Id., ibid., p
4. V; Gény, Science et technique, I, pp. 70-71 elles réf. cit.
5. Ortolan, Histoire de la législation romaine et généralisation du droit romain, 12* éd., 1884, p. 550.
que nécessite le métier du juriste, et qui, les modernes le reconnaissent, relève, sans conteste, de l'art : il s'agit de ce dosage subtil de l'utilité et de l'équité, des notions de l'utile et du juste, qui, jointes aux données positives qui se dégagent des textes écrits, forment la base de ce que nous appelons aujourd'hui « la méthode d'interprétation1 ». Les Romains, qui étaient des « casuistes », excellaient à cette sorte de mélange, qu'ils pratiquaient avec un art véritable et consommé.
Des observations qui précèdent, il semble résulter,, en tous cas, que la définition de Gelse visait surtout le droit appliqué, c'est-à-dire le droit envisagé dans sa mise en œuvre pratique par les juges et les Prudents, ce qui n'est qu'un fragment de son domaine. Cette vision particulière ne pouvait guère conduire qu'à une définition, partielle, et, par conséquent, insuffisante. Ce n'est pas apparemment pour un motif de ce genre que les Instituâtes de Justinien, si mal en règle avec la logique sur le chapitre des définitions, ne l'ont pas recueillie avec les autres2. Mais c'est la raison pour laquelle, au contraire, elle nous est de peu de profit. Enregistrons-en le souvenir3 et sa-
1. Gény, Méthode d' interprétation et sources en droit privé positif, Paris 1899. — Demogue, op. laud., II» partie. Cf. notre Programme précité, pp. 838 à 841. — V. aussi Charmont, l'Esprit juriste(le droit et V esprit démocratique, 1908, p. 175).
2. Peut-être est -ce tout simplement parce que les mots ex aequo et bono, définissant la mission du juge, semblaient en connexion étroite avec le système de la procédure formulaire, disparu dès l'époque de Dioclétien.
3. Ce souvenir s'est encore perpétué dans le langage spécial du Palais ; quand Tavocat^demande au tribunal de statuer ex sequo et bono, on entend qu'il quitte le terrain des textes et des pièces, pour en appeler exclusivement à l'équité des magistrats.
BROCARDS ROMAINS ET PROCÉDÉS DIVERS 2
liions sa bonne intention : abordant maintenant la question telle qu'elle se présente à notre époque, avec toutes les difficultés qu'elle comporte, nous n'en apprécierons que mieux combien, tenté il y a si longtemps, un pareil effort de nos anciens était déjà, en somme, méritoire.