GRAINES. — COLCHIQUES
résulte qu’elles contiennent un certain nombre de graines inconr plétement développées et de couleur blanchâtre.
On passe ces graines au moulin, et on les traite par l’alcool chaud à deux reprises. Les liqueurs, refroidies et filtrées, sont évaporées.
On redissout l’extrait dans une petite quantité d’eau. On filtre et l’on évapore de nouveau jusqu’à consistance convenable. Ces graines fournissent 11 pour 100 d'extrait (Soubeiran).
3° Propriétés et usages. — Les graines de la Pomme épineuse présentent les mêmes propriétés que ses feuilles. Elles sont narcotiques.
On les administre en vin et en potion sédative. On donne aussi l’extrait sans mélange.
Fig. 90. — Pomme épineuse. — a, une graine isolée.
§ 1 X. — Des Graines de Colchique*
1° Plante. — J’ai déjà parlé du Colchique d’automne (1) dans le chapitre sur les Tudercules (vov. fig. 26) (2).
2° Graines. — La capsule de cette plante renferme un grand nombre de graines petites, sphériques ou ovoïdes, rugueuses, mates, et d’un brun noirâtre, s’approchant de la teinte de la suie. Elles présentent un raphé court, renflé, spongieux, de la môme couleur que la graine ou plus foncé.
3° Propriétés et usages. — Les graines de Colchique ont peu d’odeur. Leur saveur est âcre et amére.
Les préparations faites avec les graines de Colchique sont préférées, par quelques praticiens, à celles qui ont pour base les bulbes de cette plante. On croit que ces médicaments produisent un effet plus certain (Bouchardat).
Conseillées contre le rhumatisme et contre la goutte.
Administrées en vin ( teinture de semences de Colchique de William) et en teinture.
(1) Colchic'un autumnale Linn.
(î) Yoy. page 89.
§ X. — l)c* Ctmlnes de Paullinia.
1° Pi.ante. — La Paulinie guarana (1) est un arbuste grimpant, de la famille des Sapindacées. On la trouve en abondance au Brésil, dans les forêts du Para, sur les bords du rio Madeiro.
Description. — Le genre Paulinie a pour caractères : un calice à 4 sépales inégaux, imbriquéslaléralementet persistants; 4 pétales hypogynes, onguiculés, munis à leur base d’une écailie'souvenl bifide (le 5e pétale avorte et laisse une place vacante) ; 8 étamines un peu inégales, et une capsule coriace à 3 loges et à 3 valves.
La Paulinie guarana, dont nous devons la connaissance à M. de Martius, n’a pas été décrite.
2° Graines. — Les graines de cette plante sont dressées dans les loges et enveloppées à la base d’un arille bilobé et fongueux.
Ces graines contiennent de la gomme, de l’amidon, une matière grasse, huileuse, verdâtre, de l’acide tannique et une assez forte proportion de caféine (guaranine, Th. Martius).
3° Propriétés et usages. — Les Brésiliens préparent, avec ces graines grossièrement pulvérisées et de l’eau, une pâte qu’ils désignent sous le nom de Guarana. Cette pâle ressemble un peu à celle du cacao. Elle est en petites masses cylindriques ou arrondies, très-dures, de couleur brune, à cassure comme résineuse; elle offre une saveur légèrement astringente. Pendant les voyages, les indigènes la délayent dans l’eau, avec addition d’une petite quantité de sucre, et la prennent comme rafraîchissante et fébrifuge.
Les graines de Paullinia ont été importées en France par le docteur Gavarelle, qui les avait expérimentées au Brésil. Ces graines sont recommandées contre lesdiarrhées, la dyssenterie, les névralgies, particulièrement contre la migraine (Trousseau et Pidoux).
On fait subir à ces graines une légère torréfaction. On les traite ensuite avec une faible dissolution de carbonate alcalin ; on les lave à l’eau distillée et on les réduit en poudre fine (Fournier).
On administre le Paullinia en poudre, en extrait, en teinture, en sirop.
On prépare aussi une teinture avec le Guarana, mais cette dernière substance paraît ne pas offrir les propriétés sédatives et antinévralgiques qu’on croit avoir reconnues dans les semences.
4° Autre espèce. — Les graines de la Paulinie cupana (2)
(1) Paullinia sorbilis Mari., vulgairement, au Brésil, Guarana üoa.
(2) Paullinia Cupana Kunth.