‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 136 sur 247 · LIGNEUX. — MOXA · texte numérisé non relu

LIGNEUX. — MOXA

On recueille le coton avec soin à la maturité des fruits, c’est-àdire lorsque les capsules se sont ouvertes et que les flocons laineux débordentde toutes parts. On l’expose pendant quelque temps au soleil; puis on le sépare de la graine à l’aide d’un moulin. 11 est dit alors coton brut, et il devient l’objet d’une branche de commerce extrêmement considérable.

Le colon est doux et soyeux, blanc ou roussâtre. Sa densité est 1, 949 (Grassi).

Fig. 91. — Coton.

Vu au microscope, quand il est frais, il paraît formé de tubes cylindriques très-fins, remplis d’un liquide que le lavage n’enlève pas. Quand il est sec, le canal s’affaisse et prend la forme d’un ruban flexible à bords mousses relevés par un bourrelet.

3° Propriétés et usages. — On applique le coton sur les brûlures et l’on en prépare des moxas ; il entre dans la composition du collodion.

4° Succédanés. — Le duvet qui se développe à la place des calices, dans les fleurs femelles de la Massette à larges feuilles (I), est employé quelquefois comme succédané du colon. En Picardie, on l’applique avec succès sur les engelures entamées et sur les brûlures.

§ H. — JDu Moxa.

Sous le nom de moxa, les Chinois et les Japonais désignent le duvet cotonneux avec lequel ils préparent de petits cônes ou cylindres qu’on applique sur la peau, qu’on enflamme et qu’on y

(1) Typha latifolia Linn.

laisse brûler. Par extension, on a donné, en thérapeutique, le même nom aux eônes et aux cylindres eux-mômes.

1° Plante. — La plante qui fournit principalement le moxa, est, d’après M. Limlley, une Composée sénécionidée l 'Armoise moxa (1), qui se trouve dans la Chine.

Description. — Tige frutiqueuse. Feuilles hipinnatiséquées, couvertes d’abord d’un duvet blanchâtre, puis presque chauves; divisions linéaires-lancéolées, obtuses. Inflorescence en grappes paniculées. Pédoncules généralement géminés, très-ouverts, dont un long et l’autre court. Capitules penchés, médiocres (de o millimètres de diamètre), globuleux. Écailles de l’involucre membraneuses et scarieuses à l’extrémité. Corolles glabres.

2° Moxa. — On recueille la bourre cotonneuse qui couvre celte plante, parla contusion des sommités ou des feuilles sèches dans un mortier, suivie d’une friction entre les mains. On en forme de petits trochisques cylindriques ou coniques, qu’on serre un peu entre les doigts ou qu’on enveloppe de papier.

3° Autres plantes. — Quelques auteurs prétendent que le duvet dont il s’agit est retiré de Y Armoise chinoise (2). Il est probable que cette matière est fournie par plusieurs Composées du môme genre, si nombreux en espèces (De Candolle en compte 182).

Un pharmacien de Paris s’est occupé pendant longtemps à préparer des moxas avec le duvet de Y Armoise vulgaire (3) (Guib.).

Il paraît cependantque les plus usités se font aujourd’hui avec un tronçondemoelle d’ Hélianthe annuel (4), entouré d’une couche de coton légèrement nitré et maintenu, sous la forme d’un petit cylindre, par une bande de toile de coton cousue (Guib.).

Au surplus, une foule d’autres plantes peuvent servir de moxa. Tels sont le Lin, le Chanvre, le Sureau, l’Amadou... Lesmeilleurs sont ceux qui sont composés d’un tissu homogène, capable de rendre la combustion facile, égale et continue.

§ III. — De l’Aiuadon.

1° Plante. — V Amadou est le tissu du chapeau de divers champignons appartenant au genre Polypore ( Polyporus ).

Ce genre, fondé par Micheii et réformé par Persoon, a pour caractères : Chapeau de consistance variée, non charnu, ayant

(1) Artemisia Moxa DC. ( Absinth-'um Moxa Bess.'.

(2) Artemisia Chinensis Lin». ( Absinthium Chineuse Bess.).

(3) Artemisia vulgaris Liiin. (.1. of/ic nalis Gat ).

(4) Hetianthus anmws Lin».

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