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L'évocation des autres points de vue, le point de Tue « objectif » des juristes du droit public, et le point de vue dit « subjectif », doit provoquer, au contraire, dans la formule de définition que nous avons provisoirement rédigée, l'apport d'un contingent de mots nouveaux.
On pourrait opérer, « par tâtonnements ». Cette manière de procéder à la recherche de résultats scientifiques n'est pas absolument recommandable. Plus complexe paraît le problème, plus rigoureuse doit être la méthode qui permet d'en dégager la solution.
Et, pour commencer, posons-en clairement Vé? noncé.
Il va nous falloir trouver des mots qui, dans la définition du droit, éveillent-, par les voies de Fintuition, l'image de ce tjue peut être cette notion lorsqu'on l'envisage, soit au point de vue dit « objectif » (c'est-à-dire au point de vue de l'intérêt social qui s'attache à la délimitation ci-dessus) soit au point de vue dit « subjectif » (c'est-à-dire au point de vue des avantages, bénéfices, prérogatives qui découlent de cette délimitation en faveur de l'indi^ vidu).
Quels sont les mots qui conviennent ? Voilà la question posée.
Et voici maintenant la méthode pour en recher-* cher la solution.
On nous parle de droit « objectif » et de droit
LA DÉFINITION DU DROIT
« subjectif » : eh bien! examinons donc ce qu'il y a sous ces expressions.
Quel est V objet sur lequel le droit porte ?
Quels sont les sujets qu'il régit?
Les mots qui répondent à cette double interrogation seront ceux que nous choisirons.
1° Objet du droit : la liberté. — S'il existe une vérité d'une clarté tellement aveuglante qu'elle devrait se passer de toute démonstration et constituer, pour les juristes, un axiome fondamental placé à la base de leur science, c'est celle-ci : que l'objet du droit, cest la liberté.
Nous définissons le droit comme une délimitation : c'est la détermination de ce que chacun peut faire et ne pas faire, par opposition à ce qu'il est forcé de faire, parce que cela est ordonné sous des sanctions coercitives, ou à ce dont il est forcé de s'abstenir, parce que cela est interdit sous les mêmes sanctions. Être forcé de faire ou de s'abstenir, c'est le champ de V obligation; pouvoir faire, pouvoir ne pas faire, c'est celui de la liberté. Délimiter liberté et obligation, c'est l'objet essentiel du droit.
M. Jèze définit le droit : « une réglementation de compétences » et la compétence, dit-il, c'est le « pouvoir de vouloir », le « pouvoir de manifester sa volonté 1 ». Or, qu'est-ce donc que « pouvoir vouloir », « pouvoir manifester sa volonté », sinon la liberté elle-même aperçue, saisie, photographiée dans une de ses envolées ? Pouvoir vouloir,