CHAPITRE II
DEVOIRS DE l’enfant ENVERS LA FAMILLE
L’amour pour les parents.
Aimez vos parents, mes enfants : c’est le premier de vos devoirs, et il se trouve que le plus grand de vos devoirs est aussi le plus facile et le plus doux.
Si devoir veut dire une dette que l’on est tenu d’ac-
LA FAMILLE ET L’ÉCOLE
quitter, quelle plus grande dette que celle que vous avez contractée envers les auteurs de vos jours et les protecteurs de votre vie? envers votre mère qui vous a nourris quand vous étiez petits, qui vous a veillés quand vous étiez malades, et qui vous soigne en tout temps? envers votre père, qui travaille pour vous loger, pour vous vêtir, pour vous entretenir?
Si devoir veut dire une obligation absolue, impérieuse, à laquelle on ne peut manquer sans rougir, quoi de plus obligatoire que d’aimer à votre tour ceux qui vous ont tant aimés depuis votre naissance, et qui vous aimeront tant qu’ils vivront ? Qui de vous oserait dire, sans que la rougeur lui montât au front, qu’il n'aime pas ses parents ^ ?
Mais si l’on prétend que devoir veut toujours dire quelque chose de pénible, qui coûte des efforts, je suis sûr que vous protesteriez, mes enfants ; car rien n’est plus aisé, rien n’est plus naturel que d’aimer ses parents et de le leur témoigner par ses pensées, par ses paroles, par ses actes.
Résumé. L’amour pour les parents est le premier devoir de l’enfant. En les aimant, l’enfant paie une dette : celle qu’il a contractée dès sa naissance et qui s’accroît tous les jours. Il acquitte une obligation sacrée. En même temps, il obéit à un sentiment naturel qui rend facile l’accomplissement du devoir filial.
Exercices, Pour quelles raisons diverses doit on aimer ses parents ? — Pourquoi le mot piété, qui signifie ordinairement
l’amour de l’homme pour Dieu, a-t-il été employé pour désigner l’amour des enfants envers leurs parents, la piété filiale ?
‘ Le maître remarquera que nous mettons au preinier rang des devoirs de l’enfant l’amour pour les parents, c’est-à-dire un. sentiment : c’est que, selon nous, si la théorie de la morale repose sur la raison, la pratique de la morale repose sur la sensimlité.