‹ Élements d'instruction morale et civiqueChapitre 2 sur 47 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La première partie de cet essai contient un abrégé es devoirs de l’enfant dans la famille et dans l’école. Puis, l’horizon de l’enfant s’étendant avec son âge, on lui enseigne dans le Livre 1 1 les avantages et les conditions de la vie sociale, la nature des droits civils, de la liberté civile, les obligations du patriote et du citoyen. Le Livre III est consacré tout entier à l’exposition des devoirs de l’homme considéré soit comme individu, soit comme membre de la société humaine. Enfin, dans la première partie, l’enfant, qui est le héros du livre, est initié à l’étude des institutions politiques du pays. Il voyage à travers la France, il apprend successivement à connaître l’organisation administrative de la commune et du département, l’organisation politique de l’État et du gouvernement. On l’introduit dans un congrès ouvrier où sont discutées les principales questions d’économie sociale, et on le met en garde contre les utopies où s’égarent des esprits trop ardents, tout en indiquant les progrès possibles et désirables que comporte le développement progressif des libertés publiques et des institutions républicaines.

Mais, dira-t-on, un tel enseignement ne dépasse-t-il pas la portée des intelligences enfantines auxquelles il s’adresse ? Nous ne le croyons pas. L’enfant est plus capable qu’on ne l’imagine de prendre goût à des études où sont engagés ses intérêts futurs d’homme et de citoyen. Trouvera-t-il plus de difficultés à étudier les institutions de sa patrie que celles des tribus d’Israël ou de l’ancienne France? Eft quand on lui parlera de ses droits d’électeur, du gouvernement de son pays, ne sera-t-il pas soutenu par sa curiosité naturelle comme par le sentiment de son intérêt i ?

On s’est d’ailleurs efforcé de rendre aussi simple, aussi familière que possible l’exposition des faits et des vérités dont se compose cet ouvrage. Des Résumés placés après chaque leçon répètent, sous une autre forme, afin de les mieux graver dans l’esprit, les idées déjà exprimées. On y a joint, sous forme de questionnaire, des Exercices destinés a éveiller la réflexion personnelle de l’élève et à compléter son instruction.

Il ne serait pas moins inexact de prétendre que l’instituteur îi’est pas fait pour la tâche à laquelle nous le convions ici. On commence à comprendre que le maître d’école n’est pas seulement un professeur de lecture, d’écriture, d’orthographe et de calcul ; qu’il a une mission sociale, qu’il a charge d’âmes à sa façon.

« Je n’admettrai jamais, disait récemment M. Buisson, que l’instituteur sorte de sa sphère, quand il donne le meilleur de son âme soit à l’éducation du sens moral et religieux, qui, comme tous les autres, a besoin d’être cultivé, soit a linstruction civique, à l’éducation du citoyen. »

Que l’instituteur ne craigne donc pas d’étendre son action, de contribuer à l’éducation morale, comme à l’instruction positive et technique de ses élèves. Il n’est pas seulement un pédagogue qui montre les lettres, ni un factotum paroissial : il est, il doit etre déplus en plus le maître de la jeunesse, l’instituteur de là conscience et du cœur de ses enfants.

Puise ce livre l’aider dans l’accomplissement de cette grande tâche ! Puissent ces quelques pages, selon le vœu de leur auteur, déposer dans l’âme du peuple les germes de ces vertus civiques, sans lesquelles les Républiques ne durent pas !

c’est-à-dire sur l’idée de justice. » M. Paul Bert, V Instruction dans une démocratie, conférence faite au Havre, le 21 mars 1880.

1. « L’enseignement civique doit commencer dès les premières années de l’école.» M. Paul Bert ouvrage cité.

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