GOMMES-RÉSINES. — BDELLIUM
que l’on a comparées à des coups d’ongle : de là le nom de myrrhe onguiculée. Son poids spécifique est de l,3l>0 ( Briss.) .
La myrrhe est composée de gomme soluble, de gomme insoluble, de résine molle, de résine sèche, d’huile volatile... (Brandes).
Propriétés et usages. — Elle a une odeur particulière, fortement aromatique et assez agréable. Sa saveur est âcre, amère et résineuse.
La myrrhe est un aromate et un médicament très-anciennement usité. A l’intérieur, elle est tonique et excitante. A l’extérieur, elle servait au pansement des ulcères. On en fait aussi des fumigations.
On sait que les habitants de l’Arabie et de l’Égypte en mâchent continuellement.
On l’administre en poudre, en pilules, en extrait, en électuaire, en vinaigre et en solution aqueuse. On prépare avec la myrrhe plusieurs teintures alcooliques. Elle fait partie de la thériaque, du baume de Fioravanti, de l’élixir de Garus, de la confection d’Hyacinthe. ..
4° Bdellium. — Dalechamp supposait à tort que le bdellium se retirait d’une espèce de Palmier. C’est encore à la famille des Térébinthacées (Burséracées) que nous devons ce produit. 11 est fourni parle Balsamodendron africain ( 1 ), qui habite le Sénégal, la côte de Guinée, l’Arabie et l’Abvssinie.
Description. — Arbre élevé, à rameaux épineux et à ramuscules légèrement pubescents. Feuilles alternes, pétiolées, à 3 folioles obovales, rétrécies en coin à la base, aiguës, inégalement dentées, visqueuses ; les plus jeunes pubescenles. Feuilles fasciculées, presque sessiles. Calice un peu tubuleux. Corolle dépassant le calice. Fruit (drupe) à peu près obové, comprimé; endocarpe rugueux, osseux.
Gomme-résine. — Le bdellium (2) était déjà connu du temps de Dioscoride. 11 est en grosses larmes irrégulièrement arrondies ou ovoïdes, demi-transparentes, d’un gris jaunâtre, tirant sur le roux ou le verdâtre. Sa cassure est roussâlre, peu luisante, jaunâtre et presque mate à la périphérie; elle ressemble à celle de la colophone. Les morceaux les plus anciens présentent comme une poussière d’un jaune grisâtre à leur surface.
Le bdellium est composé de gomme, de résine, de bassorine, d’huile volatile... (Pelletier).
(1) Balsamodendron A fricanum Arnott (Heudelotia Africana A. Rich.), vulgairement, au Sénégal, Niottout (Adans.).
(2) Officin., Bdellium gummi.
Propriétés et usages. — lia une odeur sui generis faible. Sa saveur est amère.
On l’emploie à l’intérieur comme pectoral, et à l’extérieur comme résolutif.
Autres espèces. — 1° Le bdellium de l’Inde (Guib.) (1), probablement fourni par le Balsamodendron de Roxburgh (2), qui est en
(1) Myrrhe de l'/ndedes droguistes; Myrrhe nouvelle première espèce, Bouastre.
(2) Balsamodendron Roxburghii Arnolt ( Amyris gummiphora Roxb.), vulgairement, dans l’Inde, Googool, Googul, Googula.
GOMMES-RÉSINES. — GOMME-GUTTE. 33b
masses noirâtres ; 2° le bdellium opaque (Guib.), qui est en larmes ovoïdes, jaunâtres.
5° Gomme-gutte. — Cette gotnme-résine est le produit d'une Gutlifère, le Mangostan gutlier (1), qui croît dans les Indes orientales.
Description (fig. 100). — Le Mangostan gutlier est un arbre élevé, à ramifications nombreuses, recouvertes d’un épiderme noirâtre. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, aiguës, trèsentières, glabres, luisantes, coriaces et pourvues de nervures latérales parallèles et nombreuses. Les fleurs paraissent terminales, portées par des ramuscules courts et épais; elles sont sessiles, petites, blanchâtres et hermaphrodites; elles présentent un calice gamosépale, caduc, à 4 lobes presque égaux, et une corolle à 4 pétales beaucoup plus grands que le calice, onguiculés, oblongs, très-obtus et concaves. Eflès portent une quinzaine d’étamines plus courtes que la corolle, libres, à filets subulés et à anthères ovalaires intrerses. Le pistil égale en hauteur un peu plus de la moitié des étamines. L’ovaire est globuleux, surmonté d’un style extrêmement court et de 4 stigmates sessiles obtus et persistants. Le fruit est de la grosseur d’une orange, globuleux, surmonté par le style, marqué de 8 côtes peu élevées et jaune. Son péricarpe est persistant et son intérieur charnu et pulpeux. Il a 8 loges monospermes, séparées par des cloisons membraneuses. Ses graines sont oblongues, presque droites d’un côté et arquées de l’autre, un peu atténuées à une extrémité.
Gomme-résine. — La gomme gutte (2) nous est envoyée de Camboge, de Siam et de Roméo. Elle découle, soit des incisions pratiquées à l’écorce, soit des cicatrices produites par la section des jeunes rameaux ou par l’arrachement des feuilles. Elle est en masses cylindriques de S à C centimètres d’épaisseur, creuses et souvent repliées sur elles-mêmes, d’un jaune orangé ou d’un brun jaunâtre. Sa cassure est nette, homogène, conchoïde, un peu brillante, mais non transparente. Cette substance est trèssoluble dans l’eau, à laquelle elle communique une fort belle couleur jaune de soufre.
La gomme-gutte est composée de gomme et de résine (Christison).
(1) Garcinia Cambogia Desrouss. ( Cambogia Gutta Liun., Mangoslana Cambogia Gærtn.).
(2) Officin., Gummi gutta, gitta, rie Goa , de Gamandra, Peru, Peruanum, taxativum, Gutta. gamu ad podagram, Catta gemu, Scurnonium orientale, Chrysopum, Cambodium.
Propriétés et usages. — Son odeur est nulle. Sa saveur, faible d’abord, produit bientôt dans le gosier une âcreté insupportable.
C’est un de nos purgatifs drastiques les plus forts; aussi faut-il l’employer avec beaucoup de précaution. On s’en servait autrefois fréquemment contre les vers intestinaux.
On l’administre généralement en pilules, ou en teinture alcoolique, rarement en poudre ou en solution. On a soin de l’envelopper d’un véhicule mucilagineux assez abondant pourla diviser et prévenir l’irritation locale qu’elle pourrait produire sur les intestins (Soubeiran). Elle entrait anciennement dans la composition des pilules hydragogues de Bontius et de Yélectuaire antihydropique de Charras .
Autre espèce. — La gomme-gutte de Ceylan est fournie par une autre plante, le Xanthochyme cambogio'ide (I); mais cette espèce n’arrive pas dans le commerce (Soubeiran).
6° Gomme D’EurHortBE. — C’est le suc solidifié de trois espèces d 'Euphorbes qui croissent en Afrique, aux îles Canaries ou aux Indes. Ce sont : 1° Y Euphorbe officinal (2), 2° Y Euphorbe des Canaries (3), Y Euphorbe des anciens (4).
Caractères.— Ces plantes se font remarquer parleurs tiges dressées, épaisses, charnues, semblables à des cierges, et par leurs feuilles transformées en épines. Voici leurs caractères distinctifs :
Tige
„ .• i . f multangulée.
non articulée ! , , •
( quadrangulaire
articulée (triangulaire) .
Euphorbe officinal.
Euphorbe des Canaries.
Euphorbe des anciens.
Gomme-résine (S). — On croit généralement que cette gommerésine est produite principalement par l’ Euphorbe officinal. M.Guibourt pense que c’est surtout de Y Euphorbe des Canaries qu’on la retire. Elle s’obtient ou par suintement naturel, ou par écoulement déterminé à l’aide d’incisions peu profondes. Le suc laiteux qui sort de la plante s’épaissit et se dessèche à l’air.
La gomme d' Euphorbe est en petites larmes irrégulières, un peu friables, demi-transparentes ou opaques, d’un jaune roussâtre ou brunâtre, ternes, souvent percées d’un ou deux trous coniques
(1) Xanthochymus cambogioides (Cambogia Gulta Burm. ex pacte, Stalagmites cambogioides Murr St. Cambogia Pets., St. ovalifolia Don, H ebradendron cambogioides Grah., Xanthochymus ovalifoliusPoxb.).
(2) Evphorbia officinarum Llnn.
(3) Evphorbia Canariensis Tinn.
(4) Evphorbia antiquorum Linn.
(5) Officiu., Euphorbium.