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TÉRÉBENTHINE DE CHIO

pratiquées au Ironc et aux branches, soit par la décoction des jeunes rameaux et des feuilles.

On la renferme ordinairement dans des flacons prismatiques, de plomb, ornés, sur les deux larges surfaces, de figures en relief. Ces flacons sont enveloppés de parchemin.

Cette térébenthine est fluide, demi-opaque et jaunâtre, quelquefois un peu trouble. Lorsqu’elle est récente, elle aune teinte pâle, même blanchâtre. Quand elle est ancienne, elle s’épaissit et brunit. J’en ai dans un flacon qui a été donnée, vers le milieu du dernier siècle, au docteur Antoine Tandon, par M. de Saint-Priest, ambassadeur â Constantinople; elle est devenue très-épaisse et d’une belle couleur de succin.

Dans les vieilles pharmacopées, on distingue trois qualités de celte térébenthine : 1° la première, qui découle de l’incision faite à l’écorce de l’arbre : c’est la plus pure et la plus estimée; 2° la seconde, que l’on obtient en faisant bouillir les branches et les feuilles; 3° la troisième, qu’on retire en continuant cette ébullition : c’est la plus épaisse et la moins odorante.

3° Propriétés et usages. — Son odeur est forte, suave, légèrement anisée. Sa saveui est aromatique, amère et un peu âcre.

On lui a attribué, pendant longtemps, des propriétés merveilleuses. On la conseillait dans une foule de maladies. Aujourd’hui on croit que ses vertus ne diffèrent en rien de celles de la térébenthine ordinaire, et comme c’est un produit très-rare et trèscher, on l’a presque abandonnée, du moins en Europe.

Dans l’Orient, on l’emploie comme cosmétique.

§ 111. — De la Térébenthine de Chlo.

t° Plante. — Cette térébenthine est fournie par une autre Térébinthacée, le Pistachier térébinthe (I). C’est un arbre qui croît spontanémentenOrientetdans les îles de l’Archipel; on le trouve aussi en Corse et en Languedoc.

Description. — Grandeur médiocre. Écorce brune ou rougeâtre très-lisse. Feuilles alternes, pétiolées, composées de 7 à 9 folioles ovales-oblongues, obtuses, vertes et luisantes en dessus, blanchâtres en dessous, à nervures jaunâtres ; en automne, elles deviennent d’un rouge vif. Fleurs disposées en panicule axillaire, fort petites et dioïques. Les écailles des fleurs mâles et leurs sé-

(1) Pistacia Terebinthus Linu.

pales sont couverts de poils roussâtres. Étamines purpurines. Fruits (âaies)sessiles, de la grosseur d’un pois, presque globuleux, secs, un peu ridés et violets.

2° Térébenthine. — La térébenthine de Chio (I) a été ainsi nommée parce que c’était principalement dans cette île qu’on la récoltait autrefois.

Pour l’obtenir, on pratique des incisions plus ou moins profondes le long du tronc. Cette opération se fait vers le milieu de l’été. On purifie le produit en le faisant couler à travers de petits paniers, à l’exposition du soleil.

Les Térébinthes en produisent une faible quantité. Un arbre âgé de soixante ans n’en donne au plus que 350 grammes.

La térébenthine de Chio paraît plus épaisse, plus ferme, que les autres térébenthines. Elle est transparente, un peu gluante, flexible, quelquefois friable; elle a une couleur brunâtre, tirant un peu sur le vert bleuâtre.

3° Propriétés et usages. — Son odeur est douce et balsamique et rappelle un peu celle du fenouil. Sa saveur est très-peu âcre et amère.

Elle passaitpour détersive,'diurétiqueel, vulnéraire. Sespropriétés médicinales diffèrent peu de celles des autres térébenthines.

§ IV. — Du Copahu.

1° Plantes. — Cette térébenthine est fourniepar plusieurs Légumineuses appartenant au genre Copayer {Copaifera), qui croissent naturellement en Amérique, depuis le Mexique jusqu’au Brésil. Ces arbres sont le Copayer officinal (2), qui est la principale espèce, et les Copayers de la Guyane (3), de Langsdorff (4), de Sellovj (5), de Martius (6), le coriace (1), celui à feuilles oblongues (8) et celui à feuilles en cœur (9).

Description (fig. 101). — Le Copayer officinal est un arbre élevé, d’un beau port, à feuilles alternes, composées de 3 à 8 folioles

(1) Officin., Terebinthina Chia vel Cypria, Térébenthine de Chio ou de Chypre.

(2) Copaifera officinalis Jacq.

(3) Copaifera Guianensis Desf.

(4) Copaifera Lanysdorffii Desf.

(5) Copaifera Sellowii Hayue.

16) Copaifera Marlii Hayue.

(7) Copaifera coriacea Mart.

(8) Copaifera oblongifolia Mart.

(9) Copaifera cordifolia Hayue.

TÉRÉBENTHINES DE COPAHU.

presque sessiles,ovales,acuminées, entières, luisantes, ponctuées et un peu coriaces. Inflorescence en grappes axillaires, lâches. Fleuis petites, blanchâtres. Calice à quatre sépales un peu inégaux, étalés, oblongs, aigus. La corolle manque. Étamines au nombre de 10, libres, égales et étalées, à filaments filiformes,

Hg. 101. — Copayer officinal.

portant des anthères petites, arrondies, jaunâtres. Ovaire pédiculé, ovoïde, glabre. Style capillaire, arqué. Stigmate capité, punctiforme. Fruit ( gousse ) stipilé, orbiculaire, oblique, comprimé, pointu, glabre, coriace, bivalve, contenant une graine oblongue entourée d’un arille charnu.

2° Térébenthine. — Le copahu (1), très-improprement appelé baume , se recueille dans le milieu de l’été. On fait dans le tronc

(I) Officin., Balsamum Copaivæ, Balsamum Brasiliense, Balsamum gamelo, Balsamum vel Oleum copaiba, vel Copahu.

des Copayers une incision profonde à l’aide d’une hache, ou bien un trou avec une tarière. Il en découle un fluide résineux plus ou moins abondant.

Le copahu est d’abord limpide et incolore ; il s’épaissit peu à peu et jaunit au contact de l’air. Du reste, sa consistance et sa couleur varient un peu, suivant l’arbre dont il provient et suivant l’huile essentielle qui s’y trouve.

Mélangée avec un seizième de magnésie, cette térébenthine se durcit dans l’espace de quelques jours.

Elle contient : résine visqueuse, huile volatile, un acide particulier ( copahivique ) (Gerber et Stolze).

On distingue deux sortes principales de copahu : 1° celui de la Colombie, 2° celui du Brésil. Le premier, qui nous arrive de Maracaïbo, paraît être celui qui domine aujourd’hui dans le commerce. 11 est un peu épais et d’un jaune d’ambre. Son caractère principal est de laisser déposer au fond des tonneaux qui le contiennent une matière résineuse cristalline assez abondante (Guib.). Le second ne présente pas ce dépôt; il est plus fluide et plus clair, et l’alcool très-rectifié le dissout complètement.

L 'huile volatile de copo.hu est parfaitement incolore et transparente. Le copahu solidifié ressemble à du miel, mais il est beaucoup moins mou.

3° Propriétés et usages. — L’odeur du copahu est forte et pénétrante. Sa saveur est aromatique, âcre, amère et très-désagréable.

Donné à faible dose, il active les fonctions de l’estomac; à haute dose, il détermine des vomissements et des déjections alvines abondantes. II arrête la dyssenterie ; mais son principal usage est dans les blennorrhagies uréthales et dans les catarrhes chroniques de la vessie. On l’a recommandé aussi comme détersif. On a même prétendu qu’il était bon dans les phthisies naissantes.

On l’administre en pilules dans des capsules, en potion [potion de Chopart), en opiat, en lavements.

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