GOMMES-RÉSINES. — ENCENS
Propriétés et usages. — Elle a une odeur sui geueris forte et peu agréable qui se développe par le frottement.
Purgatif drastique très-violent. On s’en servait autrefois contre les vers intestinaux.
On l’administre en poudre, en électuaire, en potions, en lavements. On en compose un savon; elle fait partie d’un grand nombre de préparations médicinales : c’est un des éléments des pilules de Radius et de Y extrait panchymagogue.
Gomme-résine analogue. — 11 existe une autre scammonée, dite de Smyrne, plus lourde, plus impure et moins estimée, qui paraît provenir du Sécamone égyptien (1), de la famille des Asclépiadées.
2° Encens. — Linné, Broussonnet et plusieurs autres botanistes pensaient que Y encens était fourni par une espèce de Genévrier (2) ; c’est une erreur. On le retire de plusieurs arbres de la famille des Térébinthacées (Burséracées). Mais il existe deux encens : celui de Y Inde et celui d'Afrique. Le premier est récolté sur la Buswellie à dents de scie (3), qui se trouve dans les montagnes de l’Inde, et le second sur la Plosslée papyracée (4), qui habile l’Abyssinie et l’Éthiopie.
Descriptions. — La Boswellie à dents de scie a des branches étalées très-rameuses. Les feuilles sont pinnées avec impaire, à folioles nombreuses, brièvement pétiolées, ovales-lancéolées, pointues, dentées en scie et pubescentes. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires simples. La corolle est petite, d’un jaune pâle et mouchetée; elle a 5 pétales ovales. Les étamines sont au nombre de 10. Un disque charnu, annulaire, profondément crénelé, est situé à la base de l’ovaire. Le fruit est une capsule en forme d’olive, à 3 loges. 11 contient des graines solitaires, en cœur, ailées à leur base et profondément échancrées.
La Plosslée papyracée est un arbre dont l’écorce s’enlève extérieurement par feuillets minces, résistants, blancs, analogues à
(ceux du Bouleau. Feuilles naissant après la floraison, rapprochées à l’extrémité des rameaux, pinnées avec impaire, offrant 4 ou 5 paires de folioles; ces dernières presque opposées, àpeinepétiolulées, ovales-oblongues, aiguës, dentées, tomenleuses, principa-
(I) Oxystelma Alpini Dne [Periploca Secamone Liiin., Secamone Alpini Schult., S. Æt/yptiaca Don).
(2) Juniperus Lycia Liun.
(3) Boswellia serrata Stackh. (fl. thurifera Colebr.). — Il est produit aussi par une autre espèce xoisine, le Boswellia ylabra Roxb.
(4) P losslea papyrncea ( Amyris papjyracea Del ..Boswellia floribunda Royl e.P/osslea floribunda Eudl., Boswellia papyrifera A. Rich.), vulgairement Makker , Makar.
lement en dessous. Inflorescence en panicule lerminale. Fleurs hermaphrodites. Fruit (capsule) en forme de massue, trigone, coriace, à 3 loges et 3 valves. Graines solitaires dans chaque loge, obtusément trigones, à bords un peu ailés.
Gommes-résines (1), — L’encens de l'Inde est en forme de larmes arrondies, quelquefois unies deux à deux,demi-opaques, et d’une couleurjauneroussâti e. Il est recou vertd’une poussière blanchâtre,
Celui à' Afrique est en grosses masses, plus colorées ou citrines.
L’encens est composé de gomme, de résine, d'huile volatile et de quelques autres principes (Braconnol).
Propriétés et usages. — L’encens a une odeur parfumée, surtout lorsqu’on le brûle. Sa saveur est aromatique.
Il passait autrefois pour vulnéraire et détersif.
11 entrait dans quelques préparations anciennes. On n’y a guère recours, aujourd’hui, que pour des fumigations excitantes. On en fait un usage habituel dans les églises.
3° Myrrhe (21. — La connaissance de la myrrhe remonte à la plus haute antiquité. Elle entrait dans la composition de l’huile sainte. Les Hébreux la nommaient mur, et les Grecs smyrna ou myrrha. Ces derniers la supposaient produite par les pleurs de la mère d’Adonis.
On a cru, pendant longtemps, que la myrrhe était fournie par une Mimose ou par un Balsamier. Elle découle d’un arbuste voisin de ce dernier genre, et par conséquent de la famille des Térébinthacées (Burséracées), qui croît en Arabie et en Abyssinie, et qui a reçu le nom de Balsamodendron porte-myrrhe (3).
Description. — Cet arbre a des rameaux épars, très-ouverts, terminés par une épine. Ses feuilles sont presque sessiles, petites, composées de 3 folioles obovées, dont la terminale est irrégulièrement dentelée à l’extrémité, et dont les latérales, presque rudimentaires, avortent très-souvent. Le fruit est une drupe terminée par le style persistant et recourbé.
Gomme-résine. — La myrrhe est en larmes ou en morceaux peu volumineux, irréguliers, pesants, demi-transparents, rougeâtres, comme efflorescents à la surface. Sa cassure est vitreuse, brillante et comme huileuse. Assez souvent les morceaux les plus gros présentent des stries courtes, demi-circulaires, opaques et blanchâtres, qui paraissent le résultat d’une dessiccation imparfaite, et
(1) Officia., Ulibanum, Thus, Thus masculum, vulgairement Oliban, Encens mâle.
(2) Officin., Myrrha.
(3) Balsamodendron Myrrha Nees.