvoir arbitraire et despotique. Le père pouvait obtenir du roi l’ordre d’enfermer ses enfants, de les mettre en prison ou au couvent pendant des années. Il n’y avait pas de loi précise qui protégeât les enfants contre les caprices et les duretés de la volonté paternelle.
Exercices. Quels pouvaient être les sentiments des enfants pour des pères qui usaient de
leur autorité avec cette rigueur? — Etait -ce l’amour ou la crainte ?
Le droit d’aînesse.
Aujourd’hui, mes enfants, vous vivez à une époque d’égalité. Vous êtes égaux entre frères, comme plus tard, dans la société, vous serez égaux entre citoyens. Quand votre père vous récompense, quand votre mère vous caresse, les récompenses et les caresses sont égales pour tous, petits et grands, filles et garçons. .
Et un jour, quand vous serez appelés à succéder à vos parents, vous aurez tous, cadets ou aînés, une part de l’héritage paternel et maternel.
Il n’en était pas ainsi il y a cent ans. Jusqu’à la Révolution, jusqu’au décret du 15 mars 1790, les cadets et les filles n’avaient aucun droit à la succession de leurs parents. Seul le fils aîné héritait.
C’est l’inégalité qui régnait alors, et avec l’inégalité
LA FAMILLE
l’injustice. Dans une même famille il j avait un frère riche et des frères pauvres, un frère choyé ^ caressé et des frères négligés, maltraités. L’inégalité dans le partage des biens en appelait d'autres : l’inégalité dans les soins, l’inégalité dans la tendresse même. Les cadets et les filles ne comptaient pour rien : toutes les faveurs, toutes les préférences étaient réservées au fils aîné.
De là résultait, entre autres conséquences fâcheuses, la désunion dans les familles : les sœurs étaient jalouses des frères, les puînés des aînés. Les enfants dépouillés ne pouvaient voir sans amertume tous les privilèges accordés à un de leurs frères, pour cette seule raison qu’il était né avant eux. La coutume et la loi semaient la discorde où la nature avait créé la fraternité.
M. de Talleyrand, le célèbre diplomate, était né cadet et boiteux. Il fut relégué à la campagne et confié aux soins d’une paysanne. Mais un soir on vint le chercher en grande pompe, avec une riche voiture, avec des valets galonnés. Qu’était-il donc arrivé? C’est que son frère aîné était mort, et que par suite le cadet devenait chef de famille. Sans cet accident, M. de Talleyrand eût vécu ignoré et obscur, presque sans éducation.
Résumé O Le droit d’aînesse, supprimé par la Révolution, était généralement en usage sous l’ancien régime. Le fils seul au détriment des filles, l’aîné au détriment des puînés héritait des prérogatives, des titres, de la fortune de ses parents. Les cadets étaient le plus souvent destinés à l’Église. S’ils avaient une part dans l’héritage paternel, ce n’était jamais qu’une mince portion
Exercices. Qu’appelait-on droit d’aînesse? t Si la nature, disait Mirabeau, a établi l’égalité d’homme à homme, à plus forte raison de frère à frère. > — Un vieil auteur français avait déjà
dit : « Comme Dieu a donné également au père tous ses enfants, ils doivent avoir une part égale dans les biens de leur père. »
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LA FAMILLE ET L’ÉCOLE
Ce qu’est la famille aujourd’hui : le Code civil
Georges avait écouté avec attention l’histoire de la famille dans le passé. Comme il était le dernier né de sa maison, il se réjouissait fort de la disparition des usages qui sacrifiaient les cadets aux aînés.
Mais comme il avait d’excellents parents, il ne pouvait se résigner à croire que sous l’ancien régime le père fût toujours assez dur, assez injuste, pour favoriser un seul de ses enfants et disgracier tous les autres
Il exprima ses doutes à son maître : « Maître, lui dit-il, n’est-il pas vrai que les choses ne se passaient pas toujours comme vous l’avez dit, et que les parents n’ont pas attendu la Révolution pour aimer également leurs enfants? »
— Oui, sans doute, reprit le maître, la nature était quelquefois plus forte que la coutume De tout temps, il 7 a eu des familles où l’on se laissait guider par les sentiments naturels.
Mais ce qui autrefois était une exception heureuse, est aujourd’hui la loi absolue et universelle. Le Code civile c’est-à-dire la loi française, a réglé les rapports des enfants avec leurs parents, de façoii à en exclure l’arbitraire et l’injustice. (Voyez surtout le Titre ZZ® du Livre I du Code civil iniiivXé De la puissa7ice paternelle).
Dans toutes les familles, aujourd’hui, la puissanc paternelle est sagement limitée. L’enfant n’est soumi
‘ On appelle Code civil le recueil des lois françaises qui règlent les rapports d’intérêt privé entre les citoyens. Quoiqu’il n’ait él i publié qu’en 1804 par l’empereur Napoléon !«% le Code civil est l’œuvre des hommes de la Kévolution.
LA FAMILLE ET l'ÉCOLE.
à l’autorité de ses parents que jusqu’à sa majorité, c’est-à-dire jusqu’à l’àge de vingt et un ans. En outre, cette autorité n’est plus absolue et la loi intervient pour protéger les enfants contre les mauvais traitements de parents dénaturés. Le père a bien encore le droit de faire détenir son enfant, mais pour cela il faut qu’il ait contre lui des sujets de mécontentement très graves (Art. 375) ; il faut encore qu’il y soit autorisé par les magistrats, président du tribunal, et procureur de la République, qui représentent la justice (Art. 376, 377). En outre, la détention ne peut dépasser la durée d’un mois, si l’enfant a moins de seize ans, de six mois, si l’enfant a plus de seize ans (Art 376, 377).
Dans toutes les familles aujourd’hui, les enfants ont des droits égaux. Ils héritent de leurs parents sans distinction de sexe ni de progéniture. La loi autorise, il est vrai, le père à disposer librement d’une partie de sa fortune, de la moitié, s’il n’a qu'un enfant, du tiers, s’il en a deux, du quart, s’il en a trois ou davantage (Art. 713) ; mais il est rare que le père de famille use de ses droits, tant les idées d’égalité ont pénétré dans les mœurs.
Résumé. La famille moderne est fondée sur des idées de justice et d’égalité. L’arbitraire en est exclu. Le pouvoir du père est sagement limité. Les enfants sont égaux
et succèdent à leurs parents, sexe.
Exercices. Commenter l’article 372 du Code civil: « L’enfant reste sous l’autorité de ses père et mère jusqu’à sa majorité... I — Eveiller dans l’esprit de l’élève l’idée de la loi, eu lui montrant la différence des coutumes que les uns suivent, que
sans distinction d’âge ni de
les autres ne suivent pas, et des prescriptions légales auxquelles il faut que tous se soumettent. — Expliquer pourquoi la loi laisse au père la disposi tion libre d’une partie de ses biens : certains enfants peuven démériter par leurs fautes.
LA FAMILLE ET L’ÉGOLE
L’autorité paternelle et maternelle.
Ce jour-là, après une semaine d’absence, Georges revint fort triste à l’école. Il avait pâli et portait des habits de deuil Son père était mort, et Georges sentait tout ce qu’il avait perdu.
Mais ce qui, outre sa douleur, préoccupait Georges, c’est qu’il ne se rendait plus compte de ses devoirs de fils. A qui devait -il obéir désormais? Il lui semblait qu’avec son père toute autorité avait disparu de la maison.
Le maître vit son trouble et en devina la raison. Aussi il se hâta de lui montrer que l’autorité dans la famille appartenait à la mère comme au père.
— Autrefois, dit-il, la femme était considérée comme l’inférieure de l’homme. On allait jusqu’à se demander si la femme avait bien une âme. Aujourd’hui la femme est dans le ménage l’associée et l’égale du mari.
Les deux parents exercent donc simultanément le pouvoir commun qu’ils tiennent de la nature et des lois; l’un et l’autre, et avec le même droit, avertissent, réprimandent et punissent leurs enfants.
C’est seulement en cas de conflit que la volonté du père prévaut contre celle de la mère ; mais ce cas est rare dans les familles bien réglées. Les parents se mettent facilement d’accord quand il s'agit de l’intérêt de leurs enfants, et leur autorité sur eux a précisément cet intérêt pour principe.
Ainsi à défaut du père, en cas d’absence ou de mort, la loi attribue à la mère le gouvernement de la maison. C’est elle qui est alors le chef de la famille ; c’est à elle qu’il faut obéir.
DEVOIRS DE l’enfant ENVERS LA FAMILLE 13
Résumé. Le langage a consacré l’expression d’autorité paternelle^ mais, en droit et en fait, c’est à la mère comme au père que cette autorité appartient. L’autorité paternelle est le pouvoir commun des parents sur leurs enfants. Si le père vient à mourir, s’il est absent, la mère lui succède comme chef de la famille, et elle continue à exercer seule sur ses enfants le pouvoir qu’elle exerçait déjà d’accord avec son mari.
Exercices. Commenter Particle 390 du Code civil : * ... La tutelle des enfants mineurs et non émancipés appartient de plein droit au survivant des
f)ère et mère. » t Le mineur est ’individu de l’un ou de l’autre sexe qui n’a point encore l’âge de vingt et un ans accomplis. »
(Art. 388.) — Quelles sont les limites du pouvoir paternel et
maternel ? — Commenter le trait suivant : Le père d’Agésilas lui ordonnait un jour de rendre dans une cause un jugement contraire aux lois: « Mon père, répondit le fils, vous m’avez appris dès mon enfance à obéir aux lois : c’est donc vous obéir aujourd’hui encore que de vous refuser de les violer. »