Voir ci-dessous, III* partie, ch. i
C'est chez un historien du droit romain, M. Gaston May, que nous rencontrons d'abord une formule de définition unique répondant à cette conception plus descriptive de la définition du droit.
Le droit est « un ensemble de préceptes que tous les membres de la société reconnaissent comme règle de leurs rapports réciproques et dont le pouvoir social assure le maintien par voie de sanction 1 ».
Cette formule, nous la trouvons dans les premières pages du savant ouvrage de M. May. Après avoir montré comment « le droit est limité par essence », c'est-à-dire qu'il est pour chaque homme la faculté d'agir jusqu'au point où son action gênerait l'action d'autrui, M. May ajoute : « Une série d'expériences prolongées a montré à l'homme, vivant avec ses semblables, qu'une société ne peut se fonder, ni surtout durer, sans des restrictions à sa liberté d'action. Il a consenti à ne pas agir dans certains cas, pour permettre l'action d'autrui. Ces limitations imposées à chacun constituent pour chacun et pour tous le droit2. » Et c'est après ces considérations philosophiques, que nous lisons la définition que nous avons transcrite plus haut.
Des considérations du même genre ouvrent le grand Traité de droit civil de M. Hue. Dans ses
1. Eléments de droit romain, par M. Gaston May, professeur de droit romain à la Faculté de Paris, 11* éd., 1913, p. 4.