I. — Systèmes
Les systèmes sont des classifications fondées sur un seul organe ou sur un petit nombre choisis arbitrairement. Ils ont pour but principal de donner, aux personnes qui ne connaissent pas les plantes, un moyen facile et rapide de les trouver dans les livres, dans les herbiers ou dans les jardins de botanique.
Les systèmes ont rendu et rendent encore d’immenses services aux commençants.
1° Linné. — Le plus remarquable et le plus célèbre parmi les systèmes est, sans contredit, celui de Linné, généralement connu sous le nom de système sexuel.
Cette classification est fondée principalement sur les étamines, et, accessoirement, sur les pistils et sur les fruits. Les caractères sont clairs, précis et nettement formulés.
Le système sexuel présente vingt- quatre classes divisées en cent treize ordres (Voyez le tableau de ce système, page 10).
Ce système a obtenu, dès son apparition, un succès prodigieux. Pendant plus d’un demi-siècle, il a régné dans les écoles et a été adopté dans presque tous les ouvrages généraux ou spéciaux.
Comme classification artificielle, il faut l’avouer, c’est la meilleure, la plus facile et la plus commode; elle s’applique nonseulement à toutes les plantes connues, mais encore à toutes celles qui restent à connaître (Mirbel).
Cependant le système linnéen n’est pas à l’abri de quelques reproches. Le nombre des étamines est souvent variable dans une môme espèce et sur un même pied. La pentandrie est trop étendue; à elle seule, elle embrasse près du sixième du règne végétal.
CLASSIFICATION DES VÉGÉTAUX
L ’cctandrie, la décandrie et la dodécandrie présentent des exceptions trop nombreuses; la syngénésie, la polygamie et la diœcie offrent des subdivisions peu tranchées et difficiles à saisir.
Malgré ses défauts, on doit reconnaître, que cette classification est un beau monument du génie de son auteur (Mirbel).
Organes , sexuels.
SYSTEME DE LINNE.
Classes.
f \ . Monandrie.
/ 2 .Diandrie.
I 3. Triandrie.
1 4. Tétrandrie .
i comIp 1 s Pentandrie.
t'7 ZlL S./ï,Wr„.
Il I 7 . Heplandrie.
n" i I S.Oclandrie.
nee. 1 f - 9. Ennéandrie.
1 0111 < 1 10. Décandrie.
— r-- , '3re ) 11. Dodécandrie.
t’oü I ï avec | 12 ./coîandrie.
î lnser-(l3 .Polygandne.
F \ tion. /
\ j 14 .Didynamie.
\ déterminée.. | 15. Té tr adynamie.
i 16 . Monadelphie .
I par les filets. 17 .Diadelphie.
Réunies] ( \S.Polyadelphie.
, I | par les anlhè-
^ \ f ( res 19. Syngénésie.
’ j \ Étamine soudée avec le pistil 20. Gi/nandrie
Fleurs .1 1 .. ./
f / 21. alonœcie.
\ unisexuées / 22 Diœcie.
( 23. Polygamie.
cachés U. Cryptogamie.
2° Lamarck. — 11 existe une classification encore plus artificielle que le système sexuel, plus simple, et qui, par conséquent, facilite davantage la recherche des noms. Cette classification, dite analytique ou dichotomique, a été inventée par Ramus, en 1650, et appliquée à la botanique par Johrenius, en 1710. Lamarck en a tiré un parti très-heureux dans la Flore française, en 1795, et Dubois, dans celle d 'Orléans, en 1803.
La classification analytique divise d’abord le règne végétal en deux parties, par des caractères bien distincts et autant que possible nettement opposés; de telle sorte qu’on n’a à chercher la plante dont on veut connaître le nom que dans une des deux moitiés. Puis, on subdivise cette moitié en deux, et ainsi de suite, de manière à restreindre de plus en plus le champ de travail.
MÉTHODES. 11
On finit, de celte manière, par arriver sans effort à la famille, au genre et à l’espèce.
Dans celte recherehe, on suit donc une progression géométrique, de sorte qu’un objet confondu «ntre huit mille cent quatrevingt-douze autres, est reconnu nécessairement en moins de douze questions, qui se succéderaient dans cette série : t, 2, 4, 8, 16, 32, 64 (Duméril).
L’arrangement dichotomique est un passe-partout, une clef, pour arriver aux noms des plantes, plutôt qu’une vraie classification : cet arrangement présente de grands avantages aux personnes peu familiarisées avec la botanique. Il suffit de la connaissance superficielle des principaux organes, pour que l’élève soit conduit dans un instant au nom cherché; elle fait passer en revue ces mômes organes, et montre successivement leur nombre, leurs positions et leurs modifications... Malheureusement, cette disposition, par trop artificielle, n’est bon ne que pou ries commençants ; car, dès qu’on est un peu familiarisé avec la science végétale, et qu’on connaît un certain nombre de familles et de genres, on est ennuyé, impatienté par les questions nombreuses qu’il faut subir pour arriver à un nom, et on laisse de côté les divisions principales, quelquefois môme toute la dichotomie, pour chercher immédiatement dans la famille ou dans le genre auquel on suppose que la plante peut appartenir.