Principes de droit civil français, t. I,§1", n
observe d'ailleurs, en l'approuvant, « que le Gode ne définit pas la loi : c'est un point de doctrine que le législateur abandonne à l'école ». Puis il ajoute^ : « Il ne faut pas confondre la loi avec le droit. »
Ici, le lecteur s'arrête. On attend la définition, qui ' ne vient pas. Et pourtant, il est remarquable d'observer que Laurent n'était pas, lui non plus, éloigné de la formule exacte dans laquelle on peut essayer de couler cette définition : « Uobjet du droit, dit-il, est identique à celui de la loi, c'est d'établir des règles obligatoires pour les individus et les nations. On dit que les règles juridiques sont obligatoires en ce sens qu'elles sont susceptibles d'exécution forcée. En cela elles diffèrent des régies morales qui excluent la contrainte. Les devoirs que la morale prescrit n'ont aucun effet en droit : ils n'ont d'autre sanction que la conscience- ». Mais cela ne nous dit pas ce qu'est le droit.
Laurent ajoute d'ailleurs, en termes particulièrement élevés : « Le droit est antérieur à la loi] il est fondé sur la nature de l'homme et des sociétés civiles. Il faut nier que l'homme soit un être spirituel pour nier l'existence d'un droit indépendant de la loi.., 11 y a un droit éternel, expression de la justice absolue. Ce droit se révèle à la conscience humaine, à mesure que l'homme approche de la perfection divine. Le droit est progressif, comme toutes les manifestations de l'esprit humain. Il tend sans cesse à réaliser la vérité absolue... ». Toutes ces choses